Note : 5 sur 5.

Claire, étudiante anglaise en art dramatique, finance ses études d’une manière peu conventionnel e : elle flirte, pour le compte d’un cabinet d’avocats spécialisé dans les divorces, avec des hommes mariés suspectés d’infidélité. Lorsque la femme de l’un d’entre eux est retrouvée morte, tout change… La police exige de Claire qu’elle utilise ses talents d’actrice pour faire avouer le mari. Dès le début, elle n’est cependant pas sûre du rôle qu’elle doit jouer dans cette mise en scène mensongère, mais elle ne veut pas non plus que les enquêteurs la questionnent sur la nuit du meurtre. Bientôt, Claire se rend compte qu’elle est en train de jouer le rôle le plus mortel de sa vie…

Le jour de leur départ, les clients doivent libérer la chambre à midi.

Suite à mon gros coup de cœur d’il y a deux ans pour La Fille d’avant, je me suis empressée de demander sur NetGalley le nouveau thriller de J.P. Delaney paru en septembre, Mensonge. Je remercie donc les éditions Fayard pour cette lecture qui a encore été passionnante. Si la fin m’aura paru plus précipitée et donc moins savoureuse que dans le roman précédant, Mensonge n’en reste pas moins un thriller savoureux dans lequel l’auteur s’amuse continuellement à nous balader.

Partie d’Angleterre pour retenter sa chance à New York en tant que comédienne, Claire est à tout pour percer. N’ayant pas obtenu son visa, difficile pour elle de monter sur les planches malgré son apparent talent qu’elle démontre lors de son cours prestigieux d’art dramatique. Afin de payer ses études et son loyer, Claire a tout de même trouver un emploi occasionnel où elle peut prouver sa facilité à se plonger dans la peau d’un personnage.

Embauchée par un ancien flic qui travaille maintenant dans un cabinet d’avocats spécialisé dans les divorces, elle travaille en tant qu’appât au détriment de maris adultères. La voilà alors à jouer dans des bars à la femme séduisante et ouverte à l’idée d’une rencontre d’un soir afin de donner assez de preuves à des femmes mariées qui doutent de leurs moitiés. Aucun ne résiste bien longtemps à part l’exception qui va faire basculer la vie de Claire.

En effet, Patrick, professeur de lettres passionné par Les Fleurs du mal, ne semble pas très réceptif à son charme. Pensant avoir affaire à un homme fidèle, Claire s’étonne de la réaction de l’épouse aux antipodes du soulagement. Et lorsque cette femme est retrouvée assassinée dans sa chambre d’hôtel le lendemain, tous les soupçons se posent sur Patrick.

Quand tu portes un masque trop longtemps, tu t’aperçois qu’il te colle à la peau.

Quelques mois plus tard, un inspecteur et une psychologue toujours sur l’affaire demandent alors l’aide de Claire. N’ayant aucun moyen de savoir si Patrick a réellement tué son épouse, elle aura la mission de l’approcher et de découvrir le moindre de ses secrets. Mais Patrick est-il réellement la proie des enquêteurs ? J.P. Delaney insinue le doute autour de cette figure masculine mystérieuse, intense et effrayante mais aussi autour de Claire dont les rêves de grandeur pourraient traduire un besoin pathologique de réécrire la vérité. Qui croire dans ce jeu d’échecs ou chacun cache son jeu et ira jusqu’au bout afin de renverser l’autre ?*

Dans Mensonge, on ne peut que douter, s’interroger continuellement sur la réalité des faits, sur les impressions que l’on ressent, sur ce que la narratrice veut bien nous offrir. Avec une appropriation stylistique des pièces de théâtre au sein même des dialogues et le talent de l’auteur afin de nous faire croire à ses personnages et à son intrigue, on est immédiatement plongés dans ce récit épatant et terriblement intrigant. L’auteur manie ses thèmes avec brio mêlant meurtre, théâtre, poésie, Baudelaire, passion et danger.

L’histoire des Fleurs du mal trouve un parfait écho dans l’aventure folle qu’entretiennent Claire et Patrick. La vie de Baudelaire, de sa Venus Blanche et de sa Venus noire pourraient bien se répéter presque deux siècles plus tard dans cette histoire où fantasme et réalité sont dangereusement mêlés. Déjà épatée par J.P Delaney dans La Fille d’avant, je suis restée hors d’haleine avec ce deuxième roman même s’il est vrai que celui-ci se conclue trop rapidement, j’en voulais encore plus !

Certains ponts, dis-je, peuvent enjamber des océans.

Un deuxième coup de cœur avec cet auteur, ce thriller nous plonge dans une aventure sulfureuse et dangereuse où la vérité se ne trouve pas forcément où l’on s’y attend. L’auteur joue avec nous jusqu’au bout pour que l’on s’interroge sur les desseins et la sincérité des personnages en interprétant de manière très intéressante Les Fleurs du Mal.

Du même auteur

La Fille d’avant (2017)
La Femme parfaite (2020)

6 commentaires sur « Mensonge, J.P. Delaney »

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