Note : 4.5 sur 5.

Je m’appelle Raphaël, je viens de passer 14 ans de ma vie derrière les barreaux. Avec mon frère, William, et deux autres complices, nous avons dérobé 30 millions d’euros de bijoux. Ç’aurait dû être le coup du siècle, ce fut un bain de sang. Deux morts et un blessé grave. Le blessé, c’est mon frère. Alors, je dois chercher une planque sûre où Will pourra reprendre des forces.
Je m’appelle Sandra. Je suis morte il y a longtemps dans une chambre sordide. Ou plutôt, quelque chose est né ce jour là…
Je croyais avoir trouvé le refuge idéal. Je viens de mettre les pieds en enfer.
Quelque chose qui parle et qui marche à ma place. Et son sourire est le plus abominable qui soit…

Je ne me souviens plus vraiment. On dirait que j’ai enterré ça quelque part, sous des mètres cubes de conscience.
Des images, des mots, des sensations, des odeurs.
Des douleurs.
Rien de précis.
Comme si ça n’était jamais arrivé.
Comme si ça ne m‘était jamais arrivé.
C’est arrivé, pourtant.

Juste une ombre, Jusqu’à ce que la mort nous unisse, Les Morsures de l’ombre, que de romans de Karine Giebel que j’ai dévoré… Quelle idée alors d’attendre aussi longtemps pour finalement lire Purgatoire des innocents ! Il faut dire que les dernières parutions de l’auteure, De force et Satan était un ange – en ne comptant pas Toutes blessent la dernière tue que je n’ai pas encore lu – ne sont pas de la même trempe, selon moi beaucoup moins intenses et surprenants.

Heureusement, j’ai rapidement balayé mes doutes dès le début de Purgatoire des innocents étant une nouvelle fois complètement emportée par le style incisif et dynamique de l’auteure. Nous voilà au milieu de deux histoires bien distinctes qui se réuniront bien assez tôt pour offrir un récit dense et glaçant. Si vous n’aimez pas les thrillers avec violence, torture psychologique et physique, passez votre tour. Ce qui est sûr et à savoir de prime abord, c’est que les personnages vont tous en baver. Les bourreaux et les victimes s’entremêlent sans que l’on sache au bout du compte quels seront les plus féroces d’entre eux.

Raphaël vit dans la criminalité depuis son adolescence et son dernier séjour en prison de plusieurs années ne l’a pas refroidi à l’idée d’un nouveau casse. Emmenant avec lui son frère William et deux autres complices, ce qu’il pensait être un simple et rapide braquage de bijouterie tourne rapidement au bain de sang avec une cliente blessée et un policier abattu.

William touché par balle, les voleurs sont obligés de se terrer pour quelques temps afin de soigner l’un des leurs et de se faire un peu oublier. Ils décident alors de squatter chez Sandra, une vétérinaire sans reproche dont le mari est absent. Pour Raphaël, c’est le jackpot. Envahissant les lieux, leur séjour est fait de repos, d’attentes et de menaces contre la vétérinaire qui ne perd pas une occasion pour tenter de blesser un de ses tortionnaires.

Envie de la prendre dans ses bras, de la protéger.
Envie de lui faire mal, aussi. De lui faire payer quelque chose. Sauf qu’il ne sait pas quoi.
Comme si elle était fragile et sadique à la fois. Aimable et détestable.
Vénérable et féroce.
Qui ne l’est pas, d’ailleurs ?
Raphaël ne se souvient plus vraiment de l’instant fatidique où il a oublié qu’il était vulnérable. Et décidé qu’il serait féroce.

Entre elle et Raphaël, l’atmosphère est immédiatement électrique. Si elle ne réussit pas à sauver William, son frère a été clair, il la tuera. Raphaël pense avoir toutes les cartes en main en pensant être entrer dans la bergerie. Mais lui et ses camarades sont-ils réellement les loups ou des futurs victimes ? Purgatoire des innocents joue avec nos nerfs et avec notre instinct. Car, malgré les apparences, il serait préférable de douter de tout le monde car les victimes ne sont peut-être pas celles que l’on croit. En parallèle, une jeune adolescente de treize ans est sur le point de se faire enlever. Pourquoi elle ? Peut-être n’y a-t-il aucune réponse à cette question. Mais savoir ce que cette personne dans l’ombre pourrait bien faire à la jeune fille, ça on va bientôt le découvrir…

Nous voilà plongés dans ce huis-clos éprouvant où rien se sera laisser au hasard. Karine Giebel frappe encore fort avec ce livre, encore plus qu’avec Les Morsures de l’ombre. Les fantasmes d’un psychopathe régient bientôt la vie de ces personnages en plein purgatoire. Est-ce la seule manière pour eux, car aucun n’est vraiment innocent, de faire face à tout le mal qu’ils ont pu faire ? Mais surtout, y a-t-il un moyen d’y échapper ?

Comme à son habitude, l’auteure n’est tendre ni avec ses personnages ni avec ses lecteurs afin d’offrir un roman psychologique fort et violent. Les liens que tissent les protagonistes entre eux est une part très intéressante de l’intrigue que ce soit entre les victimes, entre les frères Raphaël et William, ou encore entre Raphaël et Sandra tout en ambiguïté et sourde menace. Pour moi, une appréhension pas du tout légitime en ouvrant ce livre, pour vous, un thriller – ou même une auteure francophone – à découvrir si vous aimez pénétrer au plus profond des instincts les plus vils de l’âme humaine et de ses conséquences.

Le moment où rien n’est encore certain.
Le moment du désir, peut-être plus puissant que celui du plaisir. Parce qu’il imagine la jouissance, la sublime, la rend plus forte qu’elle ne pourra jamais être.

Karine Giebel tape encore très fort dans ce huis-clos psychologique, intense et violent où les apparences sont souvent trompeuses. Malgré quelques longueurs, l’évolution des personnages et l’avancée de l’intrigue nous tiennent en haleine.

De la même autrice

Jusqu’à ce que la mort nous unisse (2009)
Juste une ombre (2012)
Satan était un ange (2014)
De force (2016)
Ce que tu as fait de moi (2019)

8 commentaires sur « Purgatoire des innocents, Karine Giebel »

  1. Encore un roman de l’autrice qui a l’air intense, sombre et captivant… Ta chronique donne en tout cas envie de le découvrir même si je réserve cette autrice pour des périodes où j’ai la pêche histoire de ne pas trop déprimer devant la noirceur de l’âme humaine.

    Aimé par 1 personne

    1. Je pense que c’est l’un des romans de l’auteure qui me resta bien en mémoire au vu de l’aspect psychologique et de la torture physique. Karine Giebel exploite à merveille son histoire et ses personnages !

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