Ça tome 1, Stephen King

Enfants, dans leur petite ville de Derry, Ben, Eddie, Richie et la petite bande du « Club des ratés », comme ils se désignaient, ont été confrontés à l’horreur absolue : ça, cette chose épouvantable, tapie dans les égouts et capable de déchiqueter vif un garçonnet de six ans…
Vingt-sept ans plus tard, l’appel de l’un d’entre eux les réunit sur les lieux de leur enfance. Car l’horreur, de nouveau, se déchaîne, comme si elle devait de façon cyclique et régulière frapper la petite cité.
Entre le passé et le présent, l’enfance et l’âge adulte, l’oubli des terreurs et leur insoutenable retour, l’auteur de Sac d’os nous convie à un fascinant voyage vers le Mal, avec une de ses œuvres les plus amples et les plus fortes.

 

AVIS

Au cours de ces interminables instants pendant lesquels il tâtonnait de sa main droite, à la recherche de l’interrupteur (tandis que sa main gauche étreignait l’encadrement de la porte), la cave lui semblait remplir l’univers. Et les odeurs d’humidité, de poussière et de pourriture se confondaient en une seule, inéluctable, celle du monstre. LE MONSTRE. L’odeur d’une chose sans nom : ça sentait Ça, Ça qui était accroupi, prêt à bondir, une créature prête à manger n’importe quoi, mais particulièrement friande de petits garçons.

 

Après avoir lu une dizaine de romans de Stephen King, je n’en finis pas d’être conquise et époustouflée… Le premier tome de Ça n’est pour le moment pas le livre que j’ai le plus aimé de l’auteur cependant, son univers et son ambiance sont bien ceux que j’ai préféré. Plongé au sein de l’atmosphère étrange, poisseuse, glauque de Derry, qui ne peut frémir et s’inquiéter pour sa vie ? Tous les vingt-sept ans, une ombre monstrueuse semble voiler le ciel de Derry, amenant avec elle les pires conséquences de la cruauté humaine et de la peur. En 1958, c’est le club des ratés qui en fait les frais. Après la mort un an plus tôt de son frère Georges qui précède un bon nombre de disparitions d’enfants, le jeune Bill et ses amis se rassemblent pour tenter de vaincre ce montre effrayant, ce clown cauchemardesque. Grippe-Sou s’est présenté par bien des aspects à Ben, Richie, Eddie, Bill, Beverley, Mike et Stan mais il n’a pas réussi à les avoir. Néanmoins, ce n’est peut-être qu’une question de temps.

En découvrant les prémices de la naissance de ce groupe d’enfants portée par les joies des vacances d’été et le courage et l’innocence enfantins qui vont les pousser à défier Grippe-Sou, le lecteur prend pleinement part au quotidien de ces jeunes. Qu’est-ce qui les effraie le plus ? Quelles sont les stratagèmes de Ça pour emporter avec lui tous ses enfants pour qu’ils viennent « flotter » avec lui ? Et qui est véritablement Ça ? Un homme doté d’une magie extraordinaire et funeste, un fantôme ayant une prise sur le monde réel, une ombre démoniaque ? Malgré les sept cent pages de ce premier tome, ne vous attendez pas à trouver toutes les réponses à vos questions. Car, malgré ces centaines de pages, le lecteur reste finalement dans un flou qui n’est cependant pas désagréable. Ce roman aura été pour le moment le plus descriptif que j’ai découvert de Stephen King.

À de multiples moments, il faut vraiment s’accrocher pour ne pas laisser tomber face au nombre incalculable de détails insignifiants voire parfois inutiles pour l’intrigue. Néanmoins, toutes ces descriptions sont présentes pour une bonne raison. Si j’ai autant aimé Salem ou Dôme, c’est pour une des raisons principales qui se démarquent dans ces romans tout comme Ça : le désir de réalisme dans la fiction au milieu d’un événement fantastique. Tout est effectué pour qu’on puisse entièrement être immergé dans cette ville, en connaître les principaux recoins, afin que les Friches-Mortes, la bibliothèque, etc… n’aient presque plus de secrets pour nous. Et surtout pour qu’en 1984, lors des retrouvailles de nos personnages de 1958 à Derry, on soit comme eux conscients des transformations de cette ville malgré les événements qui semblent se répéter dans une boucle sans fin.

 

C’était un rêve terrible, un rêve merveilleux. Il voulait que ça s’arrête tout de suite, il voulait que cela dure toujours.

 

L’histoire s’alterne donc entre la création du club des ratés en 1958 pour tenter de vaincre Ça, et les retrouvailles de ce groupe vingt-sept ans plus tard afin de tenir leur promesse enfantine de se retrouver à Derry lorsque Ça reviendrait. Adultes, la chance semble leur avoir à tous souri. Animateur radio, écrivain à succès, architecte reconnu mondialement, créatrice dans la mode, tous ceux qui ont quitté Derry ont véritablement réussi leur vie. Aucun traumatisme lié à cet été-là semble les toucher. Et pour cause, depuis leur départ de Derry, tout ce qui touche à cette ville a été dissout de leur mémoire. Il suffira d’un coup de fil de Mike, le seul resté à Derry, pour ramener les fantômes du passé et pour se décider à revenir chasser ce monstre diabolique. Doucement, les souvenirs ressurgissent mais le plus important reste caché : comment ont-ils réussi à battre Grippe-Sou en 1958 ?

Vont-ils réussir à tenir leur promesse et ensemble remettre leur vie en jeu ? Car, ils le savent, retourner à Derry signe sûrement leur arrêt de mort. Pas de retour possible au sein de cette ville ou les pires actions humaines sont perpétrées mais guère reléguées dans le reste du pays. Dans cette ville, le mal rôde insidieusement sans que personne ne fasse quoi que ce soit, comme si la ville était gouvernée par quelque chose de plus grand qui régit les lois de Derry. Pour ceux qui n’ont pas peur de se plonger dans cette atmosphère effrayante et complexe avec au menu de multiples descriptions et instants d’épouvante, allez-y, jetez vous sur cet ouvrage incroyable qui dévoile bien tout le talent littéraire de Stephen King.

 

et il sentait la froideur de Derry, que Derry était dur, que Derry n’en avait rien à foutre que l’on vive ou que l’on meure, que l’on triomphe ou non de Grippe-Sou le Clown. Les citoyens de Derry vivaient depuis longtemps en compagnie de Grippe-Sou sous toutes ses formes… et peut-être, de quelque manière insensé, avaient-il fini par le comprendre. Par l’aimer, par avoir besoin de lui. L’aimer ? Pourquoi pas, au fond ?

 

CONCLUSION

Une immersion totale et parfaitement réussie à Derry où le mal prend la forme des plus grandes peurs des personnages. Après ce premier tome, le doute reste encore entier ce qui donne encore plus envie de lire la suite et de retrouver cette bande sympathique et soudée.

 

DE LA MÊME SAGA

  • tome 2 (1986)

DU MÊME AUTEUR

  • Carrie (1974)

Ce n’est pas celui qui me restera le plus en tête de l’auteur. La relation entre Carrie et sa mère est intéressante tout comme l’évolution de la lycéenne à l’approche du bal mais le récit est finalement très lent.

Ma première lecture du King très déroutante et dont le rythme colle avec l’histoire. Comme les participants de cette marche mortelle, on garde à la lecture cette impression de lenteur avant l’instant fatal au sujet de la survie des personnages.

Dôme

  • tome 1 (2009)

Une première immersion impeccable au sein de cette ville d’Amérique où les coups bas et le mal vont s’amplifier à l’arrivée spontanée de ce dôme enfermant les protagonistes pour le pire. On suit beaucoup de personnages avec plaisir et le suspense nous garde en haleine pour découvrir la raison de ce phénomène surnaturel.

La Tour sombre

  • Le Pistolero tome 1 (1982)
  • Les Trois Cartes tome 2 (1987)
  • Terres perdues tome 3 (1991)
  • Magie et cristal tome 4 (1997)
  • Les Loups de la Calla tome 5 (2003)
  • Le Chant de Susannah tome 6 (2004)
  • La Tour sombre tome 7 (2004)
  • La Clé des vents tome 8 (2012)

 

 

11 réflexions au sujet de “Ça tome 1, Stephen King”

    1. Je n’ai pas vu ce film mais j’en ai entendu parler et il a apparemment terrorisé pas mal de monde ^^ C’est vrai qu’en entier, il fait environ 1600 pages, c’est beaucoup surtout que l’histoire est très détaillée. Mais franchement, si tu as aimé l’histoire du film et que tu aimes les livres de Stephen King (ce n’est pas celui que je recommanderais en première lecture de l’auteur), je te le recommande vraiment.

      J'aime

    1. Je te comprends, j’ai ressenti la même chose à certains moments. Il y a des moments où je ne pouvais pas lire plus de 50 pages par jour tellement je trouvais l’histoire lourde avec beaucoup de détails et pas assez d’avancement. Mais globalement ça a été une très très bonne lecture. Mais je vais attendre avant de me lancer dans le deuxième tome ^^

      J'aime

    1. Si tu as parfois du mal avec lui, c’est vrai que ce n’est pas la lecture que je te conseillerais. Il faut parfois se forcer à continuer face aux descriptions à rallonge et au manque d’action. Mais personnellement, ça a été une lecture passionnante et extrêmement immersive.

      J'aime

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s