Note : 4 sur 5.

En mettant les pieds en Afrique, le jeune professeur Ramou ne pensait pas faire face à autant de désillusions. Mais accompagné de Joseph, son boy, il pourrait bien réussir à mettre en place ses idées. Et Joseph, lui, pourrait-il cacher sous son statut de boy sa véritable mission ? Béatrice Hammer nous propose avec Cannibale blues un voyage pour sur un autre continent entre découverte de la société africaine et secrets auxquels il sera dangereux de se frotter.

Plus je vis dans ce pays, plus je me rends compte de l’abîme qu’il me reste à combler pour pouvoir comprendre les choses à la manière africaine. J’ai la sensation qu’il y a une série de clés qu’il me faut découvrir, mais j’ignore, pour chacune d’entre elles, où je peux me la procurer.

Plein d’idéaux dans la tête, Philippe Ramou part pour l’Afrique avec la conviction de pouvoir faire changer les mentalités à son échelle. Engagé pour deux ans en tant que professeur à l’Université, Philippe va néanmoins être confronté aux us et coutumes de ce continent bien différents de la société française. Sa première difficulté est personnifié par Joseph, son boy. Vivant mal cette forme d’asservissement dont Jospeh fait preuve, Ramou va devoir apprendre les codes de son nouvel environnement.

Néanmoins, il ne compte pas balayer ses envies humanistes malgré les discours de ses nouveaux collègues et connaissances aux hautes fonctions. Béatrice Hammer nous propose avec Cannibale blues un dépaysement total dans les années 80 au sein de cette société africaine où la pauvreté est stigmatisée, et la réussite et la bienpensance prédominantes dans les classes hautes. Perçu comme un jeune naïf, Philippe ne compte pas baisser les bras facilement. Avec son ami silencieux,, il pourrait même faire la différence.

Car, malgré sa fonction dans la maison du français, Joseph n’est pas un simple boy. Avec des amitiés puissantes, des diplômes et une parenté particulière, il est intrigant de comprendre la présence de Joseph dans cette maison et surtout son vœu de faire venir particulièrement ce professeur d’économie en Afrique. Pourquoi est-il boy et pour qui pourrait-il véritablement travailler ? Au milieu de cette découverte de la culture africaine, un mystère vient piquer notre curiosité dès le début du roman. Cannibale blues pourra étonner au départ par sa forme narrative, intégrant les dialogues à l’intérieur même de la narration. Il est toutefois aisé de s’y faire et d’apprécier cette narration particulière portée par Joseph, entrecoupée par la correspondance de Ramou pour la France.

Je remercie la maison d’édition Avallon pour cette lecture. Toute jeune maison édition, Avallon a été crée en février 2020 et elle est gérée par une équipe bénévole et passionnée.

Il m’assure que l’amitié qui nous unit unira aussi nos enfants, et les enfants de nos enfants, jusqu’à ce que la rivière s’assèche et que les lions s’inclinent devant les autruches, puis s’enquiert du nom de cette raison d’État.

Un dépaysement appréciable au côté d’un jeune français qui découvre la société africaine entre disparités, classes sociales, racisme et développement d’un pays encore sous-estimé. Le personnage du boy est très intrigant et son duo avec ce français plein d’illusions offre un contraste intéressant.

De la même auteure

  • Ce que je sais d’elle (2006)
  • Cet hiver-là (2008)
  • Kivousavé (2008)
  • Miss Catastrophe (2009)
  • Une baignoire de sang (2020)

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