Note : 4 sur 5.

Daniel Kissling, détective privé sans ambition, vit comme il peut de petits contrats jusqu’au jour où un riche collectionneur lui demande de retrouver une statue extrêmement rare qu’il vient d’acheter et qui n’est jamais arrivée à destination. Daniel, étonné par les moyens que le magnat met à sa disposition, se lance sur les traces du marchand d’art qui devait livrer la statue. De Nice à Londres, de Bangkok à Bali, jusqu’aux plus hauts sommets de l’Hindou-Kouch, les pistes se multiplient, plus étranges les unes que les autres. Pourquoi le marchand d’art laisse-t-il derrière lui des énigmes à son attention ? Pourquoi une Chinoise irrésistible s’attache-t-elle à lui au point de l’accompagner au cœur de l’enfer ? L’ombre de Joseph Conrad plane sur Gandhara. Ceci est l’histoire d’un homme qui apprend à vaincre la peur dans un monde en proie au terrorisme, à trouver la paix alors que la mort peut frapper à tout moment.

Principalement contacté pour des histoires d’adultères, le détective Daniel Kissling va cette fois-ci devoir donner beaucoup plus de sa personne pour résoudre cette nouvelle enquête. Désabusé par sa vie de couple compliquée et son manque d’ambition personnel, l’homme accepte cependant d’aider une ancienne amie à retrouver sa fille. L’affaire se concluant par une victoire, l‘amie en question va louer les capacités du détective auprès d’un riche russe à la recherche d’Alexander Kuntz, un archéologue disparu. Celui-ci est parti sans laisser de traces après avoir conclu avec un accord de vente pour une statue antique. Problème : le russe n’a jamais reçu son bien et la statue est maintenant introuvable comme son propriétaire.

Voyageant aux quatre coins du monde, Daniel Kissling va suivre les pistes afin de retrouver l’archéologue et de récupérer le butin pour le compte du russe. Aidé par Fang Yin rencontrée en Thaïlande, Daniel est déterminé à retrouver le voleur qui a effacé toute trace de son identité jusqu’à devenir un fantôme. Cette enquête va lui permette de sortir de sa zone de confort et de s’interroger sur sa vie personnelle. Il ne s’en doutait pas en acceptant cette nouvelle mission mais le détective va brutalement faire face au fil de celle-ci à ses blocages intérieurs, ceux relatifs à son passé et qui ne lui permettent pas d’avancer. Perdu au milieu d’une vie qu’il ne veut pas, il peine à trouver sa véritable place et à se faire entendre. Sa relation avec sa femme s’est depuis longtemps détériorée et il ne sait comment aider sa moitié avec ses déboires personnels. Sa propre peur constante de l’échec le freine dans son envie de tout balancer derrière lui. Mais cette nouvelle enquête va se révéler être l’électrochoc nécessaire afin que Daniel se pose finalement les bonnes questions et qu’il décide enfin de découvrir celui qu’il veut véritablement être.

Au milieu des réflexions personnelles à propos personnage, le récit nous mène de pays en pays avec facilité grâce à la fluidité de l’écriture et aux descriptions qui nous permettent de s’immerger amplement au sein de l’histoire. Parfois, le roman peut être un peu plus lent dû aux nombreux détails que Richard Canal implante dans son texte mais la plupart du temps, le rythme reste dynamique. Cette enquête à la recherche d’Alexander Kuntz et de la statue se révèle des plus intéressantes grâce principalement aux personnages travaillés, avec notamment un détective en proie au doute et touchant par sa personnalité et par sa manière de réagir aux problèmes qu’il rencontre, à une histoire bien construite et une écriture agréable à découvrir. Je remercie les éditions Séma pour cette lecture.

Avec un personnage principal fort et travaillé, nous embarquons dans cette enquête dynamique et bien ficelée qui nous mène dans différents pays à travers le monde.

Du même auteur

  • Animaméa (1987)
  • Swap-swap (1990)
  • La Guerre en ce jardin (1991)
  • Ombres blanches (1993)
  • Le Cimetière des papillons (1995)
  • La Malédiction de l’éphémère (1996)
  • Les Paradis piégés (1997)
  • Deliora : La Légende des Frahmabores (2006)
  • L’Équilibre du mal (2019)
  • Équinoxe (2020)

4 commentaires sur « Gandhara, Richard Canal »

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