Note : 4 sur 5.

Quatre amies à Los Angeles font le point sur leur vie. Cinquantenaires, elles ont encore beaucoup de choses à vivre. Alors, que pourraient-elles changer pour être plus heureuses ?

CASTING
Julie Delpy : Justine
Elisabeth Shue : Anne (aussi dans The Boys)
Sarah Jones : Yasmin
Alexia Landeau : Ella
Mathieu Demy : Martin
Troy Garity : George
Timm Sharp : William
Giovanni Ribisi : Jerry

12 épisodes
2021-
-> en attente de renouvellement
sur Canal+


Tout peut encore arriver.


On the Verge, de Julie Delpy | Critique | Somewhere Else

Les femmes cinquantenaires à l’honneur

Nouvelle création originale de Canal+, On the verge nous emmène à Los Angeles avec un casting principalement américain. Mais, c’est sans compter sur Julie Delpy, actrice et réalisatrice de la série, qui y amène sa touche bien frenchie. Et si vous connaissez déjà l’actrice, vous ne serez pas étonnés de la manière avec laquelle elle raconte son histoire. Drôle, pétillante et décalée, Julie Delpy nous propose une série qui n’hésite pas à nous étonner par son ton irrévérencieux et son atmosphère qui mêle agréablement bonne humeur et mélancolie.

Le sujet principal de On the verge : la femme cinquantenaire du XXIème siècle. Qu’est-ce qu’elle vie, pense, espère ? À travers quatre portraits féminins, la série tente de montrer qu’à cinquante ans, on a encore tout la vie devant soi et qu’il n’est pas trop tard pour dévier de sa trajectoire. Justine, Anne, Yasmin et Ella sont quatre amies aux vies professionnelle et familiale très différentes et chacune réagit à sa manière.

Mère d’un garçon curieux et attentionné, Justine est une cheffe française dans un restauration réputé mais qui est constamment sous-estimée par son mari. Anne, trouvant la sérénité dans la marijuana, semble comblée par sa vie de famille malgré l’ascendance que sa mère a toujours sur elle et sur la dépendance financière de son époux. Yasmin, hypersensible, vit mal de ne pas trouver de travail, maintenant qu’elle est prête à lâcher un peu de lest avec son fils. Et Ella, mère célibataire et borderline, enchaîne les petits boulots pour subvenir aux besoin de ses trois enfants, de trois pères différents, et peine à se faire respecter par son petit dernier.

Les journées sont donc bien mouvementées entre boulot, éducation des enfants, embrouilles maritales et charge mentale. Heureusement que les quatre amies peuvent se retrouver régulièrement pour souffler et relativiser. Malgré cela, que pourraient-elles changer afin d’être pleinement comblées ? Face à quelques désillusions, elles devront prendre des décisions difficiles pour l’harmonie de leur famille mais inévitables et même vitales pour elles et leurs enfants.

Fred Perry Cardigan Of Timm Sharp As William In On The Verge S01E02 "Viva  Italia!" (2021)

Des maris solidaires et des maris manipulateurs

Malheureusement, les quatre femmes n’ont pas toutes la chance d’avoir un mari compréhensif. Yasmin, la plus alarmiste et la plus stressée des quatre, est celle qui, justement, peut le plus se reposer sur son mari. Réussissant le plus souvent à la canaliser, William est un homme présent et apaisant qui accepte toutes les excentricités de sa femme. Mais, la série le montrera, il faut parfois se méfier des plus calmes et des plus souriants, et cela concerne tout autant William que Yasmin, celle-ci prenant un virage assez déstabilisant en milieu de saison, à se demander la raison de ce choix scénaristique.

Ella est beaucoup plus démunie avec trois enfants qui préfèrent se crier dessus que de s’entraider. Avec l’un de ses ex qui vient même squatter dans son jardin, elle est prête à tout pour ramener de l’argent à la maison. Et clairement, elle est l’exemple à ne pas suivre ! La manière avec laquelle elle met toute la famille à contribution est assez gênante mais cela montre bien une réalité propre à quelques familles utilisant les nouvelles technologies pour profiter du système.

De son côté, Anne reste sur les fesses quand son mari veut prendre ses distances. Elle qui vit la vie comme elle vient et s’imaginait une vie de famille comblée, est désarçonnée par le choix de George. Mais peut-être que cette pause pourrait permettre à Anne de se retrouver et de faire des choix qui aideront à son épanouissement personnel.

Finalement, c’est Justine qui est la plus à plaindre dans son mariage et sa vie de famille. Avec un mari pareil, difficile d’avoir encore confiance en soi. Martin est un manipulateur expert qui ne cesse de faire payer à Justine leur déménagement aux États-Unis pour son travail. Chômeur depuis des années, il n’arrive pas à trouver un travail d’architecte à la hauteur de ses attentes – ou bien personne ne veut de lui –, ce qu’il fait payer au quotidien à sa femme.

Mathieu Demy, avec son look du siècle dernier, joue très bien le rôle u mari qui se sent émasculé par la réussite professionnelle et sociale de sa femme. Pour cela, il la dénigre en permanence et se pose en victime qui ne mérite pas son sort. À chaque fois qu’il ouvre la bouche, on a envie que Justine le remette à sa place. Mais avant ça, cette dernière devra ouvrir les yeux et prendre conscience de ses envies et de ses qualités.

https://media.ouest-france.fr/v1/pictures/624e40d66b82f6d8a08f64d342f736fd-on-the-verge-serie-humoristique-programme-tv.jpg?width=1260&sign=a378ccfd72468d331c3150abdf046a2e90dfed91346d5c053716a347d56942d1&client_id=bpservices

Des enfants plus conscients que ce que leurs parents s’imaginent

Si leurs dialogues ne sont pas si fréquents que ça, les enfants ont également une place importante dans la série. On ne les voit pas seulement à travers les yeux de leurs parents et c’est un choix intéressant de la part de Julie Delpy. Tous ont une voix bien distincte et réagissent à leur manière aux bouleversements s’opérant dans leur foyer respectif.

Et, surtout, ils sont très conscients de ce qu’il se passe. Ils sont toujours des enfants mais ils ne sont ni aveugles ni ignorants. Ils comprennent bien que leurs parents vivent des crises qui les dépassent mais que celles-ci vont avoir des conséquences sur eux-mêmes. Comment se préparer à la séparation de mes parents ? Où va le monde et qu’est-ce que je vais devenir ? Pourquoi ma mère n’est pas heureuse alors qu’elle nous a, moi et mon père ? Est-ce normal que mon père se comporte de telle façon avec ma mère ? Est-ce que je serai heureux quand je serai adulte ?

Malgré ces mères qui voient encore leurs enfants comme leurs bébés, ceux-ci se posent déjà une multitude de questions sur le monde qui les entoure et surtout, ont déjà quelques certitudes qui les aident à grandir. Tout n’est pas rose pour eux non plus et ils n’imaginent pas un avenir parfait. Ils sont finalement assez réalistes même s’ils gardent évidemment leurs rêves et illusions d’enfants.



Sans être une série révolutionnaire ou incroyable, On the verge est une parenthèse agréable qui permet de relativiser et de rire de soi-même. Cela prouve également qu’à cinquante ans, on est loin d’être vieux/vieille et qu’on a encore plein de choses à vivre et à découvrir, si tant est qu’on s’en donne les moyens. La série mélange avec justesse comédie et drame pour nous offrir un regard réaliste, et quelque peu grinçant, sur notre époque contemporaine, sur l’image de la femme et l’évolution des relations humaines.

On the Verge », sur Canal+ : la vie de quinquagénaires à l'heure des choix

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s