Note : 4.5 sur 5.

« Que faisait cette femme sur le bateau ? »
Sébastien est un courtier reconnu de la place boursière parisienne. Malgré une vie d’opulence et de plaisirs, il sombre dans un désenchantement amer. Il décide de se lancer dans un périple maritime, seul à bord de son voilier, jusqu’au jour où une étrange passagère fait irruption. Charmé par cette mystérieuse et séduisante personne dont il ne sait rien, Sébastien est entraîné dans un tourbillon de bonheur et de volupté en contradiction totale avec son univers froid et pragmatique. Deux mondes opposés s’affrontent, révélant de nouveaux espoirs pour ce trader blasé.

Il savait ce qu’il fuyait. Il nourrissait un espoir, mince, chimérique, d’être protégé par les flots. C’était son seul désir.

Tel un roman initiatique, nous suivons Sébastien dans son périple marin à la recherche de lui-même et d’une paix intérieure qu’il peine à trouver à terre. Trader fatigué de son mode de vie et de ce monde des apparences et de l’étalement toujours plus marqué des richesses, il souhaite se retrouver, s’isoler afin de mieux comprendre ce qu’il recherche, ce vers quoi il tend.

Nous prenons alors part à ses observations, ses réflexions, à sa mélancolie et à sa soif de renouveau. Grâce à la plume simple d’Olivier Guérard, que je remercie pour m’avoir proposé son roman, et au personnage principal, nous sommes amenés nous aussi à réfléchir sur le sens de la vie, sur les choix à faire dans notre quotidien pour davantage s’épanouir et laisser davantage de place à l’appel de la simplicité, de la nature, oubliant le plus possible les faux-semblants et l’hypocrisie dans lesquels on peut facilement baigner.

Même si au départ je trouvais Sébastien beaucoup trop extrême dans sa manière de penser au sujet de son mode de vie qu’il quitte, de ses collègues et de cet environnement apparemment néfastes, il est facile de comprendre son point de vue qui l’a poussé à bousculer son quotidien. Et alors que Sébastien pensait rester isolé des autres sur son bateau, le voilà soudain en compagnie d’une mystérieuse inconnue. Qui est-elle ? Que fait-elle ici ? Et pourquoi cette femme l’obsède tant ?

Alors qu’il s’attendait à se poser de multiples questions lors de son voyage, il ne pensait pas devoir face à celles que cette femme va engendrer. En sa compagnie, Sébastien va délivrer sa philosophie de vie qui ne m’a pas été difficile de partager, ce qui m’a fait apprécier de plus en plus le personnage. Le récit garde une part de mystère dont il est agréable de déceler la vérité à la fin du roman. L’Homme à l’amer m’a fait passer un excellent moment de lecture où j’ai pu, à l’instar de Sébastien, m’interroger sur ma propre vie et sur mes attentes et espérances. Laissant place autant à la réflexion qu’à l’émotion, Olivier Guérard réussit à offrir un récit tout en nuances et finesse doté de messages très intéressants à découvrir. 

Il devait partir seul, ne pas longer la côte, et s’offrir corps et âme au grand large. Faire face à l’immensité de la mer pour redevenir petit, faire face à sa férocité pour redevenir fragile, faire face au naturel pour redevenir humain.

Un voyage initiatique sur la mer qui permet au lecteur de s’interroger lui aussi sur le sens de la vie et sur ses choix personnels. L’arrivée de cette femme mystérieuse apporte un brin de mystère agréable au milieu de toute cette réflexion philosophique.

Du même auteur

Elsie Waldon

2 commentaires sur « L’Homme à l’amer, Olivier Guérard »

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s