Note : 1.5 sur 5.

Hulda approche de la retraite. Pour ses derniers jours au commissariat de Reykjavík, elle choisit de rouvrir une enquête sur une russe retrouvée noyée. Tout le monde croit à un suicide mais, plus les conversations se multiplient, plus Hulda est persuadée d’être face à un meurtre.

– Comment m’avez-vous trouvée ? demanda la femme.
Sa voix tremblait. Son visage était livide.
L’inspectrice principale Hulda Hermannsdóttir sentit son intérêt redoubler. Rompue à ce petit jeu, elle s’attendait à susciter ce type de réaction s- même quand les personnes qu’elle interrogeait n’avaient rien à se reprocher.

Ragnar Jónasson est un nom que l’on entend souvent depuis quelques années dans le genre policier et thriller, il était donc temps que je le découvre. Profitant de mon abonnement sur Lizzie, une application de livres audios, je me suis lancée dans 6h30 d’écoute dans le froid de l’Islande. Commençons par les points positifs parce qu’il y en a très peu. Le style de l’auteur est efficace et prenant, même si le choix de diviser son roman en trois parties distinctes ne donne pas toujours l’effet escompté. Et la personne choisie pour lire le livre, Anne O’Dolan, donne envie de rester attentif et je peux vous dire que ça a été compliqué. Heureusement qu’elle était là où sinon, je n’aurai pas tenu jusqu’au bout.

Je n’ai pas envie de défoncer gratuitement ce livre mais ce qui est évident, c’est qu’il sera l’une de mes pires lectures de 2021. L’enquête est très classique, rien de vraiment alléchant et dynamique. La mort d’une immigrée russe ne fait sourciller presque personne sur l’île et Hulda a l’air de déranger les gens plus qu’autre chose. Mais, étant naturellement consciencieuse dans son boulot et ayant l’envie de partir à la retraite sur un succès, elle met les bouchées doubles pendant ces trois jours d’enquête afin d’obtenir des réponses.

Ce qui m’a le plus dérangé est le traitement des personnages : presque tous les islandais sont des benêts et des fainéants mais, ce n’est rien à côté des policiers. À écouter Hulda, aucun ne mérite sa place, encore moins Alexander – à raison – qui a bâclé le premier l’affaire de la russe, et Magnus le chef/commissaire. Sous-estimée, Hulda vit assez mal ce rejet qu’elle inspire à ses collègues mais, au bout d’un moment, qu’est-ce que je les comprend… Ragnar Jónasson a eu envie de mettre en avant la difficulté d’une femme pour évoluer dans ce genre de boulot très masculin mais là, c’est abusé !

Tout est exagéré. Si on n’aime pas Hulda, c’est soit parce que c’est une femme, soit parce que c’est une « vieille », au secours ! Le fait de ne pas savoir travailler en équipe et d’être aussi aimable qu’une porte de prison ne sont apparemment pas pour elle des raisons à prendre en compte. En plus, tous les malheurs lui sont arrivés à cette bonne femme ce qui, dans la tête de l’auteur doit, j’imagine, faire accepter le comportement taciturne d’Hulda et la prendre en sympathie ou en pitié. Mais non, le traitement de ce personnage est sans aucune subtilité que ça m’a ulcéré. Vraiment, je trouvais le personnage tellement INSUPPORTABLE que j’ai passé la dernière heure d’écoute à crier sur mon téléphone pour qu’elle arrête son délire de persécution – même si évidemment, il ne nait pas de rien, certains collègues sont vraiment machos.

Maintenant, l’alternance des chapitres. À côté de l’intrigue principale à propos d’Hulda et de l’enquête se dévoilent l’histoire d’une jeune mère dans les années 50 qui peine à élever son enfant et une autre femme en randonnée bien aventureuse avec l’un de ses amis. Avec des chapitres courts et cette construction entrecroisée, le rythme aurait du être dynamique. Malheureusement, les deux histoires secondaires sont tellement courtes, ne contenant parfois que deux paragraphes pour un chapitre, que ça casse le rythme.

Pour la fin, l’identité du coupable n’est pas tellement surprenante au vu du traitement général des personnages. Il est vrai que la toute fin étonne beaucoup, mais ne satisfait pas pour autant. Comme si l’auteur ne savait pas comment finir son histoire, on ressent un goût d’inachevé même si, personnellement, j’étais contente de la terminer ! Autant vous dire que je ne lirai pas les autres tomes de la trilogie qui se déroulent des décennies plus tôt en compagnie d’Hulda.

Une immense déception à cause d’une enquête très classique mais surtout, d’une vision sans aucune nuance des personnages. Tout est fait pour plaindre le personnage principal parce que c’est une femme alors que je n’ai vu, moi, que plus vivement ses bourdes plus grosses les unes que les autres.

Sortie française : 2018
Sortie originale : 2015

6 commentaires sur « La Dame de Reykjavík, Ragnar Jónasson »

  1. C’est assez compliqué de chroniquer une déception car comme tu le soulignes, descendre une œuvre gratuitement n’est pas nécessaire puisque les gouts littéraires sont subjectifs. En tous les cas j’espère que ta prochaine lecture te passionnera 😉

    Aimé par 1 personne

    1. Oui surtout que dans cette situation précise, mon appréciation du livre vient vraiment du caractère du personnage principal. Peut-être que si je l’avais apprécié, je n’aurais pas pris autant conscience de toutes les autres choses que je reproche à l’histoire.
      Heureusement, ce que je lis depuis me plait davantage ^^

      J'aime

    1. Moi aussi, j’en entends beaucoup de bien. Et j’ai été surprise de voir que les avis négatifs sur ce roman en particulier étaient rares. Certains ont également souligné le traitement assez particulier fait sur les islandais mais je crois avoir été une des seules à avoir été aussi énervée par le personnage principal et par la façon de faire de l’auteur pour représenter la misogynie ambiante (qui ici est, selon moi, trop marquée)

      Aimé par 1 personne

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