Note : 4.5 sur 5.

À Manchester, deux meurtres, deux victimes physiquement semblables. Pour l’inspecteur Tom Douglas, cette nouvelle enquête lui rappelle celle, douze ans plus tôt, qu’il n’a jamais pu élucider. Se pourrait-il que les deux affaires soient liées ?

Il pleuvait le jour où ils sont venus me prendre. Derrière ma fenêtre, je regardais les grosses gouttes glisser le long de la vitre et laisser des traînées sur mon reflet pâle. Je regrettais mes décisions précipitées, même si, sur le moment, elles m’avaient paru justes. À quoi ressemblerait ma vie, maintenant ?

Pour une autrice que je ne découvre que depuis cette année, j’en suis maintenant à mon troisième roman et je suis toujours aussi convaincue. Après Ce qui ne tue pas et Murder game dans lesquels nous suivions l’inspectrice Stephanie King, direction Manchester aux côtés de l’inspecteur Tom Douglas avec Tue-moi encore. Rachel Abbott a écrit toute une saga avec ce personnage mais, pas de panique, il n’y a apparemment aucun besoin de lire les livres dans l’ordre. Je pense que vous pouvez même commencer sans problème avec Tue-moi encore, l’intrigue voyageant entre passé et présent avec deux enquêtes confiés à Tom Douglas.

Ces bonds dans le temps de douze ans permettent de bien cerner le personnage et de connaitre sa manière de travailler et ses valeurs humaines. Et, on peut dire que Tom est un flic consciencieux avec une morale à tout épreuve. Dans le présent, nous le retrouvons secondé de Becky, sa jeune collègue avec laquelle il entretient un lien fort, ce qui les aide dans leur travail, étant généralement sur la même longueur d’ondes. Ils se retrouvent donc tous les deux sur une nouvelle affaire criminelle. Deux femmes sont retrouvées mortes à deux endroits différents en l’espace de quelques jours. Si le mode opératoire n’est pas le même, les policiers sont sûrs et certains que les deux affaires sont liées : les deux victimes ont été choisies pour leur ressemblance physique.

Dès la découverte du deuxième corps, Tom Douglas se remémore avec culpabilité une de ses affaires vieille de douze ans : deux meurtres et une troisième tentative avortée sur trois femmes dont la ressemblance était frappante. Le coupable n’a jamais été découvert. Est-ce lui qui reprend sa macabre mission ? Tom le croit, et surtout, il a toujours pensé que ses meurtres cachaient plusieurs coupables. Sa direction l’écoutera-t-elle cette fois-ci ? Il fera tout pour, surtout que sa précédente copine, Leo, qui ressemble étonnamment aux nouvelles victimes, a disparu depuis quelques jours.

Une autre femme semble être le portrait craché des deux défuntes. Maggie, avocate pénaliste, vient de s’installer avec son mari Duncan et ses deux enfants à Manchester pour son nouveau travail. Quelle est sa stupeur quand elle apprend que Duncan, maintenant père au foyer, est parti de la maison sans un mot et en laissant les enfants livrés à eux-mêmes ! Que fuit-il ? A-t-il une maîtresse ? Une double vie ? Un lourd secret ? Alors qu’elle reçoit bientôt des appels menaçants, Maggie fait tout pour découvrir l’endroit où se cache son mari. Elle qui pensait tout savoir sur lui pourrait bien tomber de haut.

Dans ce mutisme de Duncan sur sa vie privée et sur son passé et dans ce désir de Maggie de tout faire pour en découvrir le plus possible, j’ai retrouvé la dynamique qu’entretenaient Jemma et Matt dans Murder game. L’un tente de tout enfouir alors que l’autre veut à tout prix découvrir la vérité. Cela fonctionne davantage ici, le mari ayant beaucoup plus de choses à taire pour son propre bien.

L’enquête avance en distillant de plus en plus indices, ceux-ci laissant libre cours à nos interrogations et à nos théories. Rachell Abbott maîtrise très bien son histoire, laissant planer le doute dans toutes les directions possibles. On s’attache à Maggie à laquelle on peut facilement s’identifier dans son rôle de mère dévouée et paniquée à la recherche de son mari disparu. On se prend également d’affection pour Tom Douglas qui est professionnel et méthodique tout en laissant transparaitre ses émotions et ses incertitudes au sujet de la disparition de Leo.

Cette partie-là de l’intrigue n’était pas forcément nécessaire, cela apporte une touche encore plus dramatique à cette histoire sans qu’elle n’en ait réellement besoin. Tom étant déjà lié aux deux affaires criminelles, il n’était pas utile de rajouter un élément personnel à toute cette histoire. Le fait également qu’il soit une gravure de mode n’aide pas non plus à prendre certaines choses au sérieux, ce flic a l’air trop parfait pour être vrai. Certains éléments de l’intrigue sont assez prévisibles si vous êtes des lecteurs assidus de romans policiers, on sait généralement que quand une personne est trop gentille, c’est qu’elle cache quelque chose. Malgré tout, on est pris dans l’histoire et l’autrice arrive tout de même à nous surprendre à plusieurs surprises et ce, jusqu’à la fin. Merci à NetGalley et aux éditions Belfond pour cette lecture.

Des mystères dans tous les sens et bien amenés, des personnages sympathiques que l’on veut voir survivre et triompher, et une nouvelle enquête policière reliée à une précédente vieille de douze ans. Que demander de plus ? Quelques révélations étaient tout de même prévisibles.

D’autres enquêtes de Tom Douglas

Ceux qui doivent périr (2021)
Proie (2021)

De la même autrice

Ce qui ne tue pas (2019)
Murder game (2021)

2 commentaires sur « Tue-moi encore, Rachel Abbott »

  1. Malgré quelques prévisibilités, je suis content de voir que cela marche toujours aussi bien entre cette auteure, cette série et toi ! J’apprécie quant une plume parvient à me tenir en haleine tome après tome, comme c’est le cas avec Bernad Minier par exemple.

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