Note : 4.5 sur 5.

Une toute jeune fille comprend difficilement les derniers mots de sa mère mourante, mais n’ose les lui faire répéter. Pourtant voilà Sandra-Cendrillon liée à cette phrase : « Tant que tu penseras à moi tout le temps, sans jamais m’oublier plus de cinq minutes, je ne mourrai pas tout à fait. »

Me revoilà avec une seconde réécriture de conte par Joël Pommerat, qui cette fois, m’a beaucoup plus conquise que Le Petit Chaperon rouge. Le dramaturge a repris entièrement à sa sauce ce conte tout en gardant évidemment les bases de l’histoire mais en les modifiant à sa convenance.

Depuis qu’elle a perdu sa mère, Sandra fait tout pour ne pas l’oublier car pour elle, cela la ferait mourir une seconde fois. Alors lorsque son père décide de se remarier à une nouvelle femme avec ses deux filles, l’entente devient difficile et rapidement, la jeune fille se transforme en bonne à tout faire, de son plein gré. Car Sandra pense avoir commis une faute impardonnable.

Elle a oublié de penser à sa mère pendant quelques instants, et pour cela il faut qu’elle se punisse et laisse donc libre droit à sa belle-mère et à ses demi-soeurs pour lui mener la vie dure, devant son père démuni et soumis à sa seconde femme. La modernité est bienvenue dans ce conte classique, avec un nouvel environnement comme cette maison faite entièrement en verre, et ce langage parfois grossier qui colle à certaines situations et âges des personnage.

Une morale est ici bien présente, une des caractéristiques propres au conte. Réussir à surmonter la perte d’un être cher et aller de l’avant, illustrée par le personnage de Sandra et du Prince. L’humour est également de mise par la forme stylistique de phrases ou par les aléas que vivent les personnages, ce que j’ai beaucoup apprécié comme l’ensemble de la pièce. 

Je crois que des fois dans la vie, on se raconte des histoires dans sa tête, on sait très bien que ce sont des histoires, mais on se les raconte quand même.

Une très agréable pièce de théâtre et réécriture moderne de Cendrillon avec un style drôle et intelligent propre à Joël Pommerat.

Du même dramaturge

  • Pôles (2003)
  • Grâce à mes yeux (2003)
  • Au monde (2004)
  • Mon ami (2004)
  • D’une seule main (2005)
  • Le Petit Chaperon rouge (2005)
  • Les Cinq Doigts de la main (2006)
  • Les Marchands (2006)
  • Théâtres en présence (2006)
  • Je tremble (1) (2007)
  • Pinocchio (2008)
  • Je tremble (1) et (2) (2009)
  • Cercles/fictions (2010)
  • Cet enfant (2010)
  • Ma chambre froide (2011)
  • La Grande et Fabuleuse Histoire du commerce (2012)
  • La Réunification des deux Corées (2013)
  • Au monde (2013)
  • Ça ira (1) Fin de Louis (2016)

2 commentaires sur « Cendrillon, Joël Pommerat »

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