Note : 4 sur 5.

Mr Utterson, notaire et grand ami du dr Jekyll, s’inquiète de l’influence que semble avoir sur le scientifique Mr Hyde, un être repoussant et violent. Souhaitant aider son ami à se débarrasser de cet homme néfaste, Utterson va bientôt faire la lumière sur le secret inimaginable qui entoure le dr Jekyll et Mr Hyde.

L’Étrange Cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde

On démontrera que l’homme est finalement une synthèse de nombreux individus, tous différents et indépendants les uns des autres. 

Suite à ma découverte de L’Île au trésor, l’envie m’a prise de relire L’Étrange Cas du dr Jekyll et de Mr Hyde, l’une des histoires qui fait toute la renommée de Robert Louis Stevenson. Devenue une source inépuisable d’inspiration, cette nouvelle noire et fantastique exploite à merveille la confrontation entre bien et le mal et la manière avec laquelle ces deux valeurs suprêmes peuvent se répondre et se combattre. Sur ce sujet, l’écrivain développe excellemment cette dualité qui en vient à déchirer au plus profond de lui-même un être fait de chair.

À Londres, un sombre individu se fait bientôt connaitre. Le dénommé Hyde, dont personne ne connait le passé, est peu à peu décrié pour ses méfaits emplis de violence et de cruauté. Avec une méchanceté visible instinctivement sur son visage, Hyde donne envie de fuir rien qu’en le regardant. Mr Utterson, notaire, est alors stupéfait d’apprendre le nom du bienfaiteur de Hyde : le dr Jekyll, un scientifique renommé qu’il porte en grande estime. Connaissant en plus les termes étranges du testament de Jekyll en faveur de Mr Hyde, Mr Utterson craint bientôt pour la vie de son cher ami.

Cherchant à comprendre la nature de cette amitié entre les deux hommes si opposés l’un de l’autre, le notaire anglais va alors faire face à l’inimaginable. Mêlant science et surnaturel, Louis Robert Stevenson réussit ses effets à l’heure des révélations finales, même si on les voit peu à peu arriver. Pour ce qui est de l’histoire globale, l’auteur a parfois un peu plus de mal. Alors que généralement, ses incipits intriguent par leur nature mystérieuse, il m’a fallu du temps ici pour m’intéresser à cette histoire. Avec toujours un rythme lent, le style peine à apporter du dynamisme et du relief à son intrigue. Si j’ai eu plus de facilité lors de cette relecture, j’ai retrouvé les mêmes difficultés à avancer malgré des thèmes intéressants et finalement bien exploités. Sûrement que les indices et les révélations se font bien trop attendre.

Je songe parfois que si nous savions tout, nous n’aurions d’autre désir que de disparaître.

Autres nouvelles fantastiques : Le Voleur de cadavres – Les Gais Lurons – Olalla

À la lecture des deux premières nouvelles, Le Voleur de cadavres et Les Gais Lurons, on comprend rapidement le choix de les rattacher aux deux grands classiques de Robert Louis Stevenson. Le Voleur de cadavres joue encore sur la mauvaise conscience, les méfaits qui perturbent l’esprit, sur cette double facette de l’homme entre le jour et la nuit comme dans L’Étrange Cas du dr Jekyll et de Mr Hyde. Les Gais Lurons, elle, est une sorte de mélange entre L’Étrange Cas et L’Île au trésor avec ce décor maritime, cette quête de richesses mais aussi de puissance, avec un personnage en particulier à la recherche d’événements plus grands que l’homme.

Olalla se démarque davantage en tant que nouvelle fantastique gothique, tout en gardant l’étrangeté et la folie dans ses thèmes de prédilection. Toutes trois débutent de manière très intrigante, que l’on plonge dans un nouvel environnement ou dans un secret que nul autre ne peut connaître. L’auteur prend le temps exploiter le décor pour le lier aux sensations du personnage principal, à ses affects. De manière à nous faire tout autant comprendre que ressentir les changements internes, émotionnels du personnage à mesure où il comprend ce qu’il se passe, ce qui était d’abord hors de sa portée.

Il y a également un romantisme présent dans Les Gais Lurons et Olalla qui ne manque pas de charme avec à chaque fois à un jeune homme prêt à venir au secours de sa dame, celle-ci étant tout à fait consciente de sa condition et du rôle qu’elle a à jouer dans l’existence, étant alors bien moins naïve que son bien-aimé.

Mais comme à chaque fois, il y a un moment où je décroche. Je n’arrive pas à me faire à cette narration parfois trop descriptive qui vient entacher le rythme de l’histoire. On plonge parfois trop dans la contemplation de l’instant présent en oubliant de fait le mystère qui a amené à ce moment. Finalement, c’est le style de Robert Louis Stevenson qui ne me convient pas totalment. J’aime sa créativité et ses décors, mais je n’accroche pas à la manière qu’il a de les retranscrire sur le papier.

Impossible de s’arrêter en cours de route.
Une fois qu’on a commencé, il faut toujours continuer, c’est la vérité.
Pas de repos pour les méchants.

Des récits intrigants avec toujours un fond de fantastique qui joue sur les complexités de la conscience humaine. L’auteur réussit à éveiller notre curiosité mais ses histoires manquent souvent de rythme, les descriptions prenant le pas sur l’intrigue.

Sortie originale : 1886

Du même auteur

L’Île au trésor (1883)

4 commentaires sur « L’Étrange Cas du dr Jekyll et de Mr Hyde et autres récits fantastiques, Robert Louis Stevenson »

  1. Ton avis me donne autant envie qu’il me fait peur pour le manque d’action. Pourtant je pense que l’univers peut me plaire et en plus il semble fascinant.
    Je me les garde sous le coude si je tombe sur une bonne occasion de me procurer les ouvrages de l’auteur.

    Aimé par 1 personne

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