Note : 4.5 sur 5.

Il y a 9 siècles, le monde, frappé par la colère divine, sombra dans une ère rédemptrice où les âmes conscientes furent condamnés à vivre en nomade du temps. Aosus. Azzur. Magama. Cassade. Ocaria. Cinq mondes pour 5 vies différentes. Mais alors que l’humanité payait humblement les crimes de ses ancêtres, un ennemi mystérieux apparut, déterminé à entraîner les Hommes dans une escalade de feu et de sang.

Vivre était alléchant. Pourtant, dans sa bulle de porcelaine, aucune occasion ne s’était jamais présentée à elle de peser le poids de son âme. L’instant de vérité venait maintenant.

En commençant ce premier tome, je ne pensais pas tomber sur un univers aussi original et fascinant par sa diversité et par ses codes. Depuis neuf siècles, le monde a changé, les hommes, à force de se faire la guerre, ont réveillé la colère de Dieu, ce qui a totalement bouleversé leur existence. Depuis, l’univers est composé de cinq mondes qui se succèdent indéfiniment en s’alternant par cycles. Chaque personne peut vivre cinq vies différentes à travers les années tout en gardant une seule identité et en gardant toujours en mémoire ses différentes vies dans ces cinq mondes. Les maladies ne peuvent toucher les hommes que dans un seul monde, les laissant hagards et forts dans les autres, et les au revoir peuvent être d’autant plus déchirants avec leurs proches, le phénomène devant se répéter cinq fois. Avec un univers pareil, Rémi Bomont peut créer une multitude d’intrigues, de phénomènes, de possibilités. C’est totalement fou et c’est ce qui nous accroche dès le début de cette histoire dans laquelle le mot guerre n’est connu que d’un petit nombre et où la magie, nommée les Forces Interdites, est punie de la peine de mort.

Lerena et Eloran ont été longtemps séparés à cause de cette loi fondamentale dans le royaume d’Escasam. Elle est la fille du roi Erasthostène Elewoon, lui le fils du Haut Commandant d’Escasam qui, avec sa femme, a fauté et a utilisé les Forces Interdites. Ses parents jugés et tués, Eloran quitte soudainement la cour royale pour une vie plus pauvre et se perd à travers les mondes. Une quinzaine d’années plus tard, alors qu’elle a toujours vécu dans sa tour d’ivoire, Lerena compte bien retrouver son vieil ami. Sur les routes depuis déjà trois ans à sa recherche, la jeune fille a découvert la vie du peuple, son manque de moyens, les dangers qui l’entoure avec les bandits de grand chemin, les extorsions, etc… Avec le souhait d’être bien plus humble et consciente de la vie des classes plus basses, la princesse ne perd pas de vue son objectif malgré la santé vacillante du roi qui devient de plus en plus préoccupante. Confrontée aux dangers de la vie quotidienne, peut-être que cette rencontre qu’elle espère depuis des années pourrait survenir au moment le plus étonnant.

Eloran, lui, connait bien la vie de nomade et s’est toujours contenté de ce qu’il avait malgré son passé plus clinquant. Élevé par un forgeron, il a ensuite fait son bout de chemin en solitaire pour protéger les gens qu’il aime. Mais maintenant que son destin est scellé, aura-t-il le temps de revoir sa bien aimée ? Des forces extérieures semblent également prêts à prendre d’assaut Escasam. La guerre qui n’était plus qu’une légende pourrait malheureusement redevenir réalité. Nous voilà face à un récit avec deux points vue où la mythologie de cet univers fantasy se développe de chapitre en chapitre de même que les personnages dont on découvre le passé, les desseins, les espoirs.

L’auteur ne se repose pas sur des faits que l’on pourrait honnêtement attendre et je suis agréablement surprise par certains de ces choix, que ce soit pour l’intrigue principale ou pour les relations amoureuses de nos héros. Cependant, on ressent une transformation nette au moment du changement de cycle. Arrivés à Saint-Rehael, l’histoire devient plus opaque, plus mystérieuse, et j’ai parfois eu du mal à m’y retrouver. Des personnages cachent consciemment des informations pour en laisser d’autres dans le flou et le lecteur peut être lui aussi un peu perdu. Une perte de rythme se ressent malgré l’intérêt qui reste toujours présent à l’approche d’une guerre bien palpable. L’écriture est particulièrement soignée, autant dans la narration que dans les dialogues, ceux-ci faisant ressortir un aspect mystique, ésotérique et philosophique qui colle parfaitement à l’aspect mythologique de ce nouveau monde âgé de neuf siècles et à l’intrigue entre épopée et recherche de la vérité ultime. Merci à Rémi Bomont pour cette lecture qui a été bénéfique lors de ma longue panne de lecture. Je suis curieuse de ce qui pourrait advenir dans le tome suivant.

Il était devenu le témoin unique d’un drame qui caractérisait parfaitement la tragédie de la vie : elle promettait tant et donnait si peu.

Un univers fantasy aux mille possibilités avec ces cinq mondes qui s’alternent dans la vie des personnages et un périple épique pour nos héros en quête de leur passé arraché et de leur futur à protéger. Il y a une petite baisse de rythme bien après la moitié du livre qui n’a néanmoins pas altéré  mon intérêt à suivre les aléas de cette nouvelle guerre qui se profile tout au long de ce premier tome.

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