Note : 4 sur 5.

Avec un combattant dans ses rangs, le culte de l’ancien dieu se voit déjà gagner contre son ennemi et convaincre le peuple de le rejoindre. Mais les dirigeants de Kyrenia sont tout aussi déterminés à garder le pouvoir religieux et politique.

Attendre. Laisser venir. Ne pas deviner, ne pas prévoir. Ne regarder que les yeux, le fond des yeux, le fond de l’âme. Attendre l’étincelle, le souffle imperceptible qui s’infiltre dans les épaules, dans les poignets, jusqu’au bout de la lame. Attendre l’attaque comme on attend une vague, au bruit, à l’instinct, à la sensation d’écume. Distinguer l’animal apeuré derrière le jeu des postures… Et frapper.

Après un tel cliffhanger dans La Marche du Prophète, il est dur de résister à l’appel de la suite, L’Envers du monde. Ce second tome concluant en plus Aeternia, j’étais sûre d’obtenir toutes les réponses que j’attendais. Ce qui est sûr, c’est que même si j’ai retrouvé les mêmes problèmes que dans le tome 1, cette suite est un brin meilleure. Nous retrouvons les personnages quelques jours après les derniers événements tragiques avec un premier chapitre qui fait un bel effet de miroir avec celui du premier tome.

Dès le début, le roman est clair, Desmeon devient le personnage central de l’histoire, et c’est effectivement le meilleur choix au vu du soin que prend Gabriel Katz à approfondir l’histoire et le caractère de ce combattant insouciant et insolent. Les autres protagonistes ne sont malheureusement pas tous logés à la même enseigne. En dehors de Desmeon, de Varian, de Synden ou encore d’Annoa, les autres personnages ne sont pas assez présents ou assez étoffés pour apporter une vraie plus value au récit.

Ismaen est loin d’être l’antagoniste impressionnant que l’auteur veut nous vendre, le Patriarche de la Déesse est fantoche, celui du culte d’Ochin est presque inexistant, Synden devient vraiment intéressante à partir du moment où elle fait équipe avec Desmeon, Mae Nim est un nouveau personnage féminin intéressant mais pas assez présent pour vraiment faire la différence, et Nessyria est LE personnage raté. Elle est tellement creuse qu’on ne sait jamais à quoi s’attendre d’elle ou si elle est dans le bon ou le mauvais camp. J’ai passé mon temps à la croire mal intentionnée même quand l’auteur voulait la présenter sous un bon jour. Faute à un traitement du personnage trop succinct, Nessyria n’est présent que pour représenter la femme belle et tentatrice, ou bien celle qui est dévorée par la jalousie amoureuse.

Heureusement, d’autres personnages s’en sortent mieux comme Annoa, qui préserve sa dualité intrigante, Varian qui, toujours, est mis en première ligne mais qui profite de chaque occasion pour obtenir quelque chose, et Desmeon qui est la touche comique dans cette ambiance des plus sombres. Comme dans le premier tome, on est ici dans une intrigue qui ne prend pas de gant et qui tâche. Ne vous attachez pas trop aux héros de cette histoire, on ne peut jamais être sûr de leur sort. Et comme Gabriel Katz est doué pour entretenir le suspense, on ne sait jamais quand le couperet va tomber. À part un seul retournement que j’ai vu arriver à des kilomètres à cause de ce manque de consistance de certains personnages.

Vous retrouverez avec plaisir quelques similitudes avec Le Trône de fer comme le dessein du Grand Moineau ou le destin de la Montagne. Parlons maintenant du conflit religieux. Le culte d’Ochin, religion païenne et hérétique selon le Haut Temple de la Déesse à Kyrenia, gagne de plus en plus de fidèles. Avec les petites gens prêtes à suivre cet ancien dieu, la vie à Kyrenia va vite être bouleversée. Il est passionnant de voir comment une idéologie peut enflammer les masses et comment les choses peuvent vite basculer. Les manigances des deux camps religieux se multiplient et se précisent, le lecteur ayant le droit à plus d’une surprise qui lui montre que les enjeux sont bien plus grands qu’il ne pouvait le présager de prime abord.

Prêtres, hérétiques, soldats, politiques, mercenaires, tous se lancent dans ce combat dont il est impossible de connaître à l’avance les vainqueurs. La fin m’a parue très satisfaisante, dans la même ambiance que l’ensemble de la duologie avec des personnages qui parviennent à leurs fins et d’autres qui, face à leurs désillusions, abandonnent ou recherchent un nouveau but.

– On peut enfermer des hommes, chroniqueur, pas des idées.

Les rouages du pouvoir et la manipulation de masse sont bien exploités et proposent de bonnes surprises tout au long du roman. Ce second tome est centré sur Desmeon, le personnage le plus développé de cette duologie. Je reste tout de même un peu déçue par rapport à un retournement très prévisible et à un manque de consistance pour pas mal de personnages.

Sortie : août 2015
390 pages

De la même saga

La Marche du Prophète tome 1 (2015)

Du même auteur

La Maîtresse de guerre (2012)

Le Puits des mémoires
La Traque tome 1 (2012)
Le Fils de la Lune tome 2 (2012)
Les Terres de cristal tome 3 (2013)

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