Note : 3.5 sur 5.

Dans un Chinatown newyorkais futuriste, la meilleure détective privée est Ruth Law. Sur une nouvelle enquête pour meurtre, Ruth va bientôt comprendre que l’affaire est bien plus complexe qu’elle n’en a l’air et que le tueur n’a pas peur de laisser derrière lui plusieurs cadavres.

« Salut, c’est Jasmine, dit elle.- Robert. »Elle reconnaît la voix de l’appel précédent, plus tôt dans l’après-midi. »Enchanté, ma douce. »

C’est donc avec Ken Liu que j’entame ma découverte de la littérature asiatique. Même si l’auteur publie aux États-Unis, ça compte et ça me permet de réussir le Hold my SFFF Challenge de janvier.

Si j’étais curieuse de découvrir L’Homme qui mit fin à l’Histoire dont j’ai entendu beaucoup de bien, je me suis finalement plutôt tournée vers Le Regard. Avec un titre et un résumé qui m’ont immédiatement intriguée, j’ai commencé ma lecture confiante malgré la maison d’édition dans laquelle a été publié le roman. Avec des couvertures toujours très alléchantes, les éditions Le Bélial’ mise sur des fictions courtes dans le fantastique, la fantasy et la science-fiction. Moi qui recherche le plus souvent des récits développés à foison, je n’étais pas vraiment sûre d’être convaincue par les romans publiés chez cette maison d’édition.

Finalement, même si je n’aurais pas été contre plus d’approfondissement au niveau de l’univers de science-fiction, je suis plutôt satisfaite par Le Regard. À une époque dans laquelle les transformations corporelles sont fréquentes, liant la peau à des composants robotiques, une détective privée vit pleinement dans cette pensée eugéniste qui l’aide à être plus performante dans son travail et à se défendre par elle-même. Souffrant de son divorce et de la perte d’un être cher, elle se donne à 100% dans ses affaires, quitte à mettre en sourdine ses sentiments par le biais de son Régulateur.

L’information ne veut pas être libre. Elle a de la valeur. Elle veut gagner de l’argent. Et son existence ne libère personne ; la posséder, par contre, peut entraîner l’effet opposé.

Sa nouvelle mission : enquêter sur le meurtre d’une prostituée tuée dans son appartement. La police privilégie la thèse d’un gang mais Ruth sent qu’un tueur à son propre compte sévit dans plusieurs états d’Amérique. Et effectivement, face au point de vue de la détective privée, nous découvrons celui de l’assassin avec des plans bien personnels en tête. L’enquête avance rapidement mais sans fausse note ni précipitation. Ruth Law fait preuve d’ingéniosité pour prouver sa théorie alors que d’autres prostituées semblent avoir été victimes du même modus operandi.

En comprenant la manière de sélectionner les victimes, Ruth pourrait-elle réussir à retrouver l’auteur et à l’arrêter ? De par sa motivation dans cette enquête alliée à son drame personnel qui l’amène à repousser tout sentiment pour rester concentrée, Ruth Law devient rapidement un personnage attachant que l’on a envie de voir réussir afin qu’elle obtienne un sentiment de paix intérieur, même infime. Ses nombreuses transformations auraient pu être davantage détaillées pour que l’on prenne plus conscience des mœurs de cette époque futuriste et pour être moins perdu au début de l’histoire.

Mais, Ken Liu réussit à offrir un récit attractif et convaincant. Seul le second point de vue, celui du tueur, peut sembler superflu tellement le caractère du personnage est classique avec des enjeux assez fades. Maintenant que j’ai découvert la maison Le Bélial’, je suis curieuse de découvrir quelques unes de ses autres parutions.

Avec le temps, les gens confondent « interdit » et « impossible ». Ils ignorent ce qu’ils ne veulent pas savoir.

Très court, ce thriller s-f est sympathique même si j’aurais aimé plus de développement du côté des perfectionnements humains. Le personnage principal est convaincant et on a envie de le suivre dans cette enquête. Par contre, le deuxième point de vue est totalement oubliable vu la personnalité banale du tueur.

Sortie française : juin 2017
Sortie originale : septembre 2014

11 commentaires sur « Le Regard, Ken Liu »

    1. Je n’ai pas trop entendu parler de sa saga, plus de L’Homme qui mit fin à l’Histoire chez Le Bélial’ aussi. Je pense que je vais m’y intéresser maintenant que j’ai bien accroché à son style.

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