Note : 4 sur 5.

Quand son conjoint commence à être trop proche de sa fille à son goût, Nathalie décide de faire ses bagages et de s’installer seule avec Scarlet. Alors qu’elle tente de comprendre si ses doutes sont fondés, l’inspecteur Tom Douglas est de son côté chargé d’une nouvelle affaire criminelle.

Ç’avait été une nuit comme tant d’autres au cours des dernières semaines. Tandis qu’elle scrutait la rue depuis sa fenêtre du deuxième étage, toujours plongée dans l’obscurité à cette heure matinale, elle s’avoua enfin qu’elle n’en pouvait plus.

Belfond est apparemment décidé à traduire, pour notre plus grand plaisir, tous les romans de Rachel Abbott. J’en profite donc, et je remercie la maison d’édition et NetGalley, pour continuer mon excursion dans la saga de l’autrice autour de son inspecteur chef, Tom Douglas. Celui-ci est avec Proie face à une nouvelle affaire délicate concernant la mort d’une adolescente. Décédée d’une chute du haut d’un immeuble, la question est de savoir si la jeune Jennifer s’est suicidée ou si quelqu’un l’a délibérément poussée à partir du toit. Alors que les parents sont interrogés, Tom et sa coéquipière Becky comprennent que la victime évoluait au sein d’un foyer très religieux qui ne lui laissait aucune liberté propre à une fille de son âge. Aurait-elle désobéi à ses parents pour goûter à l’interdit ? Les policiers sont prêts à creuser toutes les pistes afin d’obtenir la vérité. Et si elle aurait rencontré quelqu’un de dangereux ? de plus vieux ? de mal intentionné ?

D’un autre côté, nous rencontrons Nathalie, veuve depuis dix-huit mois de Bernie, un policier apprécié de tous. Ayant réussi à remonter la pente grâce à Ed, le meilleur ami de Bernie, Nathalie imagine un avenir radieux avec lui et Scarlet, sa propre fille de quinze ans. Le problème est lorsqu’un geste ambigu sème le trouble dans l’esprit de la mère. Après ce que Nathalie a découvert sur l’ordinateur d’Ed, les doutes se multiplient et il n’est pas question de garder des œillères, surtout quand la sécurité de Scarlet est en jeu. Quittant précipitamment le domicile d’Ed, la mère et la fille s’installent dans un appartement de secours le temps de faire le point. Son amant, qui est le parrain de Scarlet, aurait-il des penchants pour les jeunes filles ? Rachel Abbott est vraiment douée pour distiller le doute et développer un climat de suspicion. Et pour cela, l’écrivaine utilise un moyen qui fonctionne à tous les coups dans les relations amoureuses et familiales : le manque de communication. N’ayant pas toutes les cartes en main, il est facile de douter de tout le monde autour de Nathalie, surtout quand tous ont l’air d’avoir quelque chose à cacher.

À l’instar de ses autres romans, Rachel Abbott narre en parallèle deux histoires, l’une au centre d’une enquête policière, et l’autre autour d’une femme qui doit se dépêtrer d’une situation familiale ou amoureuse complexe. Évidemment, les deux intrigues vont finalement se rejoindre, et si on voit rapidement le lien entre les deux, il est intéressant de suivre les différents points de vue de Tom, de Becky, de Nathalie et de Scarlet. Cette dernière m’a immédiatement fait penser à Tachan dans Ceux qui doivent périr : deux adolescentes très sensibles qui pensent créer tous les maux autour d’elles. Nathalie, elle, fait comme elle peut pour protéger sa fille même si elle ne pose pas toujours les bonnes questions aux bonnes personnes. Du côté de nos deux enquêteurs, leur relation fonctionne toujours aussi bien, c’est plaisant d’avoir lu les romans précédents pour ressentir l’évolution dans leurs échanges. L’arrivée dans l’équipe de Keith reste anecdotique, on reste focalisé sur Tom et Becky, ce qui est un plus. À savoir que, si vous voulez lire les livres dans l’ordre, Proie se déroule après les événements de Tue-moi encore.

Je suis encore loin d’être déçue par l’autrice même si ce roman policier n’est pas exempt de défauts, et certains sont assez gros. L’identité du coupable dans l’intrigue de Nathalie est beaucoup trop prévisible et c’est à se demander si l’autrice ne fait pas exprès de mettre tous les signaux autour de ce personnage. Par contre, il est difficile de s’attendre au dénouement de l’enquête policière, jusqu’à un certain moment. Et pour cause, cette fin parait un peu trop grosse pour être crédible. Certes, certaines personnes sont vraiment malades, mais à ce point, ça fait beaucoup pour une seule personne. J’avais déjà ressenti ce sentiment de sensationnalisme avec Ceux qui doivent périr. J’espère ne pas avoir encore cette impression dans les autres romans de l’autrice comme Sous emprise et Nid de guêpe qui attendent sagement dans ma bibliothèque.

Le duo d’enquêteurs est toujours aussi sympathique et les deux affaires sont bien menées, l’autrice mettant toujours l’accent sur les conflits familiaux et amoureux de façon perspicace. On doute avec les protagonistes et on trépigne de découvrir les secrets de chacun. Le dénouement est assez prévisible et en même temps, il est un peu gros mais l’enquête est globalement réussie.

D’autres enquêtes de Tom Douglas

Ceux qui doivent périr (2021)
Tue-moi encore (2021)

De la même autrice

Ce qui ne tue pas (2019)
Murder game (2021)

6 commentaires sur « Proie, Rachel Abbott »

    1. La preuve avec ce cinquième roman que je lis d’elle cette année, je ne suis pas du genre à enchainer autant d’habitude ^^ Elle réussit très bien à créer des atmosphères dans lesquelles le doute est omniprésent.

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