Note : 5 sur 5.

Pour mettre fin à la tyrannie, Vin a tué le Seigneur Maître.
Mais en essayant de fermer le Puits de l’Ascension, elle a laissé s’échapper une des formes maléfiques de l’Insondable. Depuis, ses Inquisiteurs et les brumes font toujours plus de victimes, tandis que les cendres qui tombent du ciel sont devenues incroyablement lourdes, menaçant d’ensevelir le pays et d’affamer les hommes. Vin et l’empereur Elend Venture espèrent sauver ce qui peut encore l’être. Mais pour cela, ils devront découvrir les derniers secrets du Seigneur Maître : l’ultime cachette d’atium, le plus puissant métal des Fils-des-Brumes, et l’identité du Héros des Siècles.

Fatren plissa les yeux lorsqu’il les leva vers le soleil rouge, caché derrière son voile coutumier de brume sombre. Des cendres noires pleuvaient légèrement du ciel, comme presque tous les jours ces temps-ci.

Cela fait maintenant deux ans que j’ai commencé l’aventure avec cette trilogie fantasy très appréciée. À l’époque, j’étais encore assez novice dans le genre et j’avais quelques réserves au sujet de cette trilogie de 3000 pages. Finalement, dès le premier tome, je me suis laissée totalement embarquée par cet univers fait de brumes et de pouvoirs allomantiques. Les personnages sont parfaitement développés et évoluent toujours entre fatalisme et désir de s’en sortir face aux événements gigantesques qui sont prêts à les engloutir.

Mais Vin et ses amis sont très coriaces et ne sont pas prêts à abandonner sans combattre pour un royaume qui prône l’égalité et la paix. Depuis leur victoire sur le Seigneur Maître, les choses se sont malgré tout empirées avec les brumes qui maintenant planent même le jour et qui tuent la population. Oui, les brumes ne brutalisent plus les humains uniquement dans les légendes et ne semblent pas attaquer au hasard. Vin pensait qu’elles étaient ses alliés mais commence elles aussi à s’en méfier. Et depuis son erreur au Puits de l’Ascension qui a amené Ravage, une entité invincible, à se libérer pour détruire le monde, elle peine à comprendre comment survivre au côté d’Elend et comment sauver leur monde.

Les enjeux sont donc énormes dans ce troisième tome. Alors qu’Elend s’est proclamé Empereur, il tente de rallier chaque dominat pour que tout son peuple survive. Mais depuis la mort du Seigneur Maître, le monde connaît un énorme bouleversement. Chaque ville fonctionne d’une manière différente et n’est pas prête à accueillir pacifiquement les troupes de l’empereur Venture. Au-delà des batailles humaines, Ravage continue de travailler dans l’ombre pour mener à bien son dessein : détruire le monde pour qu’il n’en reste plus rien.

Comment le combattre ? Peut-il être tué ? Peut-on faire confiance aux anciens écrits à l’époque de l’accès au pouvoir du Seigneur Maître ? Vin et les autres le savent, Ravage peut transformer les mots et il est un fin manipulateur. Alors que tout semble perdu, notre bande de joyeux révolutionnaires sont loin de baisser les armes. Chacun se retrouve à voyager à travers les dominats pour la même cause et leur évolution depuis le premier tome est palpable.

Vin et Elend apprennent à accepter leur dualité, l’une entre fille des rues combative et femme de la cour, l’autre entre érudit provocateur, aristocrate refusant les convenances et empereur impartial. Et celui qui prend ici énormément d’ampleur est bien Spectre. Mutique et très en retrait dans la bande initiale de Kelsier, il devient dans Le Héros des siècles un homme courageux et prêt à tout pour sauver les plus faibles.

Tel que Vin au début de la trilogie, il prend conscience de ses forces et de ses faiblesses et accepte de prendre son destin à bras le corps. Les personnages sont toujours marqués par le souvenir et les actions du Seigneur Maître et de Kelsier. Ces deux hommes transformés en dieux flottent tels des fantômes au-dessus de toute cette aventure, et  amènent les protagonistes à réfléchir sur leurs actions et leurs croyances et à se redonner du courage.

elle était devenue femme entre la chute des rois et l’effondrement des mondes.

Ce troisième tome permet également d’en découvrir davantage sur les créations du Seigneur Maître. Après avoir lu Le Héros des siècles, les Inquisiteurs, les koloss et les kandras n’auront presque plus de secrets pour vous. Si les Inquisiteurs sont les moins mis en avant, il est plaisant de retrouver Marsh et de suivre ses tourments intérieurs face à ses remords passés et sa docilité présente sous le pouvoir de Ravage. Les koloss, toujours aussi violents et effrayants, se dévoilent réellement grâce notamment à Humain qui développe un lien particulier avec Vin (même si cela aurait été sympathique qu’il soit davantage présent).

Mais c’est surtout auprès des kandras que Sazed va comprendre quelques secrets de ce monde. Attaché à sa patrie mais conscient de la fin du monde, TenSoon croit en la puissance de Vin et choisit de dévoiler les secrets de son peuple.  Au fil de ce dernier tome, on prend conscience du lien profond entre les trois romans, du travail incroyable de Brandon Sanderson en créant un univers infaillible et des personnages qui évoluent en fonction de leurs épreuves passées. Et après avoir vécu un long moment de siège à Luthadel, ceux-ci sont véritablement confrontés à la guerre, tantôt contre d’autres humains tantôt contre un dieu dont ils apprennent peu à peu les nombreuses forces.

Si la liberté, le courage et la confiance sont au-devant des valeurs des Fils-des-brumes, on ne peut oublier les réflexions religieuses qui prennent ici tout leur sens. Est-il obligatoire de croire en quelque chose de supérieur à soi afin de garder espoir pour un meilleur futur ? Comment croire en un dieu immatériel n’étant plus apparu aux hommes depuis mille ans ? Un homme se comportant de façon héroïque jusqu’à la mort peut-il devenir en devenir un ?

Chaque personnage interagit avec ses réflexions de manière différente et bien personnelle. La chute du Seigneur Maître n’a pas créée qu’un choc économique et politique mais bien aussi idéologique et théologique. Sazed, le Gardien des religions, en vient à être complètement perdu et à ne plus croire en rien alors que la plupart des autres commencent à croire en quelque chose de nouveau.

Le Héros des siècles est, comme ses prédécesseurs, un roman dense, rempli d’aventures et de concepts philosophiques captivants où les protagonistes sont souvent en proie à une profonde introspection. Et c’est peut-être la seule chose qui m’aura dérangé pendant ma lecture. Les personnages ruminent parfois à outrance et reviennent sur les mêmes questionnements et erreurs, ce qui amène l’auteur à créer des redondances et des longueurs qui, selon moi, sont superflues.

Malgré cela, ce troisième tome est indéniablement réussi et il est difficile de se relever après cette fin gargantuesque. Tout est maîtrisé, tout a l’air prévu depuis le début par l’auteur, ce qui ne peut nous rendre que plus amoureux de cette trilogie. La fin de ce roman est terriblement géniale, poignante et haletante. Elle est insoutenable et en même tellement parfaite. Fils-des-Brumes offre un univers incroyable qui incontestablement fait pâlir d’autres romans du genre. Un grand bravo à l’auteur pour réussir à transporter toujours plus haut ses lecteurs et j’espère apprécier tout autant retrouver cet univers dans les aventures de Wax et Wayne.

Et en réalité, il préférait se trouver à l’intérieur de la ville – presque certainement condamnée – plutôt qu’à l’extérieur en train de l’assiéger, et de gagner. Car il savait que le camp des vainqueurs n’était pas toujours le bon.

Une conclusion incroyable et terriblement poignante pour Vin, Elend et le reste de la bande. L’univers et l’intrigue et les personnages sont parfaitement maîtrisé et offrent un troisième roman incroyable et un bouquet final savoureux.

De la même saga

L’Empire ultime tome 1 (2006)
Le Puits de l’ascension tome 2 (2007)

4 commentaires sur « Fils-des-Brumes – Le Héros des siècles tome 3, Brandon Sanderson »

    1. Exactement ! L’auteur n’aurait pas pu faire mieux, j’ai été complètement scotchée par cette fin. Et même si je n’ai pas réussi à lire le livre d’une traite, j’ai adoré cette conclusion.

      J'aime

  1. Moi aussi j’ai adoré cette trilogie 🙂 Je n’ai pas ressenti ces redondances, peut-être étais-je très happée par l’intrigue. J’ai particulièrement apprécié non seulement la fin (!), mais aussi le fait que l’auteur donne toutes les réponses aux questions qu’il nous restait. C’est un vrai plaisir de se balader aussi bien dans cet univers que dans cette intrigue si bien ficelée.

    Aimé par 1 personne

    1. C’est vrai qu’à la fin, il n’y a pas de zones d’ombres, tout a été résolu et c’est un gros plus. J’ai hâte de découvrir si les autres sagas de l’auteur sont aussi travaillées.

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