Note : 3.5 sur 5.

Personne ne l’a vue venir. La Grande Tempête : un ouragan de vent et de neige qui plonge le pays dans l’obscurité et l’effroi. D’étranges éclairs bleus rampent le long des immeubles, à la recherche de leurs proies, qu’ils tuent ou transforment… Après leur passage, Matt et Tobias se retrouvent sur une Terre ravagée, différente. Désormais seuls, ils vont devoir s’organiser. Pour comprendre. Pour survivre… à cet Autre-Monde.

La première fois que Matt Carter fut confronté à une sensation « d’anormal », c’était juste avant les vacances de Noël. Ce jour-là, il aurait dû se douter que le monde ne tournait plus rond, qu’il allait se produire quelque chose de grave.

Ne le connaissant qu’à travers La Trilogie du mal, j’ai souhaité découvrir en fin d’année la saga fantastique et jeunesse de Maxime Chattam dont j’entends beaucoup de bien depuis un bon moment. Me voilà alors lancée dans l’inconnu sans savoir ce que je vais y trouver et sans savoir ce que je vais pouvoir apprécier ou déplorer. Tout comme L’Âme du mal ou In Tenebris, je me suis laissée dès le départ complètement embarquée par le récit. De manière intrigante, L’Alliance des Trois commence simplement en nous présentant deux de ses personnages phares, Matt et Tobias. Avec un autre de leurs camarades, ces adolescents font face à des phénomènes paranormaux particuliers tels que l’apparition d’éclairs bleus ou de fumée.

Des phénomènes météorologiques s’ensuivent, transformant complètement la ville de New York et peut-être plus largement le reste du continent. Le lendemain de la tempête, Matt se réveille seul dans son appartement. Plus aucune trace de ses parents, d’une seule personne dans les rues de son quartier. Décidant alors de partir immédiatement à la recherche de ses amis, il s’aperçoit que tous les adultes semblent avoir déserté les lieux laissant la ville en proie à un silence glaçant et à de nombreux dangers mortels pour les quelques adolescents et enfants encore présents. Matt et Tobias sont bien obligés de faire face à la réalité. Plus aucun adulte n’est présent et les technologies perfectionnées par les hommes semblent s’être évaporées.

Alors que les deux amis cherchent à fuir l’île de Manhattan, tout va être propice à être un danger : des mutants ressemblant à des hommes couverts de pustules et de plis, les animaux reprenant complètement leur instinct sauvage et des échassiers qui recherchent Matt pour le compte d’une créature mystérieuse. Ce New York alternatif devient alors assez monstrueux, étrange, mystérieux.

Avec ce décor tout à fait palpable, l’auteur fait grandement appel à notre imaginaire. Et après quelques temps, voilà que Matt et Tobias rejoignent un groupe de survivants qui a planté son camp au sein d’une île. Cela va être alors l’occasion de découvrir de nouveaux personnages que l’on va pouvoir suivre au fil de l’histoire mais également de discerner peu à peu les causes de ces changements météorologiques qui ont métamorphosé la vie de ces jeunes enfants devant se battre chaque jour pour leur survie.

Ce groupe d’une soixantaine de jeunes adolescents se révèle incroyablement mature faisant face aux événements de manière très réfléchie avec beaucoup d’espoir et de confiance les uns pour les autres. Cependant cette vie en communauté semble beaucoup trop paisible malgré l’âge moyen de ses habitants. Aucune révolte, aucun mauvais travailleur, aucune bagarre depuis l’arrivée de Matt et Tobias, ce qui m’a semblé assez déconcertant. J’ai été gênée de me rendre compte que l’auteur ne s’attachait pas raconter en profondeur cette vie en communauté, la rendant peut-être un peu trop simple, pour s’intéresser davantage au changement génétique des adolescents et à la menace qui est malgré tout présente à l’intérieur de leur campement.

Car un traître semble bien être présent afin de mener à mal les objectifs de ce groupe appelé les Pans. Qui est donc ce traître ? Matt arrivera-t-il à le retrouver avant l’extermination de ses amis ? Et est-ce que ses choix seront propices à un meilleur avenir ? Il est intéressant de voir que les actes des personnages ont des conséquences notamment psychologiques. Particulièrement pour Matt, la violence et la mort touchent les protagonistes, ceci ne restant pas hermétiques à ce qui leur arrivent.

Mais malheureusement, comme pour le fonctionnement de cette communauté, les personnages ne semblent pas être mis assez en avant. Seul Matt est au centre de l’histoire laissant néanmoins de la place pour ses amis Tobias et Ambre. Les personnages secondaires restent alors trop lisses, le lecteur n’ayant pas la possibilité de découvrir leur passé et leur faille alors que Maxime Chattam joue trop sur leur maturité, ce qui leur évite de faire trop d’erreurs. Seul Ambre aura réussi à vraiment me plaire et à m’intriguer dû à sa figure double entre d’un côté sa douceur et son envie d’aider son prochain et de l’autre sa détermination et sa grande force.

Pour moi Dieu est un concept qui sert à rassurer les hommes. À moins d’être autorisé à définir mon propre Dieu, et d’affirmer que Dieu ne serait rien d’autre qu’un mot creux dans lequel mettre toutes nos questions sans réponse, nos prétentions et notre envie d’humilité, finalement Dieu serait la représentation de notre ignorance. Alors là, oui, j’y croirais, mais cela reviendrait à ne croire qu’en notre ignorance.

Carmichael est aussi intéressant pour ce qu’il peut apporter en réflexions sur la nature humaine, sur ses croyances et sur son lien avec la nature. Il expose ses théories et des réflexions bienvenues sur les événements des six derniers mois en interrogeant les adolescents et le lecteur sur plusieurs questions philosophiques, métaphysiques,etc… Les questions sur les causes de cette tempête sont alors continuellement présentes, nous apportant l’idée d’une nature qui se venge face à la destruction de la Terre par l’homme. L’être humain se retrouve alors impuissant face à ces conséquences, lui qui a toujours voulu se croire supérieur à l’univers

Mais pourquoi la nature se déchaîne-t-elle à ce moment précis ? Est-ce que la saga l’expliquera ? C’est une des principales questions qui me reste en tête après la fin de cette lecture. Et cette guerre entre la Nature et l’Homme apporte également une tension dans les nouveaux rapports qu’entretiennent les enfants et les quelques adultes encore présents sur Terre. Ces derniers semblent être devenus fous, en proie à une grande colère dirigée vers les enfants qui semblent être épargnés par cette mère nourricière qu’est la Terre, comme s’ils étaient le tout dernier espoir d’un avenir meilleur.

À l’intérieur de ce roman, de nombreuses références sont également présentes, que ce soit dans la littérature contemporaine avec les contes comme Peter Pan, très important dans la construction de ces nouvelles communautés d’enfants, dans la littérature fantastique et fantasy comme Le Seigneur des anneaux où les romans de Stephen King, ou également dans la littérature antique avec la mythologie grecque fortement présente. Un nouveau vocabulaire se crée alors autour de ces références littéraires en rapport avec ce que vivent les personnages, une manière pour ces adolescents d’appréhender plus facilement leur nouvel environnement hostile.

Finalement, je reste assez perplexe après avoir conclu ce premier tome. J’ai adoré les thèmes et les idées exposés par l’auteur, que ça soit celles sur la nature, ses forces et ses failles, sur la capacité de l’homme à détruire son environnement mais également à réussir à se relever et à créer à partir de rien de nouvelles choses, une nouvelle société sur la croyance ou non un être supérieur, etc…

Mais il m’a manqué à de trop nombreuses reprises un approfondissement au niveau des personnages qui m’ont paru beaucoup trop matures pour leur âge et beaucoup trop inconsistants. On ne sait finalement pas grand-chose d’eux. Je vais rapidement lire la suite espérant que les quelques points négatifs que j’ai pu trouver à ce premier tome soient corrigés dans le deuxième. C’est alors une lecture en demie-teinte même si je reste tout de même plutôt satisfaite par l’introduction de cette saga jeunesse.

Être ce type de héros ne lui plaisait pas. Pas comme ça. Pas avec ces souvenirs-là d’une gloire qu’il jugeait tragique. Car ce Glouton avait été un homme autrefois. Et Matt ne parvenait pas à oublier qu’il avait tué un homme.

Les réflexions et théories sur la relation qu’entretiennent ensemble l’homme et la Nature sont très intéressantes et percutantes. Les aventures de ces adolescents m’a facilement embarqué même si je reste sur ma faim au niveau des personnages trop lisses et inconsistants.

De la même saga

Malronce tome 2 (2009)
Le Cœur de la Terre tome 3 (2010)
Entropia tome 4 (2011)
Oz tome 5 (2012)
Neverland tome 6 (2013)
Genèse tome 7 (2016)
Ambre tome 0 (2018)

Du même auteur

La Trilogie du mal
L’Âme du mal (2002)
In tenebris (2003)
Maléfices (2004)
La Promesse des ténèbres (2009)

3 commentaires sur « Autre-Monde – L’Alliance des Trois tome 1, Maxime Chattam »

  1. Pour avoir lu toute la série, je peux te rassurer : tu vas en apprendre davantage sur les personnages. Leurs valeurs, leur expérience, leur évolution 🙂

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