Note : 4 sur 5.

Augustus Huff, enseignant à la célèbre université de Cambridge, est bien ennuyé : un de ses étudiants a trouvé la mort après une chute de plusieurs mètres. Tragique accident ou meurtre de sang-froid ? Augustus penche pour la seconde hypothèse, car le disparu était tout sauf un ange. Avec l’aide de Gray, le perroquet du défunt, il part à la recherche de l’assassin. Mais l’oiseau se révèle être fort en bec et l’enquêteur pas franchement doué. Rapidement, c’est Gray qui posera les bonnes questions et conduira Augustus sur les traces du coupable.

<< Tu tu me kiffes ? voulut savoir Gray.

– Bien sûr, répondit Huff. >>

Vous désirez un nouvel animal de compagnie ? Un chien ? Un chat ? Et pourquoi pas un perroquet ? Ne vous inquiétez pas, aucun perroquet ne sera aussi bavard que Gray et ne pourra manger autant de fruits et de gâteaux. Ce spécimen est unique et son nouveau propriétaire va pouvoir goûté à toutes ses manies et à tous ses bavardages sans pouvoir l’arrêter.

Son nouvel ami humain, c’est Augustus Huff, tuteur à l’Université de Cambridge. Venant en aide aux étudiants en panique lors de leurs études, il jouit d’un bureau confortable au sein de l’établissement et d’un statut intéressant, même s’il n’est pas encore professeur. Appelé par la femme de ménage, il fait la rencontre étonnante de Gray dans la chambre de l’un de ses étudiants, le riche et studieux Eliot Fairbanks. Mort après un saut dans le vide en haut d’une chapelle près de l’Université, Gray se retrouve sans maître et se choisit Huff comme nouvel appui sans que le tuteur ne puisse l’en empêcher.

Augustus devient alors le centre d’attention avec le perroquet accroché à son épaule, qui s’amuse à crier à tout va des mots ou des phrases équivoques tels que « Problèmes psychologique », « Sexe » ou encore « Joue le jeu ». Déjà accaparé par ses propres tocs et sa maniaquerie, Huff doit maintenant se faire à cette nouvelle cohabitation, le temps que le perroquet trouve un maître définitif.

Mais rapidement, il s’interroge : Gray ne pourrait-il pas l’aider à élucider le mystère autour d’Eliot ? Car, Huff en est presque persuadé, Eliot n’a pas pu tomber par accident et il ne croit pas à l’hypothèse du suicide. Le voilà alors à mener l’enquête à la recherche d’un potentiel meurtrier, affublé de son équipier à plumes et traversant les couloirs de Cambridge et les rues alentour afin de découvrir la vérité.

Elliot avait-il souffert d’un trouble dissociatif ? Un Eliott au langage soigné qui réussissait brillamment ses études et un Elliot grossier qui escaladait les toits et épiait les gens ? Eliot-Jekyll et Elliot-Hyde ? Deux âmes, ah… Cette deuxième âme avait-elle causé sa perte ?

Arrogant, Eliot n’en restait pas moins un très bon élève et un grimpeur nocturne hors-pair. Mais qui aurait bien pu souhaiter sa mort ? A force de déductions et d’interrogatoires officieux, Huff se rapproche de la vérité mais encore faut-il qu’il réussisse à décoder le langage de Gray. Car, il en est bientôt persuadé, l’oiseau ne débite pas ses mêmes phrases par hasard, il pourrait bien être la clé de l’énigme.

Leonie Swann nous invite dans cette ambiance étudiante au côté de ce tuteur singulier et de son compagnon extravagant. Riche en détails au niveau de l’environnement, le récit s’inscrit magnifiquement bien dans son cadre, on se croirait vraiment dans les rues de Cambridge. Sympathique, le duo étonnant qui dirige officieusement l’enquête est tout aussi amusant que perspicace, même si cette qualité arrive parfois tardivement.

En effet, l’enquête est bien menée, Huff rencontre les bonnes personnes et se pose les bonnes questions mais, parfois, il reste tout de même long à la détente. Prenant souvent en compte une partie de l’information découverte, il comprend par la suite que des éléments lui échappent et qu’il faut reprendre la dite information dans sa globalité. Cela amène à des événements plus ou moins attendus, tout du moins peu surprenants. N’étant pas officier de police et devant lire rarement des romans à la Sherlock Holmes, Huff pourrait être pardonné de saisir la vérité de manière tardive.

Mais, pour des lecteurs habitués aux romans policiers et aux thrillers, ce manque de clairvoyance pourrait être assez dérangeant. Ayant beaucoup apprécié ce duo attachant et l’importance apportée au cadre de l’histoire, j’ai souvent fermé les yeux face à ses situations peu étonnantes vu l’avancée de l’enquête et des indices recueillis ça et là. Grâce aux points forts de Gray et au style plaisant de Leonie Swann, je serais bien curieuse de lire un autre livre de cette auteure. Je remercie donc les éditions NiL et NetGalley pour cette découverte.

Gray ne voulait pas simplement quelques graines de tournesol, il aimait aussi appeler les choses par leur nom. Il aimait la vérité ! La connaissance ! Ce jeu était le jeu de la vérité – pas vrai ?

Le duo particulier et sympathique nous plonge avec amusement dans cette enquête au sein de Cambridge. Le cadre est très bien posé et l’affaire avance bien avec une touche humoristique appréciable même si le personnage principal est parfois long à la détente.

De la même auteure

  • Qui a tué Glenn ? (2007)

8 commentaires sur « Gray, Leonie Swann »

    1. Toi qui lis souvent des thrillers et des policiers, tu vas t’attendre à certaines choses du côté de l’enquête. Mais c’est le duo qui est vraiment mis en avant avec la place de plus en plus grande que prend le perroquet dans la vie de son nouveau propriétaire.

      Aimé par 1 personne

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