Note : 3.5 sur 5.

Si au lieu de mettre en avant le bourreau, on suivait ses victimes ? Traumatisée après sa captivité dans une cave, Sarah refuse de voir son kidnappeur sortir de prison. Il est temps pour elle de se surpasser et de mener son enquête, plongeant dans le passé sombre de ce monstre. Avec La Liste de nos interdits de Koethi Zan, confrontez-vous à l’horreur humaine.

Elle ne comprenait pas ce que j’avais fait. Ce que nous avions fait. Elle ne se rendait pas compte de la prudence extrême dont nous faisions preuve, Jennifer et moi, pour nous protéger de toute forme de vulnérabilité. Et malgré nos précautions, c’était quand même arrivé.

Depuis leur accident de voiture qui a coûté la vie à la mère de Jennifer, cette dernière et sa meilleure amie Sarah ont toujours été d’une prudence extrême. Du lycée à l’université, elles avancent ensemble selon de nombreuses règles dictées par leur liste des interdits et par des statistiques en tout genre sur la mortalité suite à n’importe quel événement (prendre l’avion, suivre un inconnu, rentrer tard le soir, etc…). Malheureusement, toutes ces précautions suivies très minutieusement n’ont pas suffi. Alors qu’un soir, Sarah et Jennifer relâchent la pression, elles sont les victimes d’un kidnappeur en série.

Rentrant d’une soirée étudiante, elles se retrouvent à leur réveil attachées dans une cave avec deux autres filles de leur âge. Sarah pense aux différents moyens de s’échapper avant de comprendre qu’il y a peu d’espoir. Ces nouvelles camarades, Tracy et Christine sont enfermées dans cette pièce depuis trois ans déjà. Seulement, un jour, Sarah va réussir à sauver ses amies et à mettre leur tortionnaire derrière les barreaux. Seule ombre au tableau de ce sauvetage : la mort de Jennifer dont le corps est introuvable.

Une dizaine d’années plus tard, les traumatismes sont encore nombreux pour ces trois survivantes, surtout pour Sarah qui refuse maintenant de sortir de chez elle. Apprenant par le policier en charge de l’enquête avec qui elle a gardé contact que son agresseur a peut-être une chance de sortir de prison, Sarah sait qu’elle doit faire quelque chose. Pour Jennifer, pour elle-même. Bientôt, sortant enfin de son appartement, Sarah va tout entreprendre afin de collecter de nouveaux indices sur le passé de son bourreau pour savoir s’il y a eu d’autres victimes et surtout pour retrouver le corps de son amie.

Heureusement, elle sera bientôt épaulée par Tracy, avec qui elle a partagé de longs moments dans cette cave. Au milieu de cette enquête personnelle, on entrevoit quelques passages au moment de la captivité de ces jeunes femmes acculées par un homme aux tendances sadiques. Si les moments dans le présent s’enchaînent bien avec un certain rythme, il aurait été bénéfique de suivre davantage le passé de Sarah et de ses camarades afin de ressentir toute l’horreur de la situation et la cruauté de ce malade.

La Liste de nos interdits, publié également chez France Loisirs sous le titre Au bout de la peur, traite de sujets intéressants tels que la psychologie humaine, les sévices corporels, le traumatisme, etc… Le roman fait tout de même appel à des thèmes vus et revus comme le sadomasochisme dont on a un aperçu dans un club BDSM. Le derniers tiers du roman peut surprendre avec plusieurs rebondissements intéressants. Quand on croit les personnages sortis d’affaire, une nouvelle épreuve surgit sur leur chemin.

Malgré de bons points, La Liste de nos interdits n’est pas exceptionnel, connaissant quelques moments de mou et peinant à nous enticher réellement de ses personnages, en majorité féminins, qui manquent pour certains de consistance. Le fait que l’on suive seulement le point de vue de Sarah a pu joué sur ce ressenti.

C’était ça le truc. On attendait. Tout le temps. Comme si on voulait que quelque chose de nouveau se produise. L’espérant, souvent, car l’ennui rendait plus fou encore. Mais lorsque quelque chose de nouveau finissait par arriver, en général, c’était douloureux, et on se retrouvait à regretter de l’avoir appelé de nos vœux.

Un thriller pas forcément haletant mais qui prend le temps de parler des victimes recherchant à se reconstruire. Quelques bons rebondissements mais on peut manquer d’empathie pour les personnages dont on aurait pu en apprendre davantage lors de leur captivité.

De la même auteure

  • À jamais tu obéiras (2017)

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s