Note : 4.5 sur 5.

Par la magie d’un vœu, Dorian Gray conserve la grâce et la beauté de la jeunesse. Seul son portrait vieillira. Le jeune dandy s’adonne alors à toutes les expériences, s’enivre des sensations et recherche les plaisirs secrets et raffinés.

Je suis jaloux de toute beauté qui ne meurt pas. Je suis jaloux du portrait que vous avez fait de moi. Pourquoi garderait-il ce que je dois perdre ? Chaque minute qui passe ajoute à son charme ce qu’elle ravit au mien. Oh ! que n’est-ce le contraire ! Si le portrait pouvait changer et moi rester tel qu’aujourd’hui !

Quelle poésie ! La beauté des mots m’a tout de suite charmé. Oscar Wilde a une plume splendide, et je comprend pourquoi son roman est aussi reconnu. Il présente dans celui-ci, par le personnage de Dorian Gray, un éloge à la jeunesse, la beauté, et la passion qui peu à peu va devenir une fatalité pour le personnage. Vivre seulement pour son propre plaisir sans jamais avoir de remords pour ses mauvaises actions amène à de lourdes conséquences qu’on ne peut parfois plus réussir à porter. Et Dorian Gray en est un parfait exemple.

On le rencontre par l’intermédiaire de son portrait peint par son ami dévoué Basil Hallward. Celui-ci présente le jeune homme comme une chose profondément belle et simple, candide. Mais la rencontre entre Dorian et Lord Henry va tout bousculer. Henry va ardemment l’influencer et lui faire prendre conscience de sa beauté et de son caractère éphémère. Dorian n’a alors plus qu’un désir en tête, garder indéfiniment sa jeunesse.

Avec la présence constante de Lord Henry dans sa vie, Dorian va vite vivre dans la décadence et ne va jamais se remettre en question, même lorsqu’il paraît quelque peu responsable de certains crimes. Il ne vivra alors que pour le plaisir, les choses simples, tout en gardant la peur au ventre de la découverte de son secret. Car il s’en rend rapidement compte : son souhait de voler la jeunesse de sa réplique s’est réalisé. Et alors que lui garde la même apparence, son portrait absorbera les stigmates de la vieillesse et de la souillure de son âme.

Sa vie devient alors un drame. Entre meurtre et fuite pour sa vie, Dorian va vivre certains instants dans la peur de perdre la vie et la jeunesse qu’on lui a laissé, jeunesse qui paraissait être un cadeau mais qui devient alors une malédiction. Et même lorsqu’il essayera de se racheter et de revenir dans le droit chemin, il ne sera récompensé que par davantage de malheurs. Ce jeune homme candide qui attirait tous les regards par sa beauté naïve devient alors un homme froid et sans coeur.

L’évolution du personnage est passionnante à suivre. On observe ses aventures avec attrait, même si quelques passages m’ont paru un peu trop long. Et même si je n’ai pas toujours tout compris des discours de Lord Henry, ils n’en restent pas moins captivants à lire, comme ceux des autres personnages.

Dorian, il faut garder votre beauté. Nous vivons dans un âge qui lit trop pour être sage, et qui pense trop pour être beau.

Une écriture splendide qui m’a charmé du début à la fin et un personnage dont l’évolution est très intéressante. Certains sujets tel que l’influence du destin, la beauté et la jeunesse sont parfaitement traités et retranscris dans ce texte, qui souffre néanmoins de quelques longueurs.

Du même auteur

  • Ravenna (1878)
  • Véra ou les Nihilistes (1880)
  • Poems (1881) (VO)
  • La Duchesse de Padoue (1883)
  • Le Fantôme de Canterville (1887)
  • Le Crime de Lord Arthur Savile (1887)
  • Le Modèle millionnaire (1887)
  • Un sphinx sans secret (1887)
  • Le Prince heureux et autres contes (1888)
  • Le Portrait de MR. W. H. (1889)
  • Une maison de grenades (1891)
  • L’Éventail de Lady Windermere (1893)
  • Salomé (1893)
  • Teleny, Étude physiologique (1893)
  • Poèmes en prose (1894)
  • Une femme sans importance (1894)
  • The Sphinge (1894) (VO)
  • L’Importance d’être Constant (1895)
  • Un mari idéal (1895)
  • La Ballade de la geôle de Reading (1897)
  • La Sainte Courtisane (1908)
  • Une tragédie florentine (1908)

10 commentaires sur « Le Portrait de Dorian Gray, Oscar Wilde »

  1. J'avais eu beaucoup de mal avec le style quand je l'ai tenté en 2012. Je le trouvais trop fourni, et je m'attendais pas à un texte avec autant de pensées philosophiques dès le début. Ca m'est apparu presque comme un essai au début xD

    Tu crois qu'il serait difficile à lire en anglais ?

    J'aime

  2. C'est vrai que je n'ai pas toujours tout compris de la philosophie notamment celle du personnage de Lord Henry. J'ai été aussi assez surprise par le début ne m'attendant pas à un style aussi travaillé.
    Étant assez novice en lecture en langue anglaise je ne le tenterai pas, mais si tu as un peu l'habitude de le faire, je pense que tu peux t'en sortir 🙂

    J'aime

  3. Je ne m'attendais pas à une écriture aussi sophistiquée et poétique, et j'ai été rapidement charmé. Je pense découvrir rapidement d'autres oeuvres de cet auteur, par ces nouvelles ou poésie.

    J'aime

  4. Je ne peux qu'être d'accord avec toi, j'ai absolument adoré et je ne m'y attendais pas du tout, puisque les classiques, pour moi, ce n'est pas gagné ! Quasiment chaque phrase, j'avais envie de la noter dans un carnet pour pouvoir m'en souvenir !

    J'aime

  5. Je ne compte pas le nombre de post-it dans mon exemplaire vu le nombre de phrases que j'ai adoré ^^ C'est vrai qu'on peut avoir peur de se plonger dans les classiques, mais certains d'entre eux, comme celui-ci, en valent réellement la peine.

    J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s