Note : 3 sur 5.

Severine, mariée et sérieuse, au hasard d’une coïncidence se découvre attirée près d’une maison close… Des sentiments qui l’étonnent et l’horrifient la saisissent, elle est entraînée dans une spirale fatale.

Pour aller de sa chambre à celle de sa mère, Séverine, qui avait huit ans, devait traverser un long couloir. Ce trajet qui l’ennuyait, elle le faisait toujours en courant. Mais, un matin, Séverine dut s’arrêter au milieu du couloir. Un porte qui, à cet endroit, donnait sur la salle de bains, venait de s’ouvrir.

Auteur français reconnu du XIXème siècle, Joseph Kessel était, pour moi, principalement connu pour son roman Le Lion. Grâce à la Masse Critique Babelio, j’ai pu cependant découvrir cet écrivain par son livre Belle de jour adapté au cinéma en 1967 avec dans le rôle principal Catherine Deneuve. Je ne savais pas tellement dans quoi je me lançais en commençant ce livre audio lu par Audrey Fleurot. La voix de l’actrice m’a immédiatement emportée dans l’histoire malgré un style d’écriture qui n’aura pas toujours réussi à me convaincre.

Séverine est mariée depuis deux ans à Pierre, un médecin parisien réputé, avec qui elle vit une existence calme et rangée dans l’absence presque totale d’érotisme. N’ayant jamais ressenti le plaisir sexuel avec son mari, elle va s’étonner de la tentation de plus en plus grand en elle de se rendre à la rue Virène où se tient une maison de rendez-vous. Effrayée par ce besoin irrépressible de découvrir ce monde qui lui est totalement inconnu, Séverine se laisse prendre presque malgré elle dans cette double vie où la prostitution va l’éveiller à de nouveaux sens. Surnommée Belle de jour, Séverine va prendre conscience du désir charnel, de la condition féminine dans ce genre de lieux, et des envies des hommes qu’elle rencontre et qu’elle se charge d’assouvir.

Elle pleurait sur lui, sur elle, et sur la condition humaine qui divise la chair et l’âme en deux inconciliables tronçons, misère que chacun porte en soi et ne pardonne pas à l’autre.

Seulement, la nouvelle condition de Séverine ne cesse de la hanter à chaque sortie de la rue Virène. À son domicile, ses craintes et ses doutes reprennent le dessus. Que ferait Pierre s’il l’apprenait ? Que penserait-il d’elle ? Et si quelqu’un d’autre s’en apercevait ? Ce personnage féminin qui se laisse totalement porter par ses émotions et par les autres protagonistes m’aura laissé la plupart du temps assez froide.

Constamment apeurée au départ, elle ne sait prendre des décisions franches ou tout simplement s’affirmer. Ses interrogations et ses tergiversations ont apporté une lenteur au récit qui m’a parfois paru plus long que ce qu’il n’est véritablement. Joseph Kessel possède une plume intéressante mais elle n’aura pas réussi à me convaincre soit à cause du traitement de son sujet soit dû à un ton vieillissant.

La transformation de Séverine est tout de même intéressante à suivre, tantôt fragile et incertaine, tantôt fantasmée et hypnotisante. Les autres personnages féminins au sein de la maison de rendez-vous m’ont paru parfois d’autant plus captivants que Séverine mais je n’ai pas eu l’impression qu’ils étaient sous-exploités dans leur rôle secondaire.

La prostitution en maison m’a paru quant à elle souvent idéalisée par l’auteur. Même si le sujet m’ait assez inconnu, je doute que tout se passait ainsi dans le temps. Je ressors donc de cette lecture assez peu convaincue par cette histoire courte mais qui possède un rythme assez lent. Belle de jour m’aura tout de même permis de découvrir Joseph Kessel et je pense que Le Lion pourrait davantage m’intéresser. Merci à Babelio et Gallimard pour cette lecture.

« Ici, tu n’as pas remarqué comme tout est à jour : les maisons, les gens. Ni ombre, ni secret dessein, c’est-à-dire pas de vie.
– Tu es gentil pour moi, dit Séverine en riant, toi qui répètes chaque jour que tu m’aimes pour ma clarté.
– C’est juste. Mais tu es mon vice, répliqua Pierre. »

Malgré la transformation de Séverine qui m’a bien plu par certains côtés, le style, le personnage et la suite de l’histoire m’ont peu conquise.

2 commentaires sur « Belle de jour, Joseph Kessel »

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