Les Aventuriers de la mer – Le Vaisseau magique tome 1, Robin Hobb

Les vivenefs sont des vaisseaux magiques attachés par des liens empathiques à la famille qui les possède. Ces navires insaisissables bravent les tempêtes, évitent les récifs, distancent les monstres marins, sèment les pirates… et font l’objet de toutes les convoitises. Le capitaine de la Vivacia, Ephron Vestrit, se meure. Parmi les siens, chacun ourdit complot et trahison pour s’approprier son vaisseau, car une vivenef ne se transmet pas comme un legs ordinaire. Pendant ce temps, d’autres dangers se profiles à l’horizon : les serpents de mer qui infestent les océanes se regroupent, et un ambitieux pirate aspire à unir ses pairs sous un seul pavillon : le sien.

 

AVIS

 

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Celui qui craint ce qui risque d’advenir perd le moment qu’il vit par peur du suivant, qu’il empoisonne par ses préjugés.

Certains me diront que je suis loin de faire les choses dans l’ordre. Oui, Robin Hobb est particulièrement reconnue pour L’Assassin royal qui connait un nombre incalculable de fans, mais que voulez-vous, ce n’est pas le cycle de l’auteure qui me faisait le plus envie. Car après des sagas tels que Le Trône de fer, La Couronne des 7 royaumes ou encore Le Puits des mémoires, je voulais découvrir quelque chose de différent qui me mènerait par-delà les océans. Même si je n’en lis pas souvent de peur le plus souvent d’être déçue, j’ai un faible pour les récits d’aventure au sein d’un univers marin et/ou de piraterie (si vous en avez à me conseiller, je suis preneuse !). Et après tout ce que j’ai pu lire à propos de Robin Hobb, je m’attendais à faire face à un univers développé à souhait avec des personnages bien construits avançant vers de réels enjeux. Je n’ai nullement été déçue ! Mais avant de continuer, je précise que je lis en suivant le découpage français : le premier tome de 950 pages a été scindé en trois tomes d’environ 350 pages chacun, et c’est bien du premier tome découpé dont je vais parler ici.

Ce premier tome est alors une véritable introduction à la saga, ne proposant pas beaucoup d’actions mais surtout une contextualisation géographique et historique avec la colonisation des Premiers Marchands sur les Rivages maudits. Terriville a été le lieu du réel essor de ces premières familles fondatrices de la ville et de ses alentours. Mais le nouveau Gouverneur Cosgo laisse peu à peu affluer la nouvelle vague de commerçants venus dans cette ville exclusivement pour s’enrichir. La vie sur la terre ferme devient alors de plus en plus difficile, les Premiers Marchands connaissant pour certains une difficulté à contenter leurs dépenses avec le travail sur leurs propriétés. La famille Vestrit en connait les frais. Comme les femmes d’une époque maintenant révolue, Ronica Vestrit tient à elle seule les rênes de ses biens terrestres. Depuis que son mari, le capitaine Ephron, est alité auprès d’elle, la succession devient peu à peu un sujet auquel il faut se confronter. Et le choix le plus complexe à faire sera bien celui du prochain propriétaire de la Vivacia. La magie s’est appauvrie avec les siècles mais ne cesse de faire des prouesses principalement par le biais du bois-sorcier, qui peut prendre vie si on le manie de la bonne manière. Chaque famille de Marchands possède une vivenef fait de bois-sorcier et donc doué de vie. Cependant, c’est seulement après la troisième génération de la famille de Marchands qu’elle pourra se réveiller et faire preuve de toute sa superbe et de son efficacité lors de la navigation en mer. La Vivacia est fin prête pour son réveil, devant encore attendre la mort d’Ephron Vestrit pour ouvrir les yeux. Mais à son bord, elle a pu depuis des années se lier étroitement à la deuxième fille Vestrit, Althéa, cette dernière désirant pour la suite de son existence le commandement de cette vivenef après la mort de son père.

La dernière marée haute l’avait presque atteint. Parfois, il rêvait d’une gigantesque tempête qui l’enlèverait du sable et des rochers pour le remmener en mer, ou mieux encore, qui le soulèverait, puis le fracasserait sur les cailloux, le réduirait en planches, en poutre et en morceaux d’étoupes que les vagues et les vents éparpilleraient à leur guise. Il se demandait alors si cela lui apporterait l’oubli ou bien s’il continuerait à vivre sous la forme d’un bout de bois-sorcier sculpté, dansant pour toujours sur les vagues.

Seulement, alors que le capitaine se révèle de plus en plus malade, il donne les rênes à son beau-fils Kyle Havre qui voit d’un mauvais œil la présence d’Althéa sur ce bateau. La jeune fille devra faire preuve de sang-froid et de maturité afin de faire valoir ses droits. Mais Althéa se montre par trop souvent impétueuse, imprévisible et impulsive. Le lecteur comprend ses choix et ses éclats sans pouvoir, comme elle, en inverser le cours des choses. De son côté, Brashen Trell, marin sur la Vivacia et très loyal envers son capitaine, est prêt à tenir sa promesse même si elle ne l’enchante guère : prendre soin de la jeune Vestrit. Doté auparavant d’un avenir tout tracé avec un titre et un héritage, cet homme bourru a choisi de les troquer contre la vie en mer. Nous n’en découvrirons pas la raison dans ce tome mais il me tarde d’en apprendre davantage sur ce personnage, tout comme sur le Parangon, vivenef laissée à l’abandon et perçue comme maudite pour les habitants de Terrilville et dont la mémoire s’est étiolé au fil des années, et aussi sur ce pirate tant redouté qu’est Kennit. Ne le rencontrant que très peu pour le moment, ce capitaine impitoyable intrigue et dévoile déjà toute son intelligence et sa convoitise du pouvoir. Pragmatique et fin stratège, il connait les risques de sa combine et prend en compte le temps qu’il faudra pour en dérouler toutes les ficelles. Mais être pirate, n’est-ce pas toujours parier sur sa propre vie ?

Même en manquant à quelques moments d’un certain dynamisme, j’ai été totalement envoûtée par le panorama que nous propose Robin Hobb dans cette première partie. L’univers marin est très bien amené et développé, nous intéressant autant aux honnêtes équipages, qu’à ceux faisant du traffic d’esclaves ou perpétrant des actes de piraterie. La magie se superpose parfaitement bien à tout le folklore et les légendes autour des Rivages maudits et de sa population. L’importance de certains protagonistes se dessine déjà, nous proposant de voyager à plusieurs points de la carte sur la terre et et la mer. J’ai déjà mes petites préférences au niveau des personnages et j’attends avec avidité d’en apprendre davantage sur eux, tout comme d’autres qui m’intriguent beaucoup comme Hiémain ou encore Kyle Havre que je n’arrive pas complètement à cerner. Cette première mise en bouche n’a réussi qu’à me donner envie de me plonger rapidement dans la suite et d’en découvrir davantage sur les secrets et mystères autour de ces diverses histoires passionnantes.

Le temps s’écoule d’un même courant et s’emmêle quand on est aveugle et isolé.

 

CONCLUSION

C’est une passionnante introduction au sein des Rivages maudits avec les aventures de différents personnages très intéressants et bien développés. L’univers magique et marin se mélangent très bien, l’auteure sachant parfaitement manier la plume et rendre son récit captivant.
18/20

 

DE LA MÊME SAGA

  • Le Navire des esclaves tome 2 (1998) 19/20
  • La Conquête de la liberté tome 3 (1998) 19/20
  • Brumes et tempêtes tome 4 (1999)
  • Prisons d’eau et de bois tome 5 (1999)
  • L’Éveil des eaux dormantes tome 6 (1999)
  • Le Seigneur des Trois Règnes tome 7 (2000)
  • Ombres et flammes tome 8 (2000)
  • Les Marches du trône tome 9 (2000)

DE LA MÊME AUTEURE

  • Le Dernier Magicien (1985)
  • Le Dieu dans l’ombre (1991)
  • Alien earth (1992)
  • La Nuit du prédateur (1992) co-écrit avec Steven Brust
  • L’Héritage et autres nouvelles (2011)
  • Liavek (2014)

Ki et Vandien

  • Le Vol des harpies tome 1 (1983)
  • Les Ventchanteuses tome 2 (1984)
  • La Porte du Limbreth tome 3 (1984)
  • Les Roues du destin tome 4 (1989)

Le Peuple des rennes

  • Le Peuple des rennes tome 1 (1988)
  • Le Frère du loup tome 2 (1988)

L’Assassin royal

  • L’Apprenti Assassin tome 1 (1995) 19/20
  • L’Assassin du roi tome 2 (1996) 17/20
  • La Nef du crépuscule tome 3 (1996) 19/20
  • Le Poison de la vengeance tome 4 (1997)
  • La Voie magique tome 5 (1997)
  • La Reine solitaire tome 6 (1997)
  • Le Prophète blanc tome 7 (2002)
  • La Secte maudite tome 8 (2002)
  • Les Secrets de Castlecerf tome 9 (2003)
  • Serments et deuils tome 10 (2003)
  • Le Dragon des glaces tome 11 (2004)
  • L’Homme noir tome 12 (2004)
  • Adieux et retrouvailles tome 13 (2005)

Le Soldat chamane

  • La Déchirure tome 1 (2005)
  • Le Cavalier rêveur tome 2 (2005)
  • Le Fils rejeté tome 3 (2006)
  • La Magie de la peur tome 4 (2006)
  • Le Choix du soldat tome 5 (2006)
  • Le Renégat tome 6 (2007)
  • Danse de terreur tome 7 (2007)
  • Racines tome 8 (2007)

La Cité des Anciens

  • Dragons et Serpents tome 1 (2009)
  • Les Eaux acides tome 2 (2009)
  • La Fureur du fleuve tome 3 (2010)
  • La Décrue tome 4 (2010)
  • Les Gardiens des souvenirs tome 5 (2012)
  • Les Pillards tome 6 (2012)
  • Le Vol des dragons tome 7 (2013)
  • Le Puits d’Argent tome 8 (2013)

Le Fou et l’Assassin

  • Le Fou et l’Assassin tome 1 (2014)
  • La Fille de l’assassin tome 2 (2014)
  • En quête de vengeance tome 3 (2015)
  • Le Retour de l’assassin tome 4 (2015)
  • Sur les rives de l’Art tome 5 (2017)
  • Le Destin de l’assassin tome 6 (2017)

13 réflexions au sujet de “Les Aventuriers de la mer – Le Vaisseau magique tome 1, Robin Hobb”

  1. Je suis assez fan du travail de Hobb depuis pas mal d’années maintenant et, si L’Assassin Royal reste ma série favorite, j’avais beaucoup aimé Les Aventuriers de la Mer. J’espère que la suite te plaira tout autant ! Le désavantage du découpage français est que certains tomes peuvent paraître assez « vides » ou du moins ne pas faire avancer beaucoup l’histoire, alors que cela devait mieux s’intégrer au rythme de la trilogie d’origine, je suppose. Je pense que la sensation doit être assez différente en fonction de la version qu’on lit ! Il faudrait que j’essaye en vo un de ces quatre !

    Aimé par 1 personne

    1. Je suis d’accord avec toi, je pense que la différence de rythme entre les découpages rend la lecture assez différente. Après, je lis en fonction du découpage français parce que j’ai souvent du mal à lire en un coup les romans fanrasy en semi-poche chez J’ai lu même si j’adore ce que je lis. Je vais vite me plonger dans la suite !

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    1. Il faut encore que je découvre les deux autres sagas mais elles me font très envie surtout L’Assassin royal. Et oui, j’ai découvert après avoir lu ce premier tome que toutes les histoires étaient liées donc je ne sais pas s’il y a un « ordre » de lecture, je vais me renseigner…

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