Note : 4.5 sur 5.

Entouré par son fils et ses petits-fils tyranniques, le Burgrave Job voit en Otbert un fils spirituel bon et respectueux. Amoureux de la jeune mais non pas moins malade Régina, Otbert va bientôt devoir choisir entre son amour et sa loyauté face au maléfice de la vieille Guanhumara.

CHANT DU DEHORS – Dans les guerres civiles
Nous avons tous les droits.
– Nargue à toutes les villes
Et nargue à tous les rois !
Le burgrave prospère :
Tout est dans la terreur.
– Baron, nargue au saint-père,
Et nargue à l’empereur !
Régnons, nous sommes braves,
Par le fer, par le feu.
– Nargue à Satan, burgrave !
Burgraves, nargue à Dieu !

Je continue ma découverte du théâtre de Victor Hugo après Lucrèce Borgia, Le Roi s’amuse et Hernani. En l’an 1214, Les Burgraves nous emmène en Allemagne auprès du vieux burgrave Job. leviellard peinant à garder l’autorité sur son royaume, sa descendance n’attend que de pouvoir pleinement diriger selon son caractère tyrannique. Victimes de ce régime, les esclaves et la plèbe espèrent voir revenir Frédéric Barberousse, l’ancien dirigeant, que l’on dit pourtant mort depuis des années.

De son côté, Otbert, jeune homme enlevé à la naissance à ses parents dont il ne sait rien, tombe éperdument amoureux de Regina, la promise de Hatto, l’un des petits-fils de Job. Amoureuse également de l’homme orphelin, Regina souffre cependant d’un mal qui l’approche de la mort. Désespéré de ne pouvoir sauver son aimée, Otbert voit l’espoir renaître lorsque la vieille sorcière Guanhumara qui l’a élevé lui promet de sauver Regina contre un service mortel. Si la belle survit à la maladie, Otbert devra tuer de sa main celui qui a brisé la vie de Guanhumara. L’amour le poussera-t-il à l’impardonnable ? Et quel est le rôle de Job dans tout cette machination ?

GUANHUMARA – Eh bien, je suis le meurtre et je suis la vengeance.
Je vais, fantôme aveugle, au but marqué d’avance;
Je suis la soif du sang ! Que me demandes-tu ?
D’avoir de la pitié, d’avoir de la vertu,
De sauver des vivants ? J’en ris lorsque j’y pense.

Pièce en trois actes, Les Burgraves est un drame porté par les thèmes de la famille, notamment la fratrie et le lien filial, et de la providence. Le premier acte s’intéresse particulièrement à la politique allemande avec les esclaves nous narrant le contexte et les forces politiques du pays et la légende de Frédéric Barberousse qui reviendrait pour libérer le peuple de la tyrannie de la descendance de Job. L’arrivée d’Otbert donne à la pièce une tournure plus romantique avec l’effervescence de ses sentiments amoureux pour Regina et le fatalisme ressenti face à la maladie mortelle de la belle.

La sorcière Guanhumara, presque constamment au fond de la scène telle une ombre terrifiante, lui donne un échappatoire : sauver Regina de la mort contre un service bien dangereux pour le jeune homme. Sans savoir ce qu’il devra à la vieille femme, Otbert fonce afin de sauver Regina. Mais, à l’annonce de ce qu’il devra faire pour remplir le pacte, l’homme pâlit. Pourra-t-il commettre un crime pour l’amour de sa belle ?

Contrairement au Roi s’amuse et, surtout, à Hernani, j’ai vraiment retrouvé ici la beauté poétique de Victor Hugo. Même si les personnages partent souvent dans de (trop) grandes tirades, les contextes politique et familial se mélangent intelligemment, mettant en avant les trois personnages principaux que sont Otbert, Guanhumara et Job. Ceux-ci ne manquent pas de surprise, l’intrigue se dépliant peu à peu dans le dernier acte pour finalement révéler tout son potentiel et ses secrets. Si la pièce met du temps à venir au principal, Victor Hugo nous séduit par sa force poétique et dramatique.

Un jour, espérons-le, le globe entier sera civilisé, tous les points de la demeure humaine seront éclairés, et alors sera accompli le magnifique rêve de l’intelligence : avoir pour patrie le monde et pour nation l’humanité.

L’une des pièces que j’ai lu de Victor Hugo qui m’a parue la plus belle grâce aux dialogues magnifiquement écrits avec un style poétique prononcé. L’action n’est pas tellement mise en avant mais les histoires d’amour et de famille au premier plan sont très intéressantes. La pièce reste tout de même trop bavarde à certains moments.

Sortie : 1843
186 pages

Du même auteur

Hernani (1830)
Le Roi s’amuse (1832)
Lucrèce Borgia (1833)
Ruy Blas (1838)
Les Contemplations (1856)

Les Misérables
tome 1 (1862)
– tome 2 (1862)

6 commentaires sur « Les Burgraves, Victor Hugo »

  1. Je ne suis pas vraiment théâtre mais j’ai dans ma PAL l’intégrale des Misérables de l’auteur. Même si ce n’est pas ma priorité, j’espère apprécié autant que Notre-Dame de Paris lorsque je l’en sortirais.

    Aimé par 1 personne

    1. J’ai lu la première partie des Misérables il y a quelques années. Le début a été un peu dur mais les personnages sont tellement forts que l’on s’intéresse rapidement à leur parcours. Après, il n’est pas forcément rapide à lire ^^

      Aimé par 1 personne

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