Quand la sonnerie a encore retenti, que la porte du box s’est ouverte, c’est le silence de la salle qui est monté vers moi, le silence, et cette singulière sensation que j’ai eue lorsque j’ai constaté que le jeune journaliste avait détourné les yeux. Je n’ai pas regardé du côté de Marie. Je n’en ai pas eu le temps parce que le président m’a dit dans une forme bizarre que j’aurais la tête tranchée sur une place publique au nom du peuple français…

 

AVIS

 

On se fait toujours des idées exagérées de ce qu’on ne connaît pas.

 

Après avoir lu il n’y a pas longtemps La Chute, j’ai souhaité lire le premier roman de cet auteur reconnu et dont la plume m’avait déjà séduite. Et avec ce livre, je dois dire que je ne sais pas trop où me situer. J’ai apprécié l’histoire, le style, l’environnement mais je n’ai pas été complètement ancrée dans ma lecture, sans en savoir la raison. Meursault vit en Algérie française où il apprendre la mort de sa mère qu’il nous révèle dès une première phrase particulière et très connue dans la littérature contemporaine :

 

Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas.

 

Cela donne directement le ton du livre et le caractère quelque peu passif et absurde du personnage principal qui laisse glisser sur lui les événements de sa vie. Il n’a l’air de ne posséder aucune force profonde, aucun sentiment qui pourrait l’écraser vu son retrait avec son environnement. Donc pour la mort de sa mère et l’événement qui régit la deuxième partie le roman, il n’a pas l’air de se sentir impliqué alors qu’il est en première ligne. Et c’est sûrement ce comportement qui m’a déstabilisé au départ. Il n’aspire à rien, n’est ni malheureux ni heureux et n’a pas l’air d’être réellement dérangé par cette réalité.

Et ses proches ne semblent pas non plus s’en préoccuper plus que de raison. Ils prennent les décisions à sa place sans chercher forcément à entendre la propre voix de Meursault à force de l’habitude je pense.

Le style de Camus m’a encore une fois beaucoup plu et m’incite à lire encore plus de ses ouvrages. Son roman s’inscrit parfaitement dans le genre absurde où l’homme est en décalage avec son expérience de la vie. Le personnage ne comprend plus alors le sens de sa propre existence mais aussi celui du monde. 

 

Je n’étais pas trop malheureux. Toute la question, encore une fois, était de tuer le temps. J’ai fini par ne plus m’ennuyer du tout à partir de l’instant où j’ai appris à me souvenir./

CONCLUSION

Un roman qui m’a parfois déstabilisé par l’absurde qui en découle par l’intermédiaire du personnage principal, mais qui m’a au fil des pages beaucoup plu. Un livre important de la littérature française à lire !
17/20

 

DU MÊME AUTEUR

  • Le Mythe de Sisyphe (1942)
  • La Peste (1947)
  • L’Homme révolté (1951)
  • L’Été (1954) 14/20
  • La Chute (1956) 16/20
  • La Mort heureuse (1971)

 

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4 commentaires sur « L’Étranger, Albert Camus »

  1. Bonjour
    Tombé par hasard sur votre blog. Vous avez un joli brin de plume ainsi qu'une belle sensibilité qui semble s’exacerber à la lecture de la prose de Camus.
    Jesse

    J'aime

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