Note : 4 sur 5.

Un jour, elle sera la plus grande superhéroïne de tous les temps : Wonder Woman. Mais elle n’est encore que Diana, 17 ans, princesse des Amazones. Quand un bateau explose au large de son île, Diana porte secours à la jeune Alia, bravant ainsi l’interdiction faite aux Amazones d’accueillir des humains parmi elles. Et Diana pourrait le payer d’autant plus cher qu’Alia est une Warbringer : descendante d’Hélène de Troie, elle fait souffler partout un vent de discorde. Ensemble, de New York à la Grèce, les deux jeunes filles vont pourtant tenter de contrer la malédiction qui pèse sur Alia.

Toutes les Amazones perçoivent la souffrance de leurs sœurs, tout au long de leurs vies. Nous apprenons à vivre avec. C’est pourquoi nous attachons tant de valeur à la compassion.
Ce phénomène les aidait à se rappeler qu’en dépit de leur force, de leur adresse et de leur célérité, la gloire ne valait rien face à la détresse d’autrui.

Après ma lecture passionnante du premier tome de Six of crows, je comptai continuer sur ma lancée avec la suite et fin de cette duologie. Mais me baladant sur quelques blogs, je n’ai pas pu manquer la sortie du nouveau roman de Leigh Bardugo, Wonder Woman : Warbringer. S’il avait été question d’un autre super-héros, j’aurais peut-être attendu avant de me le procurer, voire oublier volontairement son existence. Pas que je n’aime pas les super-héros, mais je pense qu’on est assez servis avec Marvel et DC de ce côté entre blockbusters et séries télé (la preuve : dans les semaines à venir, sortie du troisième volet de Thor et de Justice League).

Néanmoins, il est rare dans ce genre de récit de laisser la place à une femme, une super-héroïne en puissance. Et Wonder Woman est encore plus que cela puisqu’elle est élevée au rang des immortels. Bref, lorsque j’ai vu quel personnage phare Leigh Bardugo avait choisi pour son livre, j’ai été tout de suite emballée, surtout lorsque l’on connaît un peu les origines du personnage.

Née de la reine Hippolyta et de la glaise sur l’île de Themyscira, sanctuaire crée et offert par sept grandes déesses grecques à la reine des Amazones, Diana est la seule à ne pas avoir encore fait ses preuves. Chacune de ses sœurs sont nées humaines et ont montré leur bravoure et leur férocité sur le champ de bataille. Mortes au combat, les déesses leur ont offert alors l’immortalité en devenant des Amazones et en les invitant à se réfugier sur l’île où les préoccupations humaines ne sont plus de leur ressort. Âgée de dix-sept ans, Diana désire également montrer toute sa vaillance et son courage même si certaines de ses sœurs n’acceptent pas sa nature-même. La jeune Amazone sait qu’elle est vouée à un destin qui lui permettra de se révéler, elle le sent.

Néanmoins, elle ne s’attendait pas, lors d’une compétition, à apercevoir l’épave d’un bateau ayant franchi la limite magique qui divise le monde des Amazones à celui des humains. Malgré quelques hésitations, Diana ne peut taire son envie de comprendre les raisons de ce naufrage et de savoir si une vie humaine peut être sauvée. Et c’est lorsqu’elle rencontre Alia, cette jeune fille dans les décombres du bateau, qu’elle va comprendre le message que lui envoient les déesses. Elle sait qu’elle doit aider l’humaine à quitter l’île mais qu’elle doit également sauver le monde. Car la Pythie l’a prévenu : Alia est une descendante d’Hélène de Troie, une Warbringer, héritant d’une malédiction qui apporte discorde tout autour d’elle.

Avec un délai assez restreint, les deux filles vont devoir se rendre en Grèce sur la tombe de l’ancêtre grecque afin de conjurer le sort qui plane sur les humains et sur Alia. Mais il n’est pas facile pour cette dernière de croire aux prophéties et autres croyances de la guerrière face à elle. Le périple va alors se révéler long mais souvent accompagné d’humour, passant de New York à la Grèce. Ce voyage est alors le meilleur moyen pour Diana de découvrir la société humaine et ce qui la fait vivre et de s’affirmer elle-même loin du rabaissement qu’elle subit avec certaines de ses sœurs. Mais les hommes sont-ils irrécupérables ou peuvent-ils répondre à des valeurs louables et désintéressés ?

L’Amazone ne sera pas au bout de ses surprises, ses leçons théoriques étant assez loin de la réalité-même. Le style dynamique de l’auteure, malgré quelques moments de flottement ou de lenteur, permet de suivre rapidement les aventures des deux personnages féminins. J’étais aux anges lors de la découverte de Thémyscira et de la vie des Amazones moi qui adore les récits mythologiques. L’auteure distille quelques noms et histoires concernant les dieux grecs qui peuvent donner envie d’en apprendre davantage en faisant ses propres recherches de son côté.

Mais en ce qui concernait les humains, Diana ne pouvait pas se fier à son instinct. Ils avaient un don pour le mensonge et la mystification. Parmi eux, l’Amazone avait l’impression d’évoluer dans une obscurité entrecoupée de rares et brefs scintillements de clarté. Entre deux illuminations, elle titubait.

Il est vrai que j’ai été moins emballée par tout ce qui se passait à New York. Revenue dans son habitat naturel, Alia n’est plus dans l’urgence de la situation et redevient une adolescente normale avec des préoccupations d’adolescente. C’est principalement ce côté jeunesse qui m’a le plus dérangé, accentué par les personnages de Nim et de Théo, amis d’Alia, qui permettent de former une bonne bande de potes mais qui sont, en particulier Théo, souvent immatures.

Heureusement, Diana et Jason, le frère d’Alia, apportent un peu de maturité même si ce jeune adulte de vingt et un an est souvent là pour être en contradiction avec sa sœur ou avec Diana. Les tracas des cinq personnages ne m’ont donc pas paru de la plus haute importance dans la ville qui ne dort jamais. Cependant, dès que cette joyeuse bande s’envole pour la Grèce, je n’ai presque plus réussi à lâcher le livre. Chacun y met du sien et on ressent parfaitement l’urgence de la situation face aux changements de comportements liés au temps qui s’égrène rapidement avant qu’Alia devienne une vraie Warbringer. Les situations s’enchaînent avec facilité et avidité, certaines étant néanmoins parfois un peu trop facilement résolues.

Mais la fin arrive à se révéler surprenante d’un certain point de vue et ne laisse nullement un goût d’inachevé. Diana est une véritable héroïne avec des valeurs fortes et louables et son amitié naissante avec Alia est plaisante à découvrir. Les deux jeunes filles créent un lien étroit tout au long de ce périple ce que j’ai particulièrement apprécié, l’auteure n’essayant pas de mettre l’accent sur une histoire d’amour mais plutôt sur une histoire d’amitié. Je suis donc contente d’avoir découvert ce que Leigh Bardugo peut produire en dehors de sa duologie phare. Il ne me reste plus qu’à attaquer le second tome de Six of crows et d’attendre un nouveau roman (car apparemment celui-ci ne serait pas le seul de la lignée).

La mère de Diana l’avait avertie que le Monde de l’Homme regorgeait de places et de statues commémorant les victimes de leurs atrocités. « Ils empilent les pierres, forgent le fer et jurent de ne pas oublier, lui avait-elle expliqué. Mais ils oublient quand même. »

J’ai adoré tout ce qui a attrait aux origines de Diana, nourries de mythologie grecque et de l’histoire des Amazones, et sa quête au côté d’Alia et de ses amies dans notre Grèce contemporaine. J’ai par contre moins accrochée à l’axe jeunesse voulu et assumé et aux passages plus lents à New York.

De la même saga

  • Batman : Nightwalker (2018) de Marie Lu
  • Catwoman : Soulstealer (2018) de Sarah J. Maas
  • Superman : Dawnbreaker (2019) de Matt de La Peña

De la même auteure

  • Le Chant des ronces : Contes de minuit et autres magies sanglantes (2017)
  • The Severed Moon : A year-long journal of magic (2019) (VO)

Grisha

  • Les Orphelins du royaume tome 1 (2012)
  • Le Dragon de glace tome 2 (2013)
  • L’Oiseau de feu tome 3 (2014)
  • The Demon in the wood tome 0,1 (2014) (VO)

Six of crows

Alex Stern (VO)

  • Ninth house tome 1 (2019)

Nikolai duology

  • King of scars tome 1 (2019)

11 commentaires sur « Wonder Woman : Warbringer, Leigh Bardugo »

  1. Je suis en train de le lire ! (du coup, j’ai lu que ta conclusion pour pas me faire influencer) pour le moment c’est sympathique, ça me fait penser à Percy Jackson les influences mythologiques, la quête et comment c’est écrit ^^
    ~Kara

    Aimé par 1 personne

    1. Je n’ai pas lu Percy Jackson mais c’est sûr que le thème doit se ressembler avec la mythologie grecque. Je suis contente que ta lecture te plaise. J’ai été parfois dérangé par l’axe jeunesse bien marqué mais ça a été une bonne lecture.

      Aimé par 1 personne

    1. Ça ne peut pas plaire à tout le monde ^^ Moi j’ai beaucoup apprécié le film DC de cette année sur elle et comme je suis très intéressée par la mythologie, j’étais intriguée par la manière dont allait l’utiliser Leigh Bardugo. Et ça m’a plutôt convaincu même si j’aurais apprécié que les personnages soient un peu plus mûrs.

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