Note : 4.5 sur 5.

Brouillard de cauchemar mortifère, la Chevelure de Hel a envahi les Terres du Nord. Tjor de Noirelouve est-il animé par sa foi, ou par une sorte de témérité aveugle, pour oser vouloir s’y frotter et chasser une telle malédiction ? Entouré d’une cohorte de « héros » aux motivations aussi variées que douteuses, il devra s’y aventurer et y affronter des créatures vomies des tréfonds des enfers.
Perdition. Aliénation. Au-delà de ces monstruosités et de ces sbires décérébrés, un être malicieux attend. Une entité inconnue déterminée à retourner contre eux angoisses et déchirures de l’âme grâce à moult illusions. Invisible et insaisissable, elle sèmera leur chemin d’embûches, déterminée à les détruire ou les confiner à la folie.

Je loue votre fougue, jeune homme. Vous pensez que je manque de cran, mais je déplore votre absence de raison. Les Terres d’Hiver se moquent bien de l’un ou de l’autre. Elle ne rendent jamais ceux qui en franchissent la lisière.

Créée cette année, la maison d’édition Crin de chimère entre dans le monde littéraire avec sa première publication, L’Impératrice des chimères, un roman de dark fantasy qui surprend par sa qualité d’écriture et son intrigue fascinante. Celui-ci nous plonge dans un périple périlleux au sein d‘un univers bien sombre et mortellement dangereux pour l’homme. Un brouillard englouti peu à peu les terres du Nord, causant disparitions et morts incompréhensibles et créant une horde de créatures maléfiques. La chevelure de Hel s’étend grandement dans le royaume des hommes et ces derniers ne savent comment combattre ce fléau.

Loin d’être le premier à s’y risquer, Tjor, fils du sire de Noirelouve, prépare une expédition avec des hommes et des femmes aux qualités indispensables afin de regagner leurs terres. Néanmoins, certaines personnes, comme le jarl du Roc, ne sont pas prêts à perdre de forts combattants dans une mission qu’ils pensent perdus d’avance. Il faudra alors à Tjor user de tous les stratagèmes en sa possession telles que les lois humaines et divines. Commence alors un voyage vers l’inconnu où il sera bon d’avoir en sa compagnie de valeureux combattants tels qu’une banshee, un myste et une élémentaliste.

Avec un style aussi travaillé que celui de Jérôme Camedescasse, il vaut mieux être bien concentré pour ne pas se perdre avec ce vocabulaire riche et cette mythologie nordique qui composent une bonne partie de l’univers fantasy. Étant particulièrement friande de la culture mythologique, j’étais contente à chacune de ses références d’autant que j’en ai appris encore davantage. Le style soutenu nous plonge immédiatement dans ce froid mordant, cette atmosphère lourde, asphyxiée par ce mal dévorant.

L’expédition vers la chevelure de Hel ne sera pas des plus aisées alors que le groupe a d’abord du mal à trouver une cohésion dû à une animosité flagrante les uns envers les autres. Mais Tjor réussit étonnamment par sa détermination à tenir les rangs prêts à combattre ces monstres obscurs et glaçants. Les six autres protagonistes sont également bien présents et ont tous leur caractère propre, créant une sorte de bric à brac qui fonctionne finalement bien au fur et à mesure de ce voyage. Car tous sont terrifiés face à ce qu’ils vont devoir se confronter tout en étant prêts à se salir les mains.

L’auteur s’amuse continuellement avec les personnages et nous lecteurs, jouant sur nos attentes, nos peurs et nous surprenant plus d’une fois. Personne n’est à l’abri et Jérôme Camedescasse ne nous laisse presque aucun répit. Continuellement sous tension, nous avançons à tâtons au sein de cette histoire qui nous laisse peu d’espoir mais plus d’une frayeur pour les protagonistes. L’immersion au sein de ce monde sombre entouré de mythes et légendes est totale et immédiate. Le récit tient de bout en bout grâce surtout à la qualité d’écriture de l’auteur, ce dernier sachant où il va et réussissant à nous surprendre constamment. Pour une première publication, chapeau ! Je remercie l’auteur et Crin de chimère pour cette lecture qui a été une excellente découverte.

À l’étincelle dans son regard, Signe comprit enfin. Quand on a passé son enfance dans la rue en volant, mendiant et s’éclipsant face à tous les dangers que compte une cité nordique, on apprend à reconnaître les faibles, les épaves, les déments, ceux qui s’acharnent à vivre et ceux qui se sabordent.
– Je demeure dans la nuit, muet et aveugle, récita le myste en lui adressant un clin d’œil de connivence.

Un one shot de dark fantasy brillamment écrit avec un style soutenu et riche, un univers sombre et glaçant et une intrigue qui alterne entre stupeur, tension et noirceur.

2 commentaires sur « L’Impératrice des chimères, Jérôme Camedescasse »

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