Note : 4.5 sur 5.

Pour moi, 2020 aura été, entres autres, la découverte de Dune, une des sagas phares de la littérature de science-fiction. Beaucoup ont peur de se lancer dans cette vaste aventure et il est facile de le comprendre. En prenant la navette vers la planète d’Arrakis, dite Dune, préparez-vous un voyage inspirant, complexe et original grâce à l’univers que Frank Herbert nous propose avec ses propres codes, traditions, et économie.

« De l’eau », dit-il.
« Tu apprendras son importance, dit Hawat. Tu es le fils du Duc et tu n’en manqueras jamais, mais, tout autour de toi, tu sentiras la soif. »

Avec l’adaptation de Denis Villeneuve prévue fin décembre 2020, cette année était vraiment la bonne occasion d’enfin sortir le premier tome du Cycle de Dune de ma pile à lire. Le film a finalement été retardé pour fin 2021 mais ce n’est pas pour cela qu’il aurait fallu retarder cette lecture.

Quelle claque, quel dépaysement ! Malgré le temps pluvieux de ce début d’automne, je ressentais tout à fait la chaleur et l’aridité de cette planète inhospitalière et dangereuse. Depuis longtemps, les planètes sont les nouveaux fiefs des ducs, comtes et barons, tous au service de l’Empereur. Le Duc Leto, chef des Atréides, s’est vu offert la planète Arrakis où l’eau est rare mais où le Mélange, épice inestimable, est particulièrement présent, ce qui donne à cette planète une certaine importance malgré son caractère aride et mortel.

Malgré ce piège peu subtil des Harkonnen, ennemis des Atréides et les prédécesseurs sur Arrakis, Leto comprend qu’il va devoir se lier avec les habitants de son nouveau fief, les Fremen, pour faire le poids contre la guerre qui se profile contre lui et le Baron Vladimir Harkonnen. Et les Fremen, peuple autochtone aux coutumes et mode de vie très différents de ceux des peuples civilisés, pourraient être une arme encore plus déterminante pour la survie des Atréides.

Paul, fils du Duc, devra dans ce nouvel environnement, réussir à survivre grâce l’enseignement rigoureux de sa mère, sa découverte de cette planète et à ses prédispositions surnaturelles qui vont bientôt le placer en tant que messie sur cette planète aux multiples mythes et croyances.

« Depuis longtemps, les hommes et leurs œuvres ont été le fléau des planètes, disait son père. La nature tend à compenser l’effet des fléaux, à les repousser ou à les absorber pour les incorporer dans le système d’une façon qui lui est propre. »

Les premiers chapitres de Dune pourront effrayer. Il est vrai que Frank Herbert ne dorlote pas son lecteur, plongeant immédiatement ce dernier au sein de son univers complexe après ses propres termes et cultures. Heureusement qu’un glossaire est présent à la fin de ce tome afin de comprendre comment cette civilisation en est arrivée là et comment toute cette économie fonctionne. La religion possède une place dominante dans cet univers et va révéler son importance au fil du périple de Paul, jeune homme déjà plein de sagesse et de savoir.

Difficile de réellement résumer ce premier tome sans trop en révéler et sans trop en faire. Le mieux est encore d’apaiser votre possible appréhension face à ce pavé qui demande de l’investissement et du temps. Mais vous ne serez pas déçus du voyage. Frank Herbert a une imagination incroyable et un génie pour réussir à créer un univers pareil avec autant de détails et de complexités. Je me suis retrouvée à m’émerveiller à plusieurs reprises face aux mots, aux idées, aux contextualisations de l’auteur.

Dune est un roman qui repose autant sur des considérations politiques, religieuses, philosophiques qu’idéologiques. Et c’est bien cette grandeur et cet univers extrêmement bien rôdé qui font tout le sel de ce premier tome et qui l’ont rendu aussi populaire. Toutefois, il est parfois difficile de suivre entièrement les personnages dans leurs réflexions mystiques, autant du côté de Paul que de celui de sa mère Jessica, et de s’attacher complètement à ce genre de protagonistes qui semblent presque indestructibles.

« Ne comptez point un humain au nombre des morts aussi longtemps que vous n’aurez pas vu son corps. Et même alors, ce pourrait encore être une erreur. »

Quel voyage, quelle lecture riche pleine de réflexions philosophiques, politiques et écologiques. Très mystique, c’est un peu dur de comprendre toutes les paroles de nos héros et de se faire au vocabulaire complexe. Mais on se laisse rapidement prendre dans cette intrigue dans laquelle notre jeune héros se forge une identité divine afin de venger son titre et sa famille. Seule la fin me parait très brusque comparée au reste du roman qui prend son temps.

De la même saga

  • Le Messie de Dune tome 2 (1969)
  • Les Enfants de Dune tome 3 (1976)
  • L’Empereur-Dieu de Dune tome 4 (1981)
  • Les Hérétiques de Dune tome 5 (1984)
  • La Maison des mères (1985)

Du même auteur

  • Le Dragon sous la mer (1956)
  • Le Cerveau vert (1966)
  • Les Yeux d’Helsenberg (1966)
  • La Barrière Santaroga (1968)
  • Les Fabricants d’Éden (1968)
  • Et l’homme créa un dieu / Prélude de Dune (1972)
  • Le Preneur d’âmes (1972)
  • La Ruche d’Hellstrom (1973)
  • La Mort blanche (1982)
  • L’Homme de deux mondes (1986) coécrit avec Brian Herbert
  • High-Opp (2012)

Cycle du Programme conscience

  • Destination vide tome 1 (1966)
  • L’Incident Jésus tome 2 (1979) coécrit avec Bill Ransom
  • L’Effet Lazare tome 3 (1983) coécrit avec Bill Ransom
  • Le Facteur ascension tome 4 (1988) coécrit avec Bill Ransom

Cycle des Saboteurs

  • L’Étoile et le Fouer tome 1 (1973)
  • Dosadi tome 2 (1977)

12 commentaires sur « Cycle de Dune – Dune tome 1, Frank Herbert »

  1. Il est dans ma liste de classiques SF à lire avant de mourir (vu mon âge j’ai de la marge, LOL). Je ne compte pas m’y mettre tout de suite, j’attends VRAIMENT de me lever en me disant « Ca y est, c’est le jour de lire Dune » pour me lancer ^-^. Pour autant j’espère ne pas trop tarder non plus, faudrait pas qu’il vieillisse mal !
    Ton avis me conforte dans l’idée que j’avais déjà de ce tome : parfois faut s’accrocher, mais globalement il vaut largement le coup !
    Merci 🙂

    Aimé par 1 personne

    1. Tu as raison, il vaut mieux être bien décidée avant de le commencer, tu te lanceras dans un bon morceau 😄 On commence tout doucement au début pour pas trop se perdre mais ensuite, on s’acclimate bien à cet univers vaste et bien complexe. J’espère qu’il te plaira quand arrivera le moment de le commencer 😄

      J'aime

  2. honte à moi. je l’ai commencé il y a des années mais jamais terminé. et je comptais sur le film pour me redonner envie… mais le film à été repoussé. je suis tristesse

    Aimé par 1 personne

    1. Tu as laissé tomber parce que tu n’aimais pas ? Trop long, trop compliqué ?
      C’est vraiment l’annonce du film qui m’a motivé à enfin le lire alors que je lorgnais dessus depuis plusieurs années.

      J'aime

      1. je l’ai lu trop jeune, et ce n’était pas un genre qui m’attirait à ce moment là. j’avoue que le film me motive énormément à me replonger dedans

        Aimé par 1 personne

        1. Je pense que je ne l’aurais pas apprécié autant si je l’avais lu dans mon adolescence. Ça ne m’attirait pas non plus à ce moment-là et surtout, je pense que je n’aurais pas eu forcément la patience nécessaire pour comprendre tous les enjeux et l’univers global.
          J’espère que cette nouvelle tentative sera positive pour toi !

          Aimé par 1 personne

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s