Le Dernier Chant d’Orphée, Robert Silverberg

 

On dit qu’il pouvait, par son chant, charmer les animaux et les arbres. Sa voix fit chavirer les sirènes elles-mêmes. Mais son coeur appartenait à Eurydice, et lorsque la mort vint la lui ravir, Orphée se présenta aux portes des enfers, armé de sa seule lyre, afin de reprendre à Hadès l’âme de sa bien-aimée.

 

AVIS

 

Comme tous les mortels, je viens au monde, je souffre et je meurs, mais comme tous les dieux, j’existe depuis le commencement des temps, éternel, immuable.

 

Connu particulièrement pour son Cycle de Majipoor, il me tardait de découvrir enfin Robert Silverberg, un nom bien connu de la littérature de science-fiction. Même si Le Dernier Chant d’Orphée ne doit pas réellement représenter le style de Silverberg, je me suis tout de même dit que ça serait une bonne entrée en matière avec une redécouverte du mythe d’Orphée, étant fan de la mythologie grecque. Je partais donc très confiante et je n’ai pas été déçue même si le style de l’auteur ne m’aura pas marqué. Dans ce court livre, nous partons à la (re)découverte de ce demi-dieu connu pour son talent incroyable et irremplaçable pour la lyre et le chant et pour son destin bien tragique.

Entre son histoire d’amour avec Eurydice le menant à supplier Hadès aux Enfers pour délivrer en vain sa douce de la mort et sa fin des plus violentes, Orphée aura vécu beaucoup de drames. Des drames qui se répètent encore et encore sans que le destin puisse se modifier car étant un demi-dieu, Orphée reste un être immortel, dont l’histoire en tout cas l’est véritablement. Passé, présent et futur se confondent et le libre-arbitre semble inexistant dans ce mode de pensée où les dieux prennent une place primordiale dans la vie de chaque être exceptionnel foulant la terre, enfants des dieux ou héros devenus mythiques.

 

Je savais jusqu’à un certain point ce qui allait se passer mais je n’aurais pas pu intervenir. Cette tragédie devait avoir lieu. Mon destin est d’être l’éternel spectateur des événements de ce genre.

 

Le rôle du destin est alors primordiale dans l’existence d’Orphée qui vit et revit les différents moments de son existence – le Temps formant une boucle qui se répète sans fin – sans qu’il ne puisse ou ne veuille les changer. Orphée accepte sa vie faite de douloureuses tragédies et n’est présent dans ce livre comme narrateur que pour relater les faits à son fils qui est ici son premier auditoire. Il commence son chant par des propos bien philosophiques et poétiques amenant à s’interroger sur le Temps en lui-même, sur la manière avec laquelle il régit la vie de chaque être humain, ou sur les dieux savourant prendre part à des choix ou des rencontres dans la vie d’hommes ou de femmes sur Terre.

Orphée raconte alors en son propre nom son histoire, la naissance de son art avec la lyre dont Apollon lui-même lui fait cadeau, sa rencontre avec Eurydice jusqu’à leur douloureuse double séparation, sa mort par les Ménades déchaînées par leur dévouement à Dyonisos, son tiraillement entre ce dieu frénétique et celui plus posé qu’est Apollon mais également sa traversée aux côtés des Argonautes à la recherche de la toison d’or. Personnellement, je ne me rappelais plus qu’Orphée faisait partie de ce périple où de nombreux héros et demi-dieux se côtoient. Orphée est donc le parfait intermédiaire avec son talent pour la musique afin de parfois calmer tous ces hommes connus pour leur exploit et donc non dénués d’ego.

 

la musique jaillit de moi comme d’une source intarissable, une musique qui existe depuis le commencement des temps et qui durera jusqu’à leur fin, et au-delà jusqu’à l’instant du recommencement.

 

Il est sympathique de suivre les événements du point de vue d’Orphée, on découvre alors une autre face de ces êtres mythologiques tels que Jason prêt à tout pour récupérer la toison d’or et scellant lui-même son destin tragique par son amour pour les femmes. Si vous ne connaissez pas tellement les mythes autour d’Orphée et que vous vous intéressez à la mythologie ou plus spécifiquement à cette figure antique dont les représentations au fil des siècles offre une vaste étendue de son importance dans l’art picturale, sculpturale et littéraire, je ne peux que vous le conseiller.

Si vous êtes déjà un amateur de mythologie grecque, ce livre peut être sympathique pour revenir sur les différents moments de la vie de ce demi-dieu même si ce court livre ne marquera pas forcément les esprits. Malgré une plume poétique et philosophique au début de ce grand monologue, le style devient ensuite plus académique rendant certains passages moins intéressants que d’autres alors que certains thèmes se répètent sans être davantage développés. Je compte tout de même découvrir plus amplement la bibliographie de Robert Silverberg et pour ce qui est de la mythologie en elle-même, j’ai encore Le Chant d’Apollon et Circé de Madeline Miller qui m’attendent dans ma bibliothèque !

 

Ce qui pour l’esprit humain semble paradoxal est le fondement de l’Éternelle vérité des dieux.

CONCLUSION

Sympathique pour en savoir plus sur Orphée ou pour se remettre dans le bain, l’auteur aborde des thèmes intéressants comme le recommencement de tout, la volonté des dieux, etc… sans forcément développer au maximum ses propos. Le style poétique du début laisse malheureusement place à un style plus simple par la suite ce qui n’entache pas totalement la lecture de ce court roman.

2 réflexions au sujet de “Le Dernier Chant d’Orphée, Robert Silverberg”

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