Note : 4 sur 5.

Au milieu de nulle part, une maison bleue abrite toute une famille. Celle-ci, s’agrandissant avec les années, doit faire face au temps qui passe et à de nouvelles épreuves.

C’est une jolie maison bleue, toute bleue, posée au milieu de nulle-part. Elle semble comme sortie de terre, se dressant fière et incongrue dans un désert de pierres grises où rien ne pousse. Tout autour, c’est le néant, le gris à perte de vue.

Telle une fable sur la vie en communauté et sur la recherche du bonheur, La Maison bleue est une nouvelle pleine d’esprit et d’interrogations sur l’être humain que l’on prend plaisir à lire. Plantée au milieu d’un grand espace naturel, une maison bleue a été construite on ne sait comment, on ne sait pourquoi. Ce que l’on sait, c’est qu’elle abrite toute une famille qui se satisfait de cette vie isolée au milieu de nulle part et qui ne s’inquiète pas forcément de savoir ce qui se cache derrière les montagnes à l’horizon. L’important, ce n’est pas le dehors, l’inconnu, mais bien la vie dans cette maison bleue.

Au départ, tout semble facile. Chacun y met du sien et trouve sa place dans ce petit groupe, la nourriture ne manque pas grâce au potager et à l’élevage et tout le monde semble heureux de vivre cette existence simple. Cependant, avec les années, la famille s’agrandit jusqu’à devenir une petite communauté. L’espace est de plus en plus réduit dans cette maison devenue trop petite, la nourriture vient à manquer et les opinions divergent sur la façon de gérer les problèmes quotidiens et l’organisation globale de la famille. À travers cette histoire, Laurent Hunziker explore les rouages de la vie en communauté, ses failles et ses limites. La jalousie face aux biens d’autrui, la procrastination, la paresse physique et intellectuelle ; ce sont des maux qui peuvent détruire tout le fonctionnement d’une société si on ne prend pas les problèmes à bras le corps et au moment opportun.

Il est aussi question de bonheurs simples que l’on peut souvent négliger. Ils font tellement partie de notre vie que l’on n’y fait plus attention jusqu’à ce qu’un jour, ils disparaissent pour de bon. Et, fatalement, c’est à cet instant que l’on prend pleinement conscience de toute leur valeur. On en vient à être désenchanté, nostalgique. Mais, regarder continuellement en arrière ne ferait que précipiter la fin de tout. L’auteur met en évidence des vérités sur les contradictions, voire les paradoxes, de l’être humain et sur ses besoins et envies. Le début de la nouvelle qui érige la maison tel un personnage à part entière se répète un peu mais la suite est bien plus fluide et intéressante. L’auteur met en place des métaphores qui fonctionnent bien et qui aident à transposer toute cette histoire dans notre réalité. Merci à Laurent Hunziker pour cette lecture.

Il doit y en avoir d’autres des maisons, bleues ou vertes ou de n’importe quelle couleur. Il faut regarder au loin, et juste y croire. Les fenêtres, c’est fait pour ça ; pour laisser entrer la lumière, le vent, le parfum des pierres, les fragrances d’aventures. Ça sert à ça les fenêtres : à illuminer nos esprits parfois un peu trop éteints. À éclaircir les matins sombres.

Cette nouvelle aux allures de fable nous donne à réfléchir sur la vie en communauté, sur l’histoire sans fin de l’humanité et sur les manières de voir et de rechercher le bonheur. Les idées se répètent parfois mais le tout est intéressant.

Sortie : 15 août 2021
64 pages

Du même auteur

En un rien de tant (2016)
Silhouettes (2018)

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s