Note : 4 sur 5.

Et si on nous avait menti ? Quelle est la véritable origine des sangs bleus ou, plus important encore, celle de la Révolution française ? Avec la nouvelle série française Netflix, ne vous attendez pas à découvrir les réels dessous de l’Histoire. Non, La Révolution nous plonge bien dans le fantastique et dans l’horreur afin d’offrir une version fictionnelle des événements historiques qui ont bouleversé la France. Face aux monstres au pouvoir, le petit peuple arrivera-t-il à nommer le mal, à se soulever et à survivre ?

CASTING
Amir El Kacem : Joseph Guillotin
Marilou Aussilloux : Elise de Montargis
Lionel Erdogan : Albert Guillotin
Amelia Lacquemant : Madeleine de Montargis
Julien Frison : Donatien de Montargis
Isabel Aimé Gonzalez Sola : Katell
Laurent Lucas : Charles de Montargis
Dimitri Storoge : Edmond de Pérouse
Gaia Weiss : Marianne
Coline Béal : Ophélie
Doudou Masta : Oka

8 épisodes
2020
-> terminée
sur Netflix


Tu te diras sans doute que ce que je vais te raconter est faux. Que c’est le cauchemar d’une enfant perdue dans le désordre du monde. Tu te diras qu’il n’y a jamais eu de maladie. Et que les morts ne reviennent pas à la vie. Je m’appelle Madeleine de Montargis et ceci est mon testament. Je vais te raconter ce que j’ai vu. Et comment le siècle des ténèbres est devenu celui des lumières.


Un mal mystérieux dans La Révolution

L’histoire de la Révolution française revisitée dans le genre fantastico-horreur

Aura-t-on avec cette nouvelle série Netflix un véritable témoignage de la vie du XVIIIème siècle et de la Révolution française ? La réponse est donnée dès le premier épisode : non, La Révolution n’est pas une série restant fidèle à notre Histoire. Celle-ci a justement préféré s’ancrer dans le surnaturel afin d’exploiter au maximum le mythe du vampire et le transposer à une époque dans laquelle les maladies sont plus perméables et le gouvernement plus dictatoriale. La période parfaite pour créer des monstres issus de la classe aristocratique qui se délecteront de la chair et du sang du peuple que l’on mésestime.

Pour ceux qui souhaiteraient une véritable série historique sur cette période seront déçus. Les autres qui, en plus, connaissent bien celle-ci pourraient être également récalcitrants face aux libertés et aux clins d’œil parfois anachroniques que la série présente intentionnellement. Seulement, une fois acceptée le fantastique omniprésent de cette histoire, il n’est plus si difficile de se laisser aller devant ces huit épisodes globalement réussis. Dès les premières minutes s’installe cette atmosphère inquiétante et sombre au sein du quotidien des gens de la ville comme celui des Montargis, nobles et dirigeants du comté.

Tout ne sera pas simple à discerner, la part fantastique gardant une grande part de mystère pendant cette première saison. Tout commence avec la découverte du corps éventré d’une jeune femme dans les bois. Le médecin de la prison, Joseph Guillotin, ne croit pas en la culpabilité d’Oka, nouveau pensionnaire de la geôle dont les accusations sont quelque peu précipitées. En enquêtant sur ce crime, Joseph va bientôt comprendre que d’autres femmes ont connu le même sort. Seulement, les meurtres sont couverts. À cette époque où les plus puissants ont le plus de choses à perdre, à qui d’autre qu’un noble voudrait-on bien sauver la vie et la réputation ?

À côté, la vie des Montargis est moins agréable qu’on pourrait le croire. Élise de Montargis, fille indépendante du comte, peine à freiner les espoirs de son oncle prêt à plus d’une machination afin d’obtenir le pouvoir. De plus, sa soeur, la jeune et muette Madeleine, voit apparaître dans ses songes le début d’une guerre. Bientôt, la découverte du sang bleu inquiète et met en danger ceux qui s’approchent de trop près de la vérité.

Le pouvoir du sang bleu dans La Révolution

De nombreuses symboliques venant en aide aux prémices de l’intrigue

Quel est donc ce sang bleu que Madeleine redoute ? Quelle maladie semble frapper le pays et intrigue tant Joseph Guillotin ? À mesure où celui-ci avance au sein de ce mystère en compagnie de son amie Katell, Élise et Madeleine de Montargis sont de leur côté de plus en plus en danger à l’intérieur-même de leur domaine. En l’absence de leur père, ce pourrait bien être leur oncle Charles ou encore leur cousin Donatien qui s’approprie le pouvoir. Selon, Élise, la seule solution pour freiner la machine destructrice des membres de sa famille est de devenir la médiatrice entre la classe populaire et l’aristocratie. Reniant ses privilèges, elle va participer au plan des rebelles de la ville prêts à déclencher une révolution.

Au fil de la saison, La Révolution multiplie les symboles, tant visuels que verbaux, pour accentuer les inégalités sociétales de cette monarchie française et pour créer un lien avec notre propre patrimoine. Les nobles avides de l’essence du peuple afin de le tenir plus encore dans leurs griffes, la prolifération du mal au sein de l’aristocratie, envieuse de garder ses privilèges quitte à quelques écarts ; les clins d’œil tels que le personnage de Marianne, le fredonnement de la Marseillaise, l’apparition du drapeau français qui se crée sur le champ de bataille avec une réalisation soignée, etc… La Révolution ne manque pas d’ambition de ce côté-là et mise vraiment sur son côté visuel et symbolique.

Qu’en est-il de l’intrigue ? Si celle-ci tient bien la route malgré quelques incohérences par-ci par-là, elle appelle inévitablement à une suite. La première saison seule apporte que peu de réponses et d’avancée dans cette grande Révolution. Avec tous les personnages et les intrigues qui s’entrecroisent, il et difficile de faire avancer rapidement le fil rouge même si le rythme reste adéquat. Seulement, on sent qu’on en est qu’aux prémices de ce récit et qu’une suite est presque obligatoire pour que la série prenne une véritable ampleur.

Donatien de Montargis au pouvoir dans la Révolution

Un casting inégal

Dès qu’on entre volontiers dans cette série, le plus gros hic reste le casting. Autant, certains acteurs s’en sortent formidablement bien, d’autres manquent clairement de naturel. Faute aux comédiens ou à une mauvaise direction d’acteurs, aucune idée. En tout cas, un fossé se creuse rapidement et n’arrive malheureusement pas à se résorber tout au long de la saison.

Certains personnages manquent également de profondeur, ce qui peut paraitre étonnant au vu de l’importance de certains d’entre eux. Difficile finalement de vraiment ressentir toute l’importance d’Élise de Montargis dans ce plan contre la noblesse, son rôle de médiateur étant peu montré à l’écran. Albert Guillotin, lui, reste assez anecdotique, hormis le dernier épisode. Comment a-t-il survécu ? Quel mal le dévore ? Quel est son lien avec Oka et le groupe de Marianne ? Peu de réponses qui auraient pu étoffer le personnage.

Donatien, lui, prend de son côté beaucoup de place. Son rôle de comte cruel et dérangé est une bonne idée et beaucoup trouveront l’acteur formidable dans ce rôle de choix. D’autres, comme moi, pourront le trouver trop extravagant et dans le surjeu, ce qui diminue l’effet inquiétant de son aura. Les autres personnages sont un peu plus nuancés mais également moins mis en avant. Il faudrait que la série soit renouvelée pour les découvrir davantage. Certains d’entre eux ont toutefois réussi à intriguer les spectateurs comme la jeune Madeleine, Joseph, Katell ou encore Marianne, la cheffe des rebelles.


La Révolution étonne par son choix d’apporter une touche fantastique et horrifique à la Révolution française. On pourrait se dire que la série pre,nd l’excuse de cette époque pour plaire à un certain public. Force est de constater que l’intrigue principale à force de visuels et de symboliques appropriés, s’intègre étonnamment bien à la période historique choisie. La série est également assez surprenante par sa réalisation, loin de celle qu’on a l’habitude de voir en France. On sent bien la touche Netflix et l’envie d’exporter la série à l’internationale. La Révolution réussira-t-elle ce pari ? Ça a l’air mal parti malgré une bonne idée et un contenu sympathique.

Retrouvez Laurent Lucas dans Criminal
France

La Révolution sur Netflix

8 commentaires sur « La Révolution »

  1. Sans être une priorité, ton avis me donne finalement envie de tenter la série que j’avais éliminée de ma liste à voir devant certains avis négatifs. Mais j’aime la symbolique qui semble bien ancrée dans la série, ce n’est finalement pas quelque chose de courant…

    Aimé par 1 personne

    1. Je peux comprendre les avis négatifs, beaucoup ne s’attendait pas à ça et certains n’arriveront pas à se faire au jeu des acteurs ou surtout à la mise en scène. Mais après avoir lu beaucoup de négatif, j’ai été vraiment étonnée d’accrocher à cette série. La symbolique est particulièrement visuelle et on voit que ce côté-là est travaillé.

      Aimé par 1 personne

    1. Je m’attendais au départ à une série vraiment historique. Pour le coup, la Révolution française est seulement l’occasion d’utiliser d’une manière différente le mythe du vampire en l’ancrant dans notre histoire et notre pays. Il faut aimer ce genre de choses ^^

      J'aime

    1. Elle n’est pas phénoménale non plus, surtout que si ça s’arrête maintenant, ça serait vraiment dommage et l’effet d’un pétard mouillé. Mais la réalisation est vraiment pas mal et change des autres productions françaises.

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