Note : 3.5 sur 5.

Élevée à la cour des faes, Jude a toujours été méprisée pour sa condition d’humaine. Mais elle compte bien se surpasser pour montrer à tous, notamment au prince Cardan, qu’elle peut être leur égale. Combats, secrets, intrigues de cour, Jude va se fondre dans le jeu politique de Domelfe.

À Terrafae, il n’y a pas de bâtonnets de poisson, pas de ketchup, pas de télévision.

À dix-sept ans, Jude s’adapte comme elle peut dans un monde qui n’est pas totalement le sien. Depuis dix ans, elle et ses deux sœurs, Vivienne et Taryn, vivent dans le monde des faes sous la protection de Madoc. Général du Grand Roi de Domelfe et assassin de la mère des trois filles, Madoc est détesté autant qu’il est aimé par Jude et Taryn qu’il éduque à la cour comme ses propres filles. Vivienne, leur demi-soeur et fille de Madoc, ne peut elle pardonner à celui-ci d’avoir bouleversé leur vie et de les avoir pris sous leur aile. Envieuse de retourner dans le monde des mortels, elle ne désire qu’une chose : partir avec ses deux sœurs.

Seulement, Jude et Taryn se sont faites à ce monde magique, elles l’aiment comme le leur, même si leur condition d’humaine leur apportent tout un lot de contrariété. Seules mortelles élevées à la cour, elles doivent faire face à la brimade de leurs camarades, notamment d’un petit groupe de nobles dirigé par Cardan, le plus jeune prince de Domelfe. Si Taryn accepte sans broncher ce harcèlement quotidien, Jude, elle, n’est pas du genre à se laisser faire. Ambitieuse, elle compte bien devenir chevalier de Domelfe et ne pas se laisser impressionner par Cardan, ce fae arrogant et « cruel ».

Malheureusement, ce dernier n’est pas si impressionnant que ça, se conduisant comme le caïd du lycée qui n’est craint que parce qu’il fait partie de la famille royale. Les coups bas entre Jude et cette bande de crétins m’ont vite fait sourire tellement ils sont dignes d’enfants puérils de douze ans. Mettre de la terre dans le sandwich de son camarade ou jeter celui-ci dans la rivière, il y a pire, et ça rend la passivité de Taryn d’autant plus étrange, à se demander s’il ne se passe rien de pire quand Jude a le dos tourné. Bref, Cardan est loin d’être le prince cruel que l’on veut nous vendre mais, soit, il y a d’autres princes sur lesquels on pourrait accoler cet adjectif.

Les héritiers se dévoilent peu à peu, se montrant fidèles à leur univers des fae : beau en apparence mais carnassier et trompeur. Dans l’impossibilité de mentir, les faes ont appris à manier les mots afin d’obtenir avec ruse ce qu’ils veulent. Jude, en cherchant à se faire une place dans ce monde, va devoir faire face aux faux-semblants et aux intrigues politiques qui sont constants. Et c’est bien ce monde plein d’artifices qui est le plus captivant à découvrir dans ce premier tome du Peuple de l’air. Ses créatures diverses et variées, ses codes à la cour comme sa géopolitiques sont intéressants même si j’ai encore du mal à croire que cet univers magique à côté de celui monde des humains dans toute sa contemporanéité.

Les faes sont peut-être de belles créatures, mais cette beauté est comme la carcasse d’un cerf doré, infestée d’asticots, prête à éclater.

Jude, héroïne du Prince cruel est une jeune femme avec du caractère et qui déteste se faire marcher sur les pieds. Difficile parfois de cerner le pourquoi de ses décisions alors que, paradoxalement, elle est souvent trop dans l’introspection. Holly Black offre une narration très bavarde, ce qui donne l’effet de trop tenir la main au lecteur et ce qui ralentit considérablement le rythme de l’intrigue. Cette dernière met beaucoup de temps à s’installer, plus occupée à montrer le quotidien de l’héroïne que de mettre en avant les véritables enjeux. Et en mettant finalement trop l’accent sur Jude, on ressent un manque du côté des autres personnages.

La plupart sont sous-développés et clichés au possible. Manquant d’approfondissement, ils ne sont là que pour servir l’histoire de Jude et sont rarement dans la nuance. Ils offrent également peu de surprise, certaines choses sont tellement grosses qu’il n’est pas difficile de comprendre qui va être l’ami et qui va être l’allié. Le pire reste Cardan : pour un premier tome qui s’appelle Le Prince cruel, le traitement du personnage reste trop en surface, celui à propos de ses frères Dain et Balekin est encore plus succinct.

Heureusement, les cent dernières pages parviennent à être bien plus étonnantes, l’action se mêlant aux révélations et aux nouvelles alliances. Aussi, j’ai été très étonnée que la romance toxique ne soit pas au cœur de ce roman, je m’attendais réellement à une romance fantasy comme peut le proposer Sarah J. Maas, surtout que j’ai ressenti quelques similitudes entre Le Prince cruel et ACOTAR quant au caractère des héroïnes et de leurs sœurs.

Jamais ? Jamais, c’est comme l’éternité : trop vaste pour être compris des mortels.

Si l’univers fae est intéressant grâce à ses créatures et à ses attraits qui cachent beaucoup de violence, j’ai trouvé finalement ce premier tome peu convaincant. Les personnages sont peu développés mais clichés au possible, les desseins de Jude sont parfois difficiles à cerner, ça manque de surprise, à part dans les cent dernières pages, et de rythme, l’histoire mettant bien 200 pages à démarrer. Le roman compte en plus des chapitres inutiles, ce qui ralentit davantage la lecture. Mais, je suis surprise que la romance toxique ne soit pas un des points majeurs de l’intrigue.

Sortie française : septembre 2020
Sortie originale : janvier 2018
544 pages

De la même saga

Le Roi maléfique tome 2 (2019)

8 commentaires sur « Le Peuple de l’air – Le Prince cruel tome 1, Holly Black »

  1. Je n’ai pas été aussi gênée que toi par les personnages clichés, mais il faut dire que je comprends ton avis 🙂
    C’est la conséquence qui m’a plutôt marquée : on ne s’attache pas très fortement à eux. Au fond, que Cardan soit ou non cruel m’importerait plus si je m’inquiétais vraiment pour les autres personnages ^^’

    Aimé par 1 personne

    1. La majorité des lecteurs adorent cette saga donc ne t’attardes pas forcément sur mon avis. J’en attendais peut-être un peu trop mais je trouve vraiment les personnages pas assez exploités.

      Je viens de commencer le tome 20 et j’espère être davantage convaincue.

      J'aime

    1. C’est vrai qu’on en entend beaucoup parlé, même avant sa sortie française. Et, après avoir lu ce premier tome, je ne comprenais pas vraiment, je le trouve bancal.
      Par contre, le tome 2 est bien plus satisfaisant et intrigant.

      J'aime

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