Note : 4.5 sur 5.

Trois femmes, trois vies, trois continents. Une même soif de liberté. Inde. Smita est une Intouchable. Elle rêve de voir sa fille échapper à sa condition misérable et entrer à l’école.
Sicile. Giulia travaille dans l’atelier de son père. Lorsqu’il est victime d’un accident, elle découvre que l’entreprise familiale est ruinée.
Canada. Sarah, avocate réputée, va être promue à la tête de son cabinet quand elle apprend qu’elle est gravement malade.
Liées sans le savoir par ce qu’elles ont de plus intime et de plus singulier, Smita, Giulia et Sarah refusent le sort qui leur est destiné et décident de se battre. Vibrantes d’humanité, leurs histoires tissent une tresse d’espoir et de solidarité.

La peau de Kamal est un baume, un onguent, un remède au chagrin du monde. […] C’est ainsi, se dit-elle, la vie rapproche parfois les moments les plus sombres et les plus lumineux. Elle prend et donne en même temps.

Malgré tout l’engouement autour de ce roman à sa sortie, le titre ne m’avait pas vraiment inspiré. Je ne m’étais jamais tellement intéressée au résumé pensant à tort que ce livre ne me convaincrait pas avant même de savoir ce que raconte l’histoire. C’est donc après la vague que je découvre La Tresse en lecture audio et je ne regrette pas d’avoir tenté le coup. Je sais déjà que je prendrai plaisir à découvrir le prochain roman de Laetitia Colombani qui, je l’espère, réussira à m’envoûter comme celui-ci.

Smita, Giula et Sarah sont trois femmes au parcours bien différents. L’Inde, l’Italie, le Canada : leur terre natale respective avec leurs traditions et modes de vie différents. Ce qui les réunit : leur soif de liberté, de (sur)vie. Elles ne se rencontreront jamais et ne possèdent qu’un lien infime que seul le lecteur pourra déceler. Nous découvrons alors ces trois vies, ces trois quotidiens, ces trois femmes qui vont devoir se battre avec une force bien à elles afin de surpasser les obstacles posés sur leur chemin.

Smita est une intouchable, une dalit, un rebut de la société réglée sur un système de castes profondément ancré dans son pays. Elle ne pourra jamais prétendre à mieux et finalement, elle s’est fait une raison. Mais par pour sa fille qui peut encore avoir un avenir hors de son village. Giula n’est pas encore totalement une femme mais la révélation autour de l’entreprise familiale va lui donner l’énergie de s’affirmer, de prendre les choses en main. Et puis, il y a Kamal qui prend de plus en plus de place dans sa vie.

Mais comment le faire accepter dans sa famille italienne pure souche ? Sarah, elle, est une avocate émérite et mère célibataire de trois enfants. Tout semble lui réussir jusqu’à cette annonce, ce choc qui va tout renverser, tout balayer. Le regard des autres changent, elle n’est plus perçue comme l’avocate expérimentée et retors. Mais ce n’est pas pour ça qu’elle va se laisser abattre.

Sarah se souvient de cette femme, dans l’ancien cabinet où elle exerçait, qui venait d’être promue associée et qui, à l’annonce de sa grossesse, s’était vue destituée, renvoyée au statut de collaboratrice. C’était une violence sourde, invisible, une violence ordinaire que personne ne dénonçait.

Chacune aura ses épreuves, ses doutes, ses convictions. Laetitia Colombani parvient parfaitement à leur donner cette aura particulière qui, malgré leurs failles et les cailloux coincés dans leurs chaussures, nous permettent de percevoir intensément leur force, leur humanité, leur vitalité. Elles ne sont pas parfaites mais œuvrent pour le même but. Prendre soin de leur famille, s’affranchir de certains dictats, être heureuse dans la vie qu’elles auront choisi et non pas subi.

À bas la stigmatisation, les différences pointées du doigt. Ces trois femmes sont avant tout des êtres humains qui ont le droit de posséder leur propre corps, leur propre croyance, leur propre destinée. Et elles seront prêtes à aller jusqu’au bout afin d’obtenir ce droit qui, malheureusement, n’est pas offert à tous dès le début de notre vie. La Tresse apparaît comme un cri du cœur pour davantage de tolérance et d’acceptation. Et pour ça, cette lecture n’a pu qu’être fabuleuse et touchante.

Smita voudrait tant dire : réjouis-toi, tu n’auras pas ma vie, tu seras en bonne santé, tu ne tousseras pas comme moi, tu vivras mieux, et plus longtemps, tu seras respectée. Tu n’auras pas sur toi cette odeur infâme, ce parfum indélébile et maudit, tu seras digne. Personne ne te jettera des restes comme à un chien. Tu ne baisseras plus jamais la tête, ni les yeux. Smita aimerait tant lui dire tout ça. Mais elle ne sait pas comment s’exprimer, comment dire à sa fille ses espoirs, ses rêves un peu fous, ce papillon qui bat dans son ventre.
Alors, elle se penche vers elle, et lui dit simplement : Va.

Une magnifique lecture qui place au centre de son histoire l’humain avec trois personnages féminins inspirants et incroyablement forts. Un roman sur la tolérance, la persévérance tout en émotion.

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  • Les Victorieuses (2019)

7 commentaires sur « La Tresse, Laetitia Colombani »

    1. Le fait de l’avoir lu en audio, ça m’a porté, je me suis laissée aller à suivre l’histoire sans rien en attendre, c’est peut-être pour ça que je n’ai pas tout vu venir ^^ Mais même si ça avait été le cas, je pense que je n’aurais pas été déçue. C’est surtout la force de caractères des personnages qui m’a plu, particulièrement le caractère de Giula.

      Aimé par 1 personne

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