Note : 4.5 sur 5.

Marc est invité par son ami Serge à venir voir sa nouvelle acquisition, une toile d’environ 1,60 m sur 1,20 m peinte en blanc, avec de fins liserés blancs transversaux, que Serge vient d’acheter 200 000 francs. Atterré par cet achat, ne comprenant pas que son ami ait pu dépenser une somme pareille pour un tableau blanc, Marc donne d’abord son point de vue sans retenue, ne se souciant pas de l’avis de Serge. Puis il va trouver Yvan, leur ami commun, pour lui faire part de son incompréhension à propos de ce geste. Yvan, lui, ne pense rien de ce tableau. L’approche de son mariage le rend nerveux. Il ne veut surtout pas contrarier ses deux amis. Serge et Marc commencent à se disputer et entraînent Yvan dans leur confrontation.

MARC. Mon ami Serge a acheté un tableau.
C’est une toile d’environ un mètre soixante sur un mètre vingt, peinte en blanc. Le fond est blanc et si on cligne des yeux, on peut apercevoir de fins liserés blancs transversaux.
Mon ami Serge est un ami depuis longtemps.

Je me dis toujours que je ne lis pas assez de pièces de théâtre. Vous avez pu le remarquer, j’aime varier les genres romanesques mais également littéraires. Rares sont présents les recueils de poèmes, profitant d’en lire principalement par le biais de mes cours en littérature, mais je tente de me frotter plus régulièrement à la dramaturgie. Alors depuis quelques mois, j’avais décidé de découvrir une pièce de théâtre contemporaine chaque mois par l’intermédiaire de mon abonnement mensuel à la box Kube (que je vous recommande, elle est vraiment super et variée). Pour le mois de juin, j’ai donc reçu Art, une pièce de Yasmina Reza écrite en 1994. Portée sur scène par les comédiens reconnus Fabrice Luchini, Pierre Arditi et Pierre Vaneck, j’étais encore plus envieuse de découvrir l’histoire de cette pièce. Et celle-ci est relativement simple aux premiers abords puisqu’il s’agit de l’avis de trois personnages et amis sur une toile.

Serge invite Marc pour contempler la nouvelle peinture qu’il a acheté à 200 000 francs (30 000 euros). Une toile blanche agrémentée de liserés blancs, pour Marc, allergique à l’art contemporain, c’est une folie. Il ne comprend pas comment son ami a pu mettre une fortune dansun tableau qu’il définit comme médiocre. C’est alors qu’il va faire part de son incompréhension à Yvan qui joue le rôle de médiateur dans ce trio d’amis. Ne ressentant pour sa part rien devant ce tableau et étant particulièrement stressé à l’approche de son mariage, celui-ci ne veut vexer aucun de ses deux camarades.

Alors lorsqu’ils se retrouvent tous les trois pour parler une nouvelle fois du tableau, une violente dispute commence entre Marc et Serge, entraînant également malgré lui Yvan. Va alors commencer une récrimination de la part de Marc sur la légitimité de l’art moderne face à la comparaison que fait Serge entre l’art ancien et contemporain. Vont être donc à l’honneur les questions sur la beauté artistique, la beauté universelle, sur sa norme, et sur l’art en général que ce soit en peinture ou en littérature, etc… Marc et Serge vont disséquer cette forme d’art pour appuyer leurs propos, tentant tant bien que mal d’en quelque sorte rallier Yvan à leur cause.

Mais au-delà des questions esthétiques et artistiques de ce tableau va se créer une dispute autour de la personnalité même des personnages. Très différents les uns des autres, ils n’arrivent pas toujours à se comprendre et c’est par le biais de cette dispute que tout va être mis sur la table, chacun n’ayant pas peur de faire du mal à l’autre. La vérité sera à l’honneur dans cette conversation où toutes les opinions divergent. La simplicité de la pièce est un des points fort de celle-ci, nous amenant par la suite à nous interroger nous-mêmes sur l’art mais aussi sur la relation que l’on entretient avec autrui par l’argumentation de ces trois personnages.

Dans cette pièce de théâtre, il est question d’art mais également d’amitié, de ce qu’on accepte de la part de l’autre, de ce qu’on peut lui révéler ou lui cacher pour son bien être. Serge et Marc étant les deux extrêmes et Yvan posté au milieu, nous avons alors le droit à un réel argumentaire complet et intéressant. C’ets l’occasion pour le lecteur de réfléchir sur lui-même et sur la manière dont il appréhende le monde extérieur, ce qu’il peut qualifier de beau ou de médiocre.

Une pièce contemporaine sympathique où les thèmes comme l’art, la beauté et l’amitié sont très bien exploités à travers ces trois personnages.

3 commentaires sur « Art, Yasmina Reza »

    1. Comme quoi ^^ Après, on ne l’a pas lu dans le même contexte. Je me rappelle ne pas avoir aimé la majorité des livres que j’étais obligé de lire au collège et lycée. Quelques années après, quand je les relisai, j’avais souvent un tout autre avis dessus :p

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