Note : 4.5 sur 5.

Un mécanicien de locomotive, tourmenté par une lourde hérédité, et qui ne s’entend vraiment qu’avec sa machine… Une femme qui semble née pour faire le malheur de tous les hommes qui l’approchent… Un juge pétri de préjugés, pret à renier la justice au profit de l’intérêt social ou politique… Tels sont les personnages de ce drame, un des plus sombres qu’ait imaginés le romancier des Rougon-Macquart.

On va vite, on est plus savant… Mais les bêtes sauvages restent des bêtes sauvages, et on aura beau inventer des mécaniques meilleures encore, il y aura quand même des bêtes sauvages dessous.

Il faut que je vous prévienne dès le début, ça va être compliqué de faire une chronique sur ce livre. J’ai pris beaucoup de retard dans mes chroniques, privilégiant les partenariats, et certains autres livres de ma PAL, comme La Bête humaine, ont du donc attendre avant que je puisse vous présenter mon avis sur le blog. Ma chronique sera alors assez courte, surtout que je n’en garde déjà plus un grand souvenir.

Après les deux derniers romans lus de Zola qui n’ont pas été très concluants pour moi, surtout Nana avec lequel je me suis profondément ennuyée, je suis contente d’avoir enfin découvert La Bête humaine, l’ouvrage le plus sombre que j’ai lu de l’auteur. Après avoir lu La Fortune des Rougon, j’avais peur des longues descriptions naturalistes dont est friand Émile Zola mais qui, moi, ne me conviennent pas à outrance. Heureusement, ici, le récit s’offre plus facilement, avec une contextualisation claire de deux protagonistes principaux et ce qui va les mener vers la folie meurtrière.

Après la découverte catastrophique d’un secret de sa femme, Roubaud, chef de gare au Havre, ne peut plus se contrôler. Une rage vengeresse le prend, ne pouvant se calmer qu’après avoir accompli ce qui l’en délivrera par la mort de Grandmorin, leur protecteur à Séverine et à lui. Seul témoin du meurtre, Jacques Lantier, le mécanicien venu réparer la Lison. Héritant des vils traits des Macquart, Lantier a toujours été dévoré par le désir d’ôter la vie à des femmes. Mais conscient de sa folie, il tente de l’oublier par sa passion excessive pour sa locomotive.

Devenant le faux témoin de l’affaire Grandmorin pour les Roubaud puis l’amant de Séverine, il va tenter une nouvelle fois, avec encore davantage d’ardeurs, à ne pas laisser ses pulsions prendre le dessus. Mais pour lui, Séverine est différente des autres femmes qu’il a pu connaitre, elle devient même son espoir, celui de ne pas franchir la ligne rouge et de ne plus avoir de pensées meurtrières.

Le problème est qu’étant mêlés tous les deux dans cette affaire de meurtre, les mensonges vont se succéder et la folie va devenir de plus en plus grande. Ce roman a été un plaisir à lire avec tout ce qu’il comporte : descriptions des lieux, des personnages, l’évolution des relations entre eux, leur psychologie, etc… Après Germinal, c’est bien celui-ci que je recommanderai, même si je pense qu’il n’est pas fait pour tout le monde, étant beaucoup plus noir que la majorité des ouvrages de Zola.

Mais le but de l’écrivain est toujours de révéler la nature de l’homme avec ce qu’elle comporte de vils instincts et de folie, et c’est parfaitement réussi avec ce livre. Seul m’ont vraiment dérangé les trop longues descriptions à propos des trains ou de la gare. J’ai aussi quelques fois décroché en cours de route mais je suis toujours revenue avec encore plus d’entrain. C’est un ouvrage réussi et très bien construit que je recommande fortement.

Son unique pensée était d’aller tout droit, plus loin, toujours plus loin, pour se fuir, fuir l’autre, la bête enragée qu’il sentait en lui.

Le traitement de la folie et de la mort est très bien exploité dans ce roman plus noir que les autres de Zola. La psychologie des personnages est très bien réussie tout comme les descriptions toujours bien construites de l’écrivain.

Du même auteur

  • La Fortune des Rougon (1871)
  • La Curée (1872)
  • Le Ventre de Paris (1873)
  • La Conquête de Plassans (1874)
  • La Faute de l’abbé Mouret (1975)
  • Son Excellence Eugène Rougon (1876)
  • L’Assommoir (1877)
  • Une page d’amour (1878)
  • Nana (1880)
  • Pot-Bouille (1882)
  • Au bonheur des dames (1883)
  • La Joie de vivre (1884)
  • Germinal (1885)
  • L’Œuvre (1886)

Une bonne histoire sur l’art et sur un couple qui s’intéresse étonnamment bien à l’amitié dans ce groupe artistique.

  • La Terre (1887)
  • Le Rêve (1888)
  • L’Argent (1891)
  • La Débâcle (1892)
  • Le Docteur Pascal (1893)

14 commentaires sur « La Bête humaine, Émile Zola »

  1. Je ne pense pas en garder moi non plus un souvenir impérissable mais j'en garde pour le moment un bon sentiment. Je pense que j'aurais envie un jour de le relire, je comprendrais encore plus de choses avec ma deuxième relecture.

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  2. J'avais pour ma part bien aimé Nana et moins celui-ci. Peut-être devrais-je le relire ceci dit, car ce que tu en dis me semble extrêmement intéressant à creuser (à condition d'être dans un bon état d'esprit, pas dans celui de creuser ^^).

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  3. Au Bonheur des dames me fait un peu peur dû aux longues descriptions dont tu parles mais je pense que je me lancerai un jour. La Bête humaine compte également pas mal de descriptions sur les trains mais ou sinon, ce livre est plutôt dynamique ce que j'ai beaucoup apprécié.

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  4. J'ai vraiment eu du mal à finir Nana pour le coup tellement Nana m'exaspérait ^^ Pour La Bête humaine, j'ai trouvé que la psychologie des personnages, en particulier celle de Lantier et de Séverine, était poussée et très intéressante. L'auteur s'appuie en plus sur certaines remarques de Cesare Lombroso dans son essai L'Homme criminel où il explique entres autres que la délinquance est plus fréquente chez des personnes possédant des caractéristiques physiques spécifiques. Évidemment, cet écrit est aujourd'hui complètement dépassé mais dans le contexte de ce livre, ces référence apportent encore plus de poids à l'idée d'hérédité dans le mal et le vice ou dans le bien, une idée fondamentale dans les écrits de Zola.

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  5. Effectivement, la physiognomonie poussée à son extrême est utilisée par Zola. Dans le thème de la criminalité et de ses origines physiologiques Yves Grevet a récemment écrit un roman jeunesse, « Celle qui sentait venir l'orage ». C'est jeunesse mais plutôt bien fait !

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  6. Contente de trouver une autre lectrice de Zola ! ! 😉 Je m’aperçois que tu as lu plusieurs des romans formant Les Rougon-Macquart, j’en déduis donc que ce sont des lectures qui te plaise et je suis ravie de lire tes chroniques ! ! 😉 Beaucoup de lecteurs se laissent décourager par Zola, soit parce qu’il a fait l’objet de lectures scolaires et, on le sait, les lectures scolaires sont souvent une corvée, soit parce que les longues descriptions de ses romans ou son style particulier, ainsi que la noirceur de certaines de ses intrigues font peur et c’est dommage…
    Je ne suis peut-être pas objective parce que j’adore Zola, c’est vraiment mon auteur préféré, toutes époques et tous styles confondus ! Mais si je peux te donner un conseil, maintenant que tu as commencé cette fabuleuse saga qu’est Les Rougon-Macquart, c’est de persévérer ! 😉 Tu en aimeras certains plus d’autres mais à chaque fois, ce sont des expériences livresques très intenses.

    J’ai lu La Bête Humaine alors que j’étais au lycée, cela va faire dix ans maintenant mais j’avais beaucoup aimé ce roman. Comme toi, les longues descriptions concernant les trains et le monde ferroviaire ne m’avaient pas vraiment emballée, mais l’histoire humaine, derrière, est époustouflante ! J’avais été effrayée mais captivée en même temps.

    Aimé par 1 personne

    1. Oui, je compte bien persévéré avec cet auteur, surtout après avoir passer d’agréables moments de lectures avec certains de ses romans comme Germinal et L’Oeuvre. Maintenant, j’aimerais bien découvrir La Curée ou L’Assommoir, ce sont les deux qui me font le plus envie de Zola pour le moment. Les longues descriptions dont il peut faire preuve m’ont parfois effrayé, particulièrement dans La Fortune des Rougon (j’ai vraiment eu du mal à m’y mettre à cause des premiers chapitres très descriptifs et naturalistes) mais je garde tout de même un bon souvenir de La Bête humaine grâce à tout le côté psychologie et humain du roman.
      Merci pour ta visite sur le blog, ça fait plaisir de pouvoir partager sur un auteur comme Zola, ce qui n’arrive pas souvent sur le blog ^^

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