Note : 4 sur 5.

Sergi Vélasquez, artiste peintre et prisonnier des apparences, s’amourache d’une rousse flamboyante qu’il croise dans l’ascenseur. Mais elle est hystérique ; c’est du moins ce que pense Julia, psychanalyste et sœur de l’artiste. Faut-il s’en inquiéter ? Roxane, elle, est photographe. Il y a quelques années, son visage a été brûlé dans un accident de voiture. Aujourd’hui, elle se réconforte, isolée dans une nature sans voisinage. Jusqu’à ce qu’elle prenne des clichés de son corps, pour mieux l’accepter, et que ses photographies, exposées à Paris, séduisent Sergi Vélasquez.

Une odeur de gomme cramée atteint les narines de la jeune femme.
Les roues bloquées par la tenaille des freins, les pneus ont explosé sur le bitume. À l’instant du choc, vitres et pare-brise ont été pulvérisés, moteur déboulonné, phares exorbités.

Je n’avais vu ce roman nulle part, et lorsque Babelio m’a proposé de le lire, j’ai accepté sans connaître son résumé, souhaitant rester jusqu’au bout dans l’inconnu. Je n’avais que ce titre, Accidents, qui représente beaucoup plus de choses que l’on pourrait le croire de prime abord. Car dans ce livre, les accidents sont nombreux. Des accidents presque mortels, amoureux, inattendus, … Néanmoins, il n’auront pas abouti vers une fin convaincante à mon goût…

Le roman est découpé par deux intrigues, deux histoires. D’abord, celle de Sergi, espagnol immigré en France depuis son enfance avec ses parents et sa sœur Julia. Peintre à Paris, il n’arrive cependant pas à gagner sa vie avec son art qu’il a du mal quelques fois à apprécier lui-même. Un personnage principal plutôt atypique par son physique mais aussi par son pessimisme constant sur la vie, sur les contrastes entre les classes bourgeoises et celles plus appauvries, et sur la vie de famille. S’il peut se montrer d’abord agaçant, il est finalement très intéressant à suivre, loin des carcans habituels.

En face de son appartement se trouve celui de Julia et de Paul et de leurs deux filles. L’auteur s’attache au début à nous décrire le quotidien de cette famille, particulièrement du point de vue de Paul, père au foyer, sans en oublier Julia, psychologue à domicile. Ce début m’a un peu interloqué, le trouvant parfois lent par ses descriptions parfois inutiles pour l’histoire en elle-même, mais il plante en même temps bien le décor et les personnages qui sont très sympathiques.

Au second plan, l’auteur raconte l’histoire d’une jeune femme recluse à la campagne loin de Paris après un grave accident de voiture qui l’a défiguré. Cette femme, qui au début n’a pas de noms, tente de se ressourcer, de reprendre confiance en elle et en sa beauté même. Elle arrive alors peu à peu à redécouvrir sa vie et à entreprendre une cicatrisation psychologique à travers la photographie, œuvres qu’elle expose dans des galeries d’art.

Voici son accident à elle, son cauchemar quotidien, son fardeau qu’elle arrive peu à peu à alléger. L’accident de Sergi lui, s’appelle Rebecca. Patiente chez Julia, il la rencontre dans l’ascenseur de son immeuble et c’est alors comme une illumination. Il faut qu’il la rencontre, qu’il l' »obtienne ». Une relation va donc naître entre eux deux, une relation différente que celle que Sergi entame d’habitude, n’étant accoutumé qu’aux histoires sans réelles attaches.

Malgré quelques interrogations, il semble vivre parfaitement cette idylle, contrairement à sa sœur qui connaît quelques secrets sur Rebecca et qui ne semble pas prompte à la compter parmi les membres de sa famille. Car oui, les prémices de leur relation sont intéressants à suivre mais le lecteur découvre rapidement que Rebecca n’est pas très équilibrée. Et face à ses crises d’hystérie, je n’ai pas toujours compris l’absence de réaction de la part de Sergi. Pourquoi ne choisit-il pas de mettre fin à cette histoire qui ne semble plus l’épanouir ?

Les choses empirent alors, entachant la relation entre Rebecca et Sergi, mais aussi quelque peu celle entre celui-ci et sa sœur. Et c’est alors que le peintre va découvrir le grand secret de sa conjointe. Une révélation qui redouble l’intérêt du lecteur pour la suite du roman et qui va transformer le quotidien de Sergi en quête de réponses et de vérités. Et lorsqu’il les découvre, il ressent comme une inspiration nouvelle qui m’a paru alors trop rapide et même trop prévisible.

Alors que Rebecca révèle peu à peu son véritable visage, Sergi va découvrir quelque chose de beaucoup plus profond et épanouissant, s’acheminant vers une fin qui m’a paru beaucoup trop abrupte et conventionnelle. Et c’est quelque chose qui m’a réellement dérangé. Face à cette conclusion, je me suis vraiment posé la question du message de ce roman, ce qu’il voulait véhiculer. J’ai apprécié ma lecture mais je n’ai pas réussi à comprendre où l’auteur souhaitait en venir, m’apportant le sentiment d’être passer à côté de quelque chose. Ou alors, l’auteur voulait simplement raconter une histoire, et dans ce cas, il me manquait clairement quelque chose.

On n’aime pas son visage, on l’accepte. Il n’y a pas d’alternative. Et puis, peut-être qu’il n’y a pas de visage, mais seulement des cartes en relief dont on suit les lignes, les cavités, les trous noirs, et qui rappellent un paysage, une montagne, une plage, un chemin. Ce n’est pas la matière qui importe, cette viande à orifices, mais ce qu’elle devient dans les yeux des autres.

Une lecture agréable avec des personnages sympathiques et parfois atypiques en comparaison d’autres romans du genre, mais l’histoire globale et surtout sa fin m’auront apporté une petite frustration. Il m’a manqué quelque chose que je ne pourrais citer moi-même.

10 commentaires sur « Accidents, Olivier Bordaçarre »

  1. Je ne sais pas si j'ai plus donné envie ou non de le découvrir, mais c'est vrai que ne lisant pas beaucoup de contemporain, il m'a fait sortir de ma zone de confort habituel. Après, il n'est pas grandiose mais reste sympathique !

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  2. Oulà, l'histoire a l'air compliquée ! J'avoue que ce livre ne me tente pas trop, il a l'air assez difficile, avec beaucoup d' »accidents » pour le coup, et je n'aime pas trop ce genre de livre. En tout cas, pour le moment, je ne pense pas le lire. Je suis contente que tu aies bien aimé. 🙂

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