Note : 4.5 sur 5.

Greg Stillson, candidat à la Maison-Blanche, est un fou criminel, grand admirateur de Hitler et d’autres maniaques de l’extermination. Quand il sera élu, ce sera l’Apocalypse. Un seul homme le sait : John Smith, car il est doué d’un étrange pouvoir qui lui attire pas mal d’ennuis, il devine l’avenir. Il n’y a rien de réjouissant à cela. Il peut prévoir les accidents, les catastrophes, les hécatombes. On ne le croit pas, ou alors on le croit trop. John Smith n’a encore rien dit de ses prémonitions. Pourtant, le candidat à la présidence des Etats-Unis est un dément.Que fera John Smith pour son pays ?

Stillson devait connaître le rire du tigre. Il avait en quelque sorte perfectionné les règles du jeu. Sous la peau du tigre, un homme, oui ! Mais dans l’homme, un fauve.

Cela faisait bien longtemps que je ne m’étais pas plongée dans l’univers dense et parfois effrayant de Stephen King. Plus habituée par ses récits fantastiques et terrifiants, j’avais envie cette fois-ci de le découvrir dans un autre genre qui néanmoins se lie facilement avec ce que l’auteur fait habituellement : le thriller fantastique. Dead zone m’aura fait ressentir différentes sensations : du stress, de l’émotion, de la compréhension pour le personnage principal et pour tout ce qu’il traverse mais aussi une grande attente.

Car, il faut que je soulignes dès le début. Si vous êtes tentés par Dead zone, ne vous fiez pas à la quatrième de couverture. Ce que l’on en découvre ne se réfère qu’à la dernière partie de l’œuvre, ce qui est plutôt dommage car, à cause de cela, je suis restée dans l’expectative pendant une bonne partie de ma lecture. La tentative de Johnny Smith d’arrêter ce nouveau candidat aux présidentielles américaines n’est presque que secondaire puisque l’intrigue se consacre presque essentiellement au personnage-même de Johnny qui, après un accident de voiture va rester pendant des années dans le coma.

Lui qui était déjà d’un naturel chanceux se réveille alors avec une nouvelle faculté qui va impressionner et terrifier les personnes autour de lui. Car, que vous le croyez ou non, Johnny Smith est bien capable dorénavant de prédire l’avenir. Par un simple toucher, il peut saisir en un instant le futur immédiat ou plus lointain d’une personne. Grâce à cette nouvelle faculté, il va rapidement devenir célèbre et va alors devoir réussir à reprendre le cours de sa vie zigzaguant autour des nombreuses lettres et colis qu’il reçoit.

Certains le perçoivent comme un messager de Dieu, d’autres comme un vulgaire charlatan. Mais Johnny ne cherche absolument pas la gloire, l’ombre lui convenant parfaitement. Seulement, toute cette attention devient parfois terrifiante, l’opinion publique régie par les médias étant rapidement changeante. Un jour on adore Johnny, le lendemain on le déteste. Heureusement, le nouveau médium est peu intéressé par son image publique. Il est beaucoup plus prompt à reprendre sa vie en main après quatre ans et demi d’absence. Les choses ont changé, les gens ont changé et Johnny ne peut alors qu’être le spectateur de ces évolutions produites sans lui. La vie de ses parents et de sa petite amie Sarah a continué alors que lui ne pouvait y participer.

La reconstruction physique et psychologique de cet homme est véritablement au centre de ce roman. Il est difficile de ne pas s’attacher à ce personnage touchant et plein de bon sens. On le suit avec une grande facilité dans toutes ses nouvelles aventures qui vont le conduire parfois à prendre part à des affaires délicates comme une affaire de meurtre ou sa tentative d’éviction de ce nouveau participant indépendant aux présidentielles. Greg Stillson est la voix du peuple, celui qui n’a pas peur de lancer des bombes dans ses discours pour gagner l’attention de tous.

Alors que beaucoup ne le voient que comme un fanfaron, tout le monde est surpris de le voir monter si vite les échelons et réussir à gagner toujours davantage le cœur de ses électeurs. Arriviste et sans foi ni loi, Greg Stillson n’hésite pas à employer la manière forte utilisant chantages, pots de vins et menaces afin d’être sûr d’être amené à gouverner. Au second plan, on le découvre néanmoins à quelques moments significatifs de sa vie qui nous feront comprendre bien avant Johnny Smith le caractère sadique et pervers de cet homme.

On ne peut alors qu’être entièrement derrière le medium afin d’arrêter ce malade capable d’envouter les foules pour que l’horreur ne s’abatte pas sur les États-Unis. Cinquième roman de l’auteur publié en 1979, je comprends que certains le conseillent pour commencer l’aventure dans la bibliographie de Stephen King. Dense, alliant thriller politique, fantastique et romance, il offre des thèmes intéressants et bien développés autour d’un personnage principal attachant et sympathique.

Personnellement, je préfère lorsque Stephen King choisit de mettre en avant toute une ville, explorant minutieusement ses lieux et ses habitants comme dans Salem ou Dôme, mais ce roman-ci ne s’attachant particulièrement qu’à un personnage est très convaincant. Malheureusement, la quatrième de couverture promet un véritable thriller alors que Dead zone s’intéresse principalement à l’évolution de son protagoniste principal.

Un jour de la fin novembre, alors qu’il avait trouvé la boîte aux lettres vide, Johnny, en revenant à la maison, se souvint qu’Andy Warhol avait pronostiqué que le jour viendrait où chacun en Amérique, durant sa vie, serait célèbre pendant un quart d’heure. Son quart d’heure venait de s’achever, et personne n’en était plus heureux que lui

Un très bon thriller fantastique où l’action, la romance et l’intrigue politique se marient très bien. Stephen King est toujours aussi doué pour passionner son lecteur et créer une charge émotionnelle toujours plus forte. Dommage que la quatrième de couverture soit quelque peu trompeuse.

Du même auteur

Salem (1975)
Shining (1977)
Rage (1977)
Jessie (1992)
Rose Madder (1995)
Gwendy et la Boîte à boutons (2017)
Élévation (2018)

Ça
tome 1 (1986)
tome 2 (1986)

Dôme
tome 1 (2009)
tome 2 (2009)

La Tour sombre
Le Pistolero tome 1 (1982)

9 commentaires sur « Dead zone, Stephen King »

  1. C’est souvent le cas avec les 4èmes de couverture françaises pour Stephen King. Joyland par exemple ne correspond absolument pas à son résumé. Cette mise en garde faite, je vais donc zappé le résumé et me fier à ton avis qui m’a donné très envie de découvrir ce personnage.

    Aimé par 1 personne

    1. Tant mieux si je t’ai donné envie. Je ne sais pas à quoi pensent les éditeurs français pour faire ce genre de quatrièmes de couvertures qui ne correspondent pas à l’essence même du livre. C’est dommage parce que je me suis fait avoir mais heureusement ça ne m’a pas empêché de passer un très bon moment.

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