Note : 4.5 sur 5.

Les Pirates rouges sèment la mort et la désolation dans les Six-Duchés. Le royaume est affaibli et ne dispose que de peu de ressources pour les combattre. Le roi est seul, entouré d’une cour qui intrigue, d’une armée qui doute et… d’un assassin royal. Fitz, le bâtard princier, est devenu une arme redoutable et redoutée. Il maîtrise le Vif – la faculté de communiquer avec les animaux – et devient expert dans l’Art. Guerrier accompli, rompu à toutes les façons de tuer, il personnifie autant la justice du roi qu’il est le chevalier servant du prince Vérité. Mais il est aussi un obstacle pour le prince Royal qui veut accéder au trône, et nombreux sont ceux qui souhaitent sa mort…

Je m’interromps pour nettoyer ma plume ; sur ce mauvais papier, le tracé de mes lettres vague de la patte-de-mouche à la bavure informe, mais je me refuse pour l’instant à coucher mes mots sur du parchemin de qualité : je ne suis pas certain de devoir les écrire. Les écrire pour quoi ?

Ce deuxième tome est inclus dans l’intégrale 1, Première époque.
Voilà un deuxième tome introductif dans la lignée du premier, et peut-être un peu trop d’ailleurs. Après les tristes événements à Jhaampe, Fitz doit faire un choix : décider de ne plus revenir à Castelcerf et défaire son serment fait au roi ou accepter de revenir au château et taire son envie de vengeance contre son oncle Royal. Bien évidemment, Fitz est encore loin d’avoir fini sa formation et d’avoir totalement appris l’art de découvrir et comprendre les nombreuses ficelles de la cour.

C’est alors blessé que le garçon rentre avec Burrich à Castelcerf où il retrouve sa chambre bien vide et les quelques proches qu’ils considèrent comme des amis et une famille. Dame Patience est toujours présente afin d’essayer de parfaire son éducation malgré les tentatives de Royal de gâcher son existence pour ses propres profits. Vérité est maintenant marié à la jeune Kettricken du peuple des Montagnes mais ses devoirs conjugaux sont bien le dernier de ses soucis alors qu’il tente toujours grâce à l’Art de repousser les attaques des Pirates rouges et celles des forgisés qui semblent, sans que personne n’en sache la raison, se réunir vers Castelcerf.

– Tu m’as fait douter de notre amitié, fis-je sans ambages.
– Ah, tant mieux ! Car ne doute pas que d’autres doivent toujours douter de notre amitié si nous voulons rester de redoutables amis.

Le Fou s’occupe du roi Subtil alité par le poids de la vieillesse et de la maladie. Le saltimbanque est alors prêt à dévoiler à Fitz des indices pour la victoire des Loinvoyants mais par ses énigmes, le bâtard, qui détient lui dit-on une place fondamentale dans ce jeu politique, arrivera-t-il à démêler le vrai du faux au milieu de toutes ces métaphores et inepties ? Et Molly, la jeune femme du bourg travaillant sur ses bougies, sera-t-elle assez forte pour faire face aux dangers de la cour ? Car passer du temps avec le Nouveau est anodin, mais avec le bâtard royal ?

Revenant à Castelcerf, Fitz se réadapte à la vie au château en prenant conscience des dangers qui grandissent au fil des ans. Simple bâtard, il est néanmoins un ennemi redoutable pour certains individus hauts placés particulièrement lorsqu’il se montre si proche de Vérité ou qu’il s’enquiert de la santé du roi Subtil qui faiblit. À côté de ça, ses obligations l’amènent à refaire face à ce qu’il est secrètement et ce qui le définit : l’assassin du roi, son arme invisible.

Le voilà donc à courir dans la forêt pour chasser les forgisés et à informer le roi-servant des moindres faits et gestes près de son château. Il trouve également le temps d’offrir sa compagnie à Kettricken, perdue dans cette fonction de reine-servante des Six-Duchés qui ne lui permet pas de se rendre utile comme elle le voudrait, de se lier davantage à Patience malgré ses excentricités, et de créer un lien avec Oeil-de-Nuit, un jeune loup qu’il sauve de la détention et de la famine.

Nous n’avions plus de gouvernail, les vagues nous ballotaient, nous martelaient et les vents nous poussaient à leur gré. Et voici qu’arrive une femme qui prend la barre et indique le cap !

Ce deuxième tome propose de développer davantage les personnages secondaires en mettant en avant Vérité et deux personnages féminins forts : Patience et Kettricken. Chacune d’elle va se révéler d’une manière différente mais incontestable. Les Six-Duchés manquait particulièrement d’une reine, en voilà une qui va rester dans les esprits. Avec toujours un style extrêmement immersif, Robin Hobb nous remet dans le bain avec tout de même un tome contenant encore moins d’action que le précédant. Les descriptions utiles et intéressantes n’en restent pas moins parfois de trop alors que l’on voudrait que l’histoire avance davantage.

Je n’ai aucun regret au niveau des protagonistes que j’ai adoré suivre, notamment Vérité et le Fou comme dans le premier tome, mais qu’en est-il des Pirates rouges ? Je pensais que ce deuxième tome serait plus friand en renseignements de ce côté-là mais je me doute bien que mes attentes seront bientôt comblées dans la suite de la saga. L’Art et le Vif prennent ici une place fondamentale, le premier pour la survie du royaume, l’autre pour celle de notre jeune narrateur.

L’auteure prend beaucoup de temps afin de développer la relation fusionnelle mais également conflictuelle entre Fitz et Loupiot/Oeil-de-Nuit. Tiraillé par son côté animal qui désire prendre parfois le pas sur le côté humain, il peine à trouver la parfaite limite entre les deux. Trop de temps est selon moi apporté à cette partie du récit, amenant à quelques longueurs et répétitions. Mais quel bonheur de se plonger dans cet univers riche et extrêmement bien travaillé ! Un peu moins bon que le premier tome à mon avis, ça ne m’empêche pas d’avoir envie de sauter sur le prochain tout de suite.

C’est vrai, tu n’as pas l’esprit de la meute, mais l’esprit des hommes. […] Ce sont les hommes qui croient pouvoir gouverner la vie des autres sans avoir de liens avec eux. Tu t’imagines que tu peux décider seul si tu dois ou non te lier ? Mon cœur est à moi. Je le donne où je veux.

Un tome dans la lignée du premier qui introduit encore et approfondit les personnages un peu au détriment de l’action. Trop de temps est offert à la relation homme/loup mais c’est toujours un réel plaisir de suivre Fitz à Castlecerf entouré d’amis et d’ennemis.

De la même saga

L’Apprenti Assassin tome 1 (1998) – intégrale 1, Première époque
La Nef du crépuscule tome 3 (1999) – intégrale 1, Première époque
Le Poison de la vengeance tome 4 (2000) – intégrale 2, Première époque
La Voie magique tome 5 (2000) – intégrale 2, Première époque
La Reine solitaire tome 6 (2000) – intégrale 2, Première époque
Le Prophète blanc tome 7 (2003) – intégrale 3, Deuxième époque
La Secte maudite tome 8 (2003) – intégrale 3, Deuxième époque
Les Secrets de Castlecerf tome 9 (2003) – intégrale 3, Deuxième époque
Serments et deuils tome 10 (2004) – intégrale 4, Deuxième époque
Le Dragon des glaces tome 11 (2005) – intégrale 4, Deuxième époque
L’Homme noir tome 12 (2005) – intégrale 4, Deuxième époque
Adieux et retrouvailles tome 13 (2006) – intégrale 4, Deuxième époque

De la même autrice

Les Aventuriers de la mer
Le Vaisseau magique tome 1 (2001) – intégrale 1
Le Navire des esclaves tome 2 (2001) – intégrale 1
La Conquête de la liberté tome 3 (2002) – intégrale 1
Brumes et tempêtes tome 4 (2004) – intégrale 2
Prisons d’eau et de bois tome 5 (2005) – intégrale 2
L’Éveil des eaux dormantes tome 6 (2006) – intégrale 2
Le Seigneur des Trois Règnes tome 7 (2006) – intégrale 3
Ombres et flammes tome 8 (2007) – intégrale 3
Les Marches du trône tome 9 (2007) – intégrale 3

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