Note : 4.5 sur 5.

Loin de n’être que le récit de la réhabilitation d’un forçat évadé victime de la société, Les Misérables sont avant tout l’histoire du peuple de Paris. Jean Valjean, et le lien qui l’unit à Cosette, en est le fil conducteur et le symbole. A travers sa vie et ses rencontres apparaît l’image d’une humanité misérable mais pleine de grandeur, dont il semble être l’archétype. Homme du peuple par excellence, damné et accablé par les humiliations successives, Jean Valjean prend sur lui le péché du monde et l’expie. Dans son effort incessant pour se racheter, il assume un destin tragique qui nous renvoie le reflet de l’humanité en marche.

N’être pas écouté, ce n’est pas une raison pour se taire.

Même si Notre-Dame de Paris reste un de mes livres préférés, j’avais quelques appréhensions face à ce pavé. Tout le monde connaît le livre, a sans doute vu une des adaptations, mais à part les grandes lignes, je ne connaissais pas réellement l’intrigue de cette histoire. Je me suis lancée dans ce premier volume (le livre étant coupé en deux tomes dans cette édition) avec quelques craintes et attentes. Et même si les longueurs m’ont parfois gêné, j’ai été très contente de découvrir ce livre.

Jean Valjean, ancien forçat resté au bagne pendant dix-neuf ans, se retrouve à tenter de survivre dans cette France de l’époque, et plus particulièrement à la capitale. Mais il va se rendre rapidement compte que sa liberté avec son nouveau statut d’ancien prisonnier ne va pas être plus indulgente que sa vie en captivité. Il tentera de déjouer les lois de la société en expérimentant, entres autres, le changement d’identité qui ne va l’amener qu’à un avenir encore plus tragique. Lors de ses différentes épreuves, Jean Valjean va faire la rencontre notamment de Fantine, jeune fille désabusée par la vie et essayant jusqu’à la prostitution et à la mort de subvenir aux besoins de sa fille Cosette, qui va elle aussi un lien particulier avec cet homme plein de ressources.

Ne craignons jamais les voleurs ni les meurtriers. Ce sont là les dangers du dehors. Les petits dangers. Craignons-nous nous-mêmes. Les préjugés, voilà les voleurs ; les vices, voilà les meurtriers. Les grands dangers sont au dedans de nous. Qu’importe ce qui menace notre tête ou notre bourse ! Ne songeons qu’à ce qui menace notre âme.

Ce premier livre s’articule en trois parties, chacune reprenant le prénom et l’histoire en détail d’un personnage central de l’histoire : Fantine, Cosette et Marius. Lors de ces parties, d’autres protagonistes font leur apparition comme les Thénardier, famille manipulatrice et avide de richesse et de pouvoir qui va jouer un rôle essentiel dans la vie des personnages principaux, ou encore Gavroche, jeune garçon pauvre des rues mais rusé, auxquels je me suis attaché tout comme à Jean Valjean pour son parcours étonnant.

Les personnages sont soit miséreux soit cupides, les rôles évoluant quelques fois, et laissent une forte impression lors de la lecture. L’auteur prend le temps de nous apporter le plus de détails possibles, que ce soit physiques ou psychologiques, que ces personnage soient importants ou non au déroulement de l’histoire. Ces longues descriptions ne m’auraient pas incommodé si elles avaient été les seules. Non, c’est plutôt les descriptions que j’ai trouvé parfois inutiles sur les lieux, l’architecture des maisons, etc… qui m’a quelquefois sorti de ma lecture.

Mais ces longueurs n’ont évidemment pas altéré mon intérêt face à ces personnages et ces nombreuses intrigues tous aussi intéressants les uns que les autres, et surtout le style romantique, et même quelques fois poétique, de Victor Hugo que j’avais adoré lire dans Notre-Dame de Paris ou Les Contemplations. Ce livre est fort en images et en émotions et dépeint à merveille les rues et la population du Paris du XIXème siècle. Je sais que je me plongerai avec affection et appétit dans la suite des aventures de ces personnages, définissant parfaitement pour la plupart le mot « misérable » mais qui sont malgré tout marqués par l’espoir d’une vie meilleure et par un peu de bonheur.

Il n’avait pas de gîte, pas de pain, pas de feu, pas d’amour ; mais il était joyeux parce qu’il était libre.

Même si certains passages peuvent paraître superflus et donc moins intéressants, ce livre est une merveille par son style captivant et poétique et par son reflet sur le peuple parisien du XIXème siècle à travers le destin aussi funeste que fascinant des personnages.

Du même auteur

  • Les Orientales (1829)
  • Le Dernier Jour d’un condamné (1829)

Un plaidoyer contre la peine de mort intéressant même si peu nuancé, les derniers instants de ce prisonnier, entre souvenirs et relativisme, sont assez inspirants.

  • Hernani (1830)
  • Notre-Dame de Paris (1831)

À part les 250 pages remplies de longues descriptions à propos de la cathédrale, l’écriture de Victor Hugo et l’histoire de ces différentes passions dévorantes et destructrices sont passionnantes, un chef d’oeuvre !

Les Misérables

  • tome 2 (1862)

6 commentaires sur « Les Misérables tome 1, Victor Hugo »

  1. J'ai lu Les Misérables au collège, en 4ème, dans l'édition Larousse Collège, et je ne sais pas si c'est la version intégrale… Je me souviens avoir moyennement apprécié, mais c'était surtout parce que j'avais trouvé la lecture assez longue et que c'était une lecture obligatoire. Je le relirai certainement un jour. En tout cas, tu me donnes envie de redécouvrir l'histoire. 🙂

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  2. Comme Emilie, j'ai lu Les Misérables au collège, en 4ème, en version abrégée. Je n'en garde pas un souvenir très positif, mais en même temps à cet âge c'est dur d'apprécier ce genre de littérature… Je pense que, plus tard, je les relirai, en version intégrale cette fois. Tu me donnes très envie de redécouvrir ce tome 1, en tout cas ! 🙂
    J'avais lu L'Homme qui rit l'année dernière, et malgré les longueurs j'avais beaucoup apprécié. Il faudrait que je lise Notre Dame de Paris. ^^

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  3. Bizarrement, je n'ai jamais eu à lire de livres de Victor Hugo pour l'école, et j'en suis contente. Comme ça, j'ai pu réellement apprécié ce livre (tout comme Notre-Dame de Paris), ce qui n'aurait sûrement pas été le cas si ça avait été une lecture obligatoire.
    J'ai trouvé ce premier volume accrocheur et très intéressant, et je suis contente de te donne renvie de le redécouvrir 🙂

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  4. Oui, je pense qu'à cet âge, c’est compliqué d'accrocher réellement à l'histoire et au style ^^ L'Homme qui rit me fait envie depuis plusieurs années, je pense le lire avant la fin de l'année. Et pour Notre -Dame de Paris, à part quelques longueurs sur l'architecture de Paris, ce livre est un chef-d’œuvre que je ne peux que recommander !

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  5. Moi aussi c'est pour ça que j'ai attendu longtemps avant de m »y mettre. Je comptais lire une partie par mois, et au final j'étais tellement dans l'histoire que je l'ai lu en un seul. Les pavés font souvent peur mais celui-ci est vraiment à découvrir 🙂

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