Note : 4.5 sur 5.

À Castle Rock, Scott Carey est affecté par un mal étrange. Il perd rapidement du poids tout en conservant extérieurement la même masse corporelle. Avec l’aide du docteur Bob Ellis, il tente de comprendre cet inquiétant phénomène. Parallèlement à cela, Carey a un litige avec ses voisines concernant le chien de celles-ci. Si l’une de ces voisines, Missy, est très amicale, l’autre, Deirdre, est glaciale. Toutes deux essaient de lancer un restaurant mais le fait qu’elles soient ouvertement mariées provoque l’hostilité d’une bonne partie des habitants de la ville. Apprenant leur problème et confronté au sien, Carey décide de les aider à vaincre les préjugés de la population locale.

On sentait le poids, oui – quand on en avait trop, cela rendait traînasson – mais n’était-ce pas principalement, comme le temps, une création humaine ? Les aiguilles de l’horloge, les chiffres de la balance n’étaient-ils pas seulement les instruments d’une tentative de mesure des forces invisibles ayant des effets visibles ? Un faible effort pour circonscrire une réalité plus vaste, au-delà de ce que les simples humaines considéraient comme telle?

Plus intéressée par les premiers romans du maître du roman horrifique et fantastique, j’étais tout de même intriguée par cette nouvelle tout juste publiée par Le Livre de Poche. Merci donc à la maison d’édition et à NetGalley pour m’avoir permis de découvrir cette nouvelle parution qui pourra paraître étonnante pour les amateurs de Stephen King. Ici, point de récit sombre ou effrayant, celui-ci est bien moins tragique que ce que l’écrivain a l’habitude de nous offrir.

Scott Carey, un habitant de la ville imaginaire et mythique de Stephen King, Castle Rock, fait face à une étrangeté bien particulière. Ne comprenant pas ce qui lui arrive, il décide de partager cette bizarrerie avec son ami Bob Ellis, un médecin à la retraite. Celui-ci ne peut que s’inquiéter face à cette pathologie unique : le corps de Scott déroge depuis peu à la loi de la gravité. Il perd chaque jour un demi kilo sans que ça influe sur son apparence. Sans savoir ni la date exacte du commencement du phénomène ni sa cause, Scott, contrairement à ce que l’on pourrait s’attendre, prend la nouvelle avec sérénité.

Plus le temps passe et plus il se sent libre dans son corps et dans sa tête. Le voilà à sortir de sa zone de confort et à oser davantage aller vers les autres comme ses deux voisines mariées qui vivent en face de chez lui et avec qui il n’a jamais vraiment dialoguer. Si les premiers échanges seront conflictuels, Scott pense qu’il peut réussir à arranger les choses et à comprendre le comportement hautain et impulsif propre à une de ses deux femmes, Deedee.

Tout mène là, songea-t-il. À cette élévation. Si c’est ce qu’on ressent quand on meurt, on devrait se réjouir de partir.

Plus enclin à aller vers autrui, Scott se rend peu à peu compte des préjugés auxquels font face ses deux voisines de la part du reste de la ville. Au fur et à mesure qu’il fond sans que sa masse corporelle ne change en apparence, il va alors se donner la mission, à son échelle, d’apporter davantage de tolérance dans cette petite du Maine où les idées conservatrices sont toujours profondément ancrées dans le quotidien de ces habitants.

Élévation se révèle être un message de tolérance et d’acceptation d’autrui mais aussi de sa propre existence. Plus libéré et léger, Scott fait davantage attention à ses propres désirs et à la vie de ses proches amis. La gravité n’aura jamais eu autant de poids dans sa vie que depuis que cet incident s’est imposé à lui. Avec toujours une dose de surnaturel qui ne connaîtra pas d’explication logique, ce qui offre une part de magie à cette courte histoire, Stephen King réussit à nous faire entrer toujours aussi facilement dans son récit qui garde une part de réalisme grâce à des descriptions travaillées propre à l’auteur et à des préoccupations sociales d’actualité dans notre propre société contemporaine.

Quoique le mot heureux fût trop faible : ce qu’il découvrait en explorant les limites ultimes de sa résistance, c’était un autre monde. Tout mène là, songea-t-il. À cette élévation.

Cette courte nouvelle peut étonner au vu de son ambiance beaucoup moins sombre que dans la majorité des autres écrits de Stephen King et ça fait du bien un peu moins d’obscurité et de dangers surnaturels. Tourné vers la tolérance et l’entraide, une part de fantastique est tout de même au centre de cette histoire à la fois amusante et étrange.

Du même auteur

  • Carrie (1974)

Ce n’est pas celui qui me restera le plus en tête de l’auteur. La relation entre Carrie et sa mère est intéressante tout comme l’évolution de la lycéenne à l’approche du bal mais le récit est finalement très lent.

Ma première lecture du King très déroutante et dont le rythme colle avec l’histoire. Comme les participants de cette marche mortelle, on garde à la lecture cette impression de lenteur avant l’instant fatal au sujet de la survie des personnages.

Ça

Dôme

  • tome 1 (2009)

Une première immersion impeccable au sein de cette ville d’Amérique où les coups bas et le mal vont s’amplifier à l’arrivée spontanée de ce dôme enfermant les protagonistes pour le pire. On suit beaucoup de personnages avec plaisir et le suspense nous garde en haleine pour découvrir la raison de ce phénomène surnaturel.

La Tour sombre

  • Le Pistolero tome 1 (1982)
  • Les Trois Cartes tome 2 (1987)
  • Terres perdues tome 3 (1991)
  • Magie et cristal tome 4 (1997)
  • Les Loups de la Calla tome 5 (2003)
  • Le Chant de Susannah tome 6 (2004)
  • La Tour sombre tome 7 (2004)
  • La Clé des vents tome 8 (2012)

10 commentaires sur « Élévation, Stephen King »

  1. Je l’ai lu debut de semaine, et j’ai bien aimé aussi cette nouvelle.
    De fait pas d’horreur, juste une petite dose de fantastique pour raconter une belle histoire humaine.
    J’ai bien aimé le rythme. On entre tout de suite dans le vif du sujet. Cpurt mais efficace.

    Aimé par 1 personne

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