Note : 4.5 sur 5.

L’assassinat du docteur Sarton jette le trouble. Qui aurait intérêt à faire disparaître celui-là même qui milite pour le rapprochement entre Terriens et Spaciens ? Les Médiévalistes, qui ne voient pas d’un bon œil la prolifération des robots ? Les Spaciens eux-mêmes, prêts à tout pour conserver leurs privilèges ? Le problème du détective Baley, toutefois, n’est pas seulement de retrouver un meurtrier ; il doit surtout y parvenir avant son collège robot R. Daneel Olivaw, un de ces androïdes ultraperfectionnés qui n’attendent peut-être que ce genre d’occasion pour prendre la place des hommes.

Quand les gens sont malheureux et perdent tout espoir de voir venir la fin de leurs tourments, ils passent aisément de l’amertume, née de la spoliation, à la fureur vengeresse et destructrice. Il ne faut alors que quelques minutes pour transformer l’hostilité l’attente d’une foule en une fulgurante orgie de sang et de ruines.

Isaac Asimov aura étonnamment réussi à me faire aimer les robots ! Ça n’était vraiment pas gagné d’avance face à ma prudence à propos des nouvelles technologies et de leurs avancées fulgurantes d’années en années. Perçu le plus souvent comme une menace pour l’humanité dans les films/séries et dans les livres, le robot d’Isaac Asimov est plus complexe qu’une machine désirant prendre le contrôle du monde parce qu’il le peut et parce qu’il surpasse en intelligence l’homme. Ici, un robot ne peut être fabriqué sans que l’ont ait introduit dans son cerveau positronique les trois lois robotiques fondamentales.

  1. Un robot ne peut porter atteinte à un être humain ni, restant passif, laisser cet être humain exposé au danger.
  2. Un robot doit obéir aux ordres donnés par les êtres humains, sauf si de tels ordres sont en contradiction avec la Première Loi.
  3. Un robot doit protéger son existence, dans la mesure où cette protection n’est pas en contradiction avec la Première ou la Deuxième Loi.

Sachant cela, les êtres humains devraient normalement réussir à introduire dans leur environnement ces machines utilisées afin d’améliorer leurs conditions de vie. Évidemment, l’humain se méfie de tels cadeaux qui apportent leurs lots de désavantages pour leur survie futur comme par exemple la suppression d’emplois. On est bien loin des expérimentations robotiques dans l’espace comme nous le racontait la robopsychologue Susan Calvin. Dans ce troisième tome, des décennies se sont écoulées, laissant la place à des villes terrestres fermées surnommées les cavernes d’acier. La vie sur Terre a alors fortement évoluée avec de nouvelles conditions de vie, de nouvelles recherches scientifiques et avancées, de nouveaux emplois, etc… mais également des conflits avec une communauté bien proche de leur planète.

Les Spaciens, descendants de Terriens partis coloniser une nouvelle terre surnommée Spacetown, ont trouvé le moyen de s’implanter durablement dans leur nouveau environnement en supprimant les maladies et en devenant une version améliorée de l’être humain. Les divergences entre Terriens et Spaciens sont anciennes mais restent toujours aussi fortes entre peur d’être asservis et tout simplement crainte de l’autre dû à une méconnaissance mutuelle des deux civilisations. Alors quand l’agent Lije Baley se voit attribuer une nouvelle affaire de meurtre, c’est pour lui l’incompréhension. La victime ? Un Spacien. Le lieu du meurtre ? Spacetown. Le suspect ? N’importe quel Terrien assez fou pour entreprendre un voyage clandestin jusqu’à cette ville extrêmement protégée et surveillée.

Poussé à mener l’enquête, Lije est que plus renfrogné et abasourdi à l’idée d’être secondé par un nouvel arrivant Spacien, R. Daneel, un robot à l’apparence humaine. Porté par des tensions unilatérales, cette nouvelle équipe va prendre en compte chaque suspicion, chaque détail afin de comprendre les motivations de ce meurtre et l’identité du tueur. Car, à Spacetown comme à New York, l’opinion du peuple diverge. Sur la Terre particulièrement, certains sont prompts à faire évoluer encore davantage cette société futuriste avec de nouvelles colonisations et technologies. D’autres, surnommés les Médiévalistes, revendiquent un retour à la terre, à un mode de vie semblable aux temps reculés où les robots n’étaient pas encore une préoccupation fondamentale. J’ai été plusieurs fois fascinée par le talent et les réflexions d’Asimov clairement en avance sur son temps au sujet de la science et de la robotique.

il y a quelque chose le plus fort que le sens et le goût de la justice, tels qu’on vous les a inculqués, Daneel. L’homme est capable de grands élans de charité, et il peut aussi pardonner. Ce sont là deux choses que vous ne connaissez pas.

Ce roman est finalement moins un thriller qu’un roman de science-fiction anthropologique où deux civilisations tentent de se comprendre malgré leurs préjugés et leurs peurs respectives. Le dialogue est lancé et les débats entre Baley et R. Daneel sont nombreux à mesure où ils se découvrent l’un l’autre. L’univers d’Isaac Asimov, malgré des interrogations préoccupantes sur l’avenir de notre planète et de l’être humain, ne se veut pas alarmant ou effrayant mais tourné vers la compréhension de l’autre, un besoin vital afin de vivre pleinement en paix avec les autres et avec soi-même. Lije Baley, tout en gardant sa forte tête et son esprit de déduction, connaît une évolution fulgurante à propos de ses croyances idéologiques à propos de l’être humain et du robot.

Plus il avance sur les traces du coupable, plus le duo se comprend et se tolère même si l’esprit cartésien de déduction de Baley l’amène à quelques théories intéressantes et qui tiennent la route mais qui ne sont pas forcément les bonnes. Les deux compères fonctionnent finalement très bien ensemble entre un robot humanoïde analysant parfaitement les faits et un humain doté des qualités humaines et indispensables afin de trouver le coupable de cette enquête. Humain et robot s’entraident pour protéger la vie et, peut-être, les générations futures. Avec ce troisième tome très réussi, j’ai d’autant plus hâte de poursuivre mon aventure dans le Cycle des robots !

Un robot n’auras jamais le sens de la beauté, celui de la morale, celui de la religion. Il n’existe aucun moyen au monde d’inculquer à un cerveau positronique des qualités capable de l’élever, ne serait-ce qu’un petit peu, au-dessus du niveau matérialiste intégral. […]. Nous ne le pourrons jamais, tant qu’il existera dans le monde des éléments que la science ne peut mesurer. Qu’est-ce que la beauté, ou la charité, ou l’art, ou l’amour, ou Dieu ? Nous piétinons éternellement aux frontières de l’Inconnu, cherchant à comprendre ce qui restera toujours incompréhensible. Et c’est précisément cela qui fait de nous des hommes.

Le Cycle des robots s’enrichit avec un roman doté d’un fil rouge explorant les relations conflictuelles entre l’être humain et le robot et entre le Terrien et le Spacien. Autour de cette enquête policière, l’auteur nous interroge sur les bienfaits et les inconvénients des nouvelles expérimentations scientifiques et sur les moyens à mettre en œuvre afin de vivre pleinement et pacifiquement.

De la même saga

Du même auteur

Azazel

  • Azazel (1988)
  • Légende (1996)

Cycle de l’Empire

  • Poussières d’étoiles tome 1 (1951)
  • Les Courants de l’espace tome 2 (1952)
  • Cailloux dans le ciel tome 3 (1950)

Cycle de Fondation

  • Prélude à Fondation tome 1 (1988)
  • L’Aube de Fondation tome 2 (1993)
  • Le Cycle de Fondation tome 3 (1951)
  • Fondation et Empire tome 4 (1952)
  • Seconde Fondation tome 5 (1953)
  • Fondation foudroyée tome 6 (1983)
  • Terre et Fondation tome 7 (1987)

Cycle de David Starr

  • Sur la planète rouge tome 1 (1952)
  • Jim Spark et les Écumeurs de l’espace tome 2 (1953)
  • Jim Spark et la Cité sous la mer tome 3 (1954)
  • Jim Spark et le Projet Lumière tome 4 (1956)
  • Les Lunes de Jupiter tome 5 (1957)
  • Les Anneaux de Saturne tome 6 (1957)

4 commentaires sur « Le Cycle des robots – Les Cavernes d’acier tome 3, Isaac Asimov »

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