Note : 4.5 sur 5.

Des cris lugubres résonnent sur la lande… Et voici que la légende prend corps. Un chien énorme, créature fantomatique et infernale, serait à l’origine de la mort de sir Charles Baskerville. Maudit soit Hugo, l’ancêtre impie et athée, qui provoqua, en son temps, lesforces du mal ! Mais Sherlock Holmes ne peut croire à de telles sornettes. Aussi, lorsqu’il dépêche le fidèle Watson auprès de sir Henry, l’héritier nouvellement débarqué d’Amérique,il ne doute pas de mettre rapidement fin à ces spéculations. Pourtant, la mort a frappé plusieurs fois sur la lande. Et le manoir est le théâtre de phénomènes bien étranges… Se peut-il que la malédiction des Baskerville pèse encore ?

Le monde est plein de choses évidentes que personne ne remarque jamais.

Après ma lecture le mois dernier du Mystère de la Chambre jaune de Gaston Leroux, un des textes fondateurs du roman policier en France, j’ai souhaité découvrir ce genre au XIXème siècle de l’autre de l’outre Atlantique, avec le duo emblématique dans la littérature : Sherlock Holmes et le docteur Watson. Ne sachant pas réellement par quel roman découvrir les enquêtes du détective et de son acolyte, j’ai choisi un peu par hasard Le Chien des Baskerville, cinquième « tome » et un des plus célèbre de la saga d’Arthur Conan Doyle.

Et même si j’ai beaucoup apprécié ce roman, il est vrai que la présence de Sherlock est minime par rapport à la place que prend Watson dans l’intrigue. Car c’est bien Watson le narrateur, le rédacteur des faits, des indices relevés et des réflexions de Sherlock, mais il va être également pour une bonne partie du récit le protagoniste privilégié pour enquêter et produire des hypothèses au fur et à mesure que les événements se révèlent à lui.

À Londres, le docteur Mortimer vient rendre visite à Sherlock Holmes et Watson afin qu’ils puissent apporter une réponse rationnelle à cette étrange histoire : au Sud-Ouest de l‘Angleterre, à Dartmoor, une vielle légende plane sur la famille des Baskerville. Un chien énorme sortant des enfers pourchasserait telle une malédiction les membres de cette famille sur la lande de leur propriété.

À la mort de sir Charles Baskerville dans des circonstances étranges, le docteur Mortimer demande l’aide de Sherlock afin de résoudre cette enquête et de sauver le nouvel héritier, sir Henry d’une probable mort. Dès le début, le détective comprend que cette enquête va se montrer complexe par les diverses hypothèses et signes liés à cette affaire. La finalité de cette mort est-elle surnaturelle ? Sherlock garde sons sens pratique et choisit donc la voie de la raison. Mais alors, qui en voudrait aux Baskerville ?

C’était un chien, un chien énorme, noir comme du charbon, mais un chien comme jamais n’en avaient vu des yeux de mortel. Du feu s’échappait de sa gueule ouverte ; ses yeux jetaient de la braise; son museau, ses pattes s’enveloppaient de traînées de flammes. Jamais aucun rêve délirant d’un cerveau dérangé ne créa vision plus sauvage, plus fantastique, plus infernale que cette bête qui dévalait du brouillard.

Pour pouvoir connaître le fin mot de cette histoire et découvrir de nouveaux indices, Watson va se rendre sur le domaine des Baskerville sous le titre de protecteur de sir Henry, nouveau sur la propriété, alors que Sherlock reste à Londres afin de s’occuper de diverses affaires. Watson et son nouvel ami vont alors découvrir Dartmoor, la lande qu’elle surplombe, et les différentes personnes présentes près du lieu du crime.

Entre les domestiques Barymore et le professeur Stappleton accompagnée de sa sœur, Watson ne sait qui soupçonner, tous semblant cacher quelque chose. Plus ils avancent et plus l’affaire se révèle ardue. Dans ce cadre morne et très peu chaleureux, Watson va devoir réussir, par sa logique et des stratégies, à découvrir le coupable qui semble se servir de la célèbre légende funèbre afin de parvenir à ses fins.

La narration offre au lecteur différentes formes telles que la restitution de certains passages du journal de Watson où il rédige avec minutie les événements qu’il vit chaque jour chez les Baskerville, mais aussi la présence des lettres du docteur adressée à Sherlock Holmes encore à Londres. Le lecteur peut alors encore davantage s’imprégner de l’atmosphère très bien reconstituée et décrite en prenant en compte tout ce qui est autour des personnages et ce qu’ils semblent transparaître face aux révélations qui leur sont faites ou les mensonges qu’ils profèrent.

L’enquête se déroule de manière dynamique, sans jamais laisser le public se reposer entre bouleversements et vérités révélées, et donne assez d’indices au compte-goutte afin que le lecteur puisse de son côté s’interroger sur la ou les personnes impliquées dans cette affaire. Il est vrai que la semi absence de Sherlock afin de placer Watson au premier plan m’a tout d’abord étonnée, mais j’ai apprécié découvrir les facultés de Watson, même s’il est évidemment moins stratège et logique que le plus reconnu des détectives dans la littérature. Je lirai avec plaisir les autres enquêtes de ce duo, en commençant cette fois-ci par le début avec Une étude en rouge.

Sir Henry se tourna vers moi.
« Que pensez-vous, Watson, de cette nouvelle lueur ?
– Elle me paraît obscurcir davantage notre nuit noire. »

Une enquête rondement menée par Sherlock mais également, qui plus présent dans ce tome, Watson qui usent de leur intelligence et de leur raison pour démêler le vrai du faux, et trouver une réponse logique à toute cette affaire.

De la même saga

  • Une étude en rouge (1887)
  • Le Signe des quatre (1890)
  • Les Aventures de Sherlock Holmes (1892)
  • Les Mémoires de Sherlock Holmes (1894)
  • Le Retour de Sherlock Holmes (1905)
  • La Vallée de la peur (1915)
  • Son dernier coup d’archet (1917)
  • Les Archives de Sherlock Holmes (1927)

Du même auteur

  • Micah Clarke (1889)
  • La Compagnie blanche (1891)

Les Exploits du Professeur Challenger

  • Le Monde perdu (1912)
  • La Ceinture empoisonnée (1913)
  • Au pays des brumes (1926)
  • Quand la terre hurla (1928)
  • La Machine à désintégrer (1929)

14 commentaires sur « Le Chien des Baskerville, Arthur Conan Doyle »

  1. Il faudrait vraiment que moi aussi je me mette à Sherlock !
    Merci pour ta chronique !
    Sinon j'ai enfin publié ton interview sur mon blog ( désolé encore une fois du délai )
    Bon weekend

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  2. Il y a deux/trois ans, je voulais vraiment les découvrir mais cette saga était vraiment sorti de ma tête. Je suis contente de l'avoir reçu en troc un peu par hasard. Je vais maintenant lire les aitres prochainement 🙂

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  3. J'ai dévoré une grosse partie des aventures de Sherlock Holmes (toujours racontées par Watson) sans jamais m'en lasser. C'est du grand classique du polar et de vrais moments de plaisir

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  4. Je travaille justement sur le début du roman policier et c'est très intéressant de voir l'influence de Conan Doyle sur les écrivains français. Je vais prochainement lire Une étude en rouge qui j'espère sera une aussi bonne lecture.

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