Note : 4 sur 5.

En ce début du XVIe siècle, les Ottomans menacent la Hongrie. Le comte Gabor, joueur d’échecs incomparable, gouverne le comitat de Paks. Sa fille Judit, joueuse hors du commun elle aussi, se désespère de l’apathie de son père face au péril turc. Elle voudrait prendre sa place au plus vite. Sa mère, la comtesse Livia, cupide et avide de pouvoir, nourrit la même ambition. Toutes deux se haïssent. Pour parvenir à ses fins et sauver son pays, Judit trame un projet machiavélique. Elle le mènera jusqu’au bout, sans peur et sans pitié. Alors naît sa légende. Dans ce roman à l’atmosphère puissamment baroque, à mi-chemin entre l’histoire et l’imaginaire, Jean-Michel Delacomptée fait surgir une héroïne exceptionnelle dont l’idéal de résistance demeure intemporel.

En Hongrie au XVIème siècle, le comitat de Paks est dirigé par le comte Gabor, calme et désirant servir au mieux son peuple. Seulement, avec la guerre entre les Ottomans qui se profilent, Gabor ne semble pas être pressé de contre-attaquer, n’ayant jamais voulu marcher dans les pas de son père, fin stratège et combattant. Mais la fille du comte, Judit, se sent prête à reprendre le comitat afin de terrasser les envahisseurs. Percevant son père comme trop vieux pour régir, elle souhaiterait détenir le pouvoir le plus tôt possible. Néanmoins, elle sait que le comte ne se dépossédera pas de son statut avant sa mort. 

Il y a également la mère de Judit, avide de pouvoir et arriviste, qui souhaite la marier le plus tôt possible pour être certaine d’être la prochaine détentrice de l’autorité du comitat. N’ayant jamais réussi à engendrer un héritier assez robuste pour survivre, les deux femmes sont alors en compétition frontale afin d’être celle qui finalement deviendra la haute autorité de Paks. Mais Judit ne s’effraie pas de l’ascendant que la comtesse peut avoir sur elle et les autres faisant davantage confiance à ses capacités intellectuelles et à son ambition de régner et de protéger son peuple.

Le premier chapitre dépeint déjà au lecteur toute l’autorité naturelle que possède Judit dans cette chambre rouge accompagnée de ses trois molosses ingurgigeant de la viande fraîche. On comprend son ardeur presque juvénile à vouloir faire ses preuves le plus rapidement possible. Seulement, même si elle souhaite coûte que coûte arriver au pouvoir, elle n’imagine pas faire du mal à son père pour l’obtenir. Elle connait ses failles et ses qualités, particulièrement celles sur sa fine stratégie aux échecs.

Jouant fréquemment avec Gabor, Judit devient de plus en plus forte à ce jeu complexe jusqu’à devenir plus forte que son père. Mais Judit reste intelligente et sait lorsqu’il faut abattre ses cartes ou au contraire cacher son jeu. Elle fomente alors un plan singulier dont le lecteur n’aurait sûrement pas penser de prime abord.

La jouant fine, Judit voyage dans les territoires voisins afin de défier les dirigeants de ceux-ci pour se faire un nom. Elle en arrive donc à jouer plus tard contre le roi de Hongrie qui ne va pas être simple à battre. Va alors débuter une partie complexe et ardue contre les deux personnages qui pourrait coûter la vie à certains. Le récit est majoritairement constitué d’une narration interne du point de vue de Judit, rarement entrecoupé de dialogues, ce qui peut rendre la lecture parfois longue et lourde.

Réaliste, le lecteur réussit facilement à s’immerger dans cette Hongrie du XVIème même s’il peut parfois se perdre à force de descriptions, surtout si, comme moi, il n’est pas habitué au genre historique. Néanmoins, la vigueur et l’énergie de Judit sont communicatives, ce personnage étant de plus en plus intéressant, faisant preuve d’intelligence et de perspicacité. Donc, ce nouveau roman n’est pas forcément pour un public large, mais pour ceux qui, tel que moi, désirent apprendre des choses, l’Histoire à travers les siècles au sein de pays que l’on ne connait que trop peu. Je remercie donc la maison d’édition Robert Laffont et NetGalley pour cette proposition de lecture qui m’aura appris des choses et intéressé.

Un personnage principal imposant et charismatique qui fait preuve de beaucoup de ruses afin d’obtenir ce qu’il veut. Le récit manque parfois tout de même de davantage de dynamisme.

Du même auteur

  • Petit éloge des amoureux du silence (2011)
  • Ambroise Paré, la main savante (2007)
  • Passions, La Princesse de Clèves (2014)
  • La Bruyère, portrait de nous-mêmes (2019)

4 commentaires sur « Le Sacrifice des dames, Jean-Michel Delacomptée »

  1. J'aime beaucoup les récits historiques en règle générale, et c'est vrai que je connais peu cette période et l'Histoire de la Hongrie de manière générale, du coup, pourquoi pas ?

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  2. Moi qui n'apprécie pas forcément les récits historiques, j'ai pris du plaisir à découvrir ce roman se passant dans une région que je connais peu. J'espère que si tu te lances, tu apprécieras autant que moi 🙂

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