Note : 4 sur 5.

Floride, de nos jours.
On dit qu’une disparition d’enfant se résout dans les 48 heures. Quarante-huit heures, c’est le temps qu’il faut pour investiguer, coller des affiches, frapper à toutes les portes, auditionner des témoins. Deux jours d’angoisse à retourner le monde en tous sens, pour faire réapparaître un gamin. Mais deux jours, c’est court.
Pour Ben, l’attente dure depuis cinq ans, et ce jour où Eric, son petit frère de trois ans, a disparu dans le supermarché local. Une seconde d’inattention et l’enfant s’est volatilisé. A-t-il été kidnappé ? S’est-il perdu ? Est-il toujours vivant ? Les questions demeurent sans réponse.
Coincé entre une belle-mère qui passe ses nuits à dorloter un enfant imaginaire, et un père qui se noie dans le travail pour oublier, Ben ne vit plus, rongé par la culpabilité. Pour les aider, le jeune homme cherche un boulot. Ironie du sort : dans cette ville sinistrée, le seul job disponible est manutentionnaire de nuit au supermarché. Ben accepte. Mais quelque chose ne tourne pas rond dans ce magasin. L’attitude bizarre de ses collègues, de son patron ; des conserves qui semblent se déplacer dans les rayons ; une broyeuse à carton que l’on croit entendre gémir. Et puis, ce doudou rhinocéros défraichi qui réapparait soudain. Le doudou d’Eric.
Ben en est convaincu : les lieux lui parlent, lui demandent de poursuivre ses recherches, de creuser encore. À moins qu’ils ne lui conseillent de fuir ?

Au plus fort de la chaleur écrasante de l’été, en Floride du Nord, deux jeunes garçons découvrirent un cadavre au milieu d’une forêt où ils avaient pourtant promis de ne jamais s’aventurer.

Dathan Auerbach, digne successeur de Stephen King ? Je dois dire que cette comparaison avec le maître de l’horreur et du suspense m’a intrigué autant qu’effrayé. Au bout du compte, qu’en est-il ? Bad man nous invite à une lente immersion au sein d’une intrigue étrange et tout à fait prenante. Le pari est réussi, on n’attend plus que de voir ce que l’auteur compte nous concocter dans l’avenir. Bad man met parfaitement en lumière la détresse face à la disparition d’un proche, la culpabilité que l’on peut ressentir face à cette perte et la recherche obsessionnelle de la vérité.

Après la fin du lycée, Ben est à la recherche d’un emploi. Mais dans cette petite ville où l’offre est maigre, seul le supermarché du coin accepte de l’embaucher. Le supermarché dans lequel son frère Éric âgé de trois ans a disparu sous ses yeux il y a cinq ans. Sans réellement d’hésitation, il accepte ce poste de manutentionnaire de nuit au côté de ses collègues Marty et Franck. Alors que la culpabilité d’avoir perdu son petit frère ne cesse de le dévorer, ses recherches pour le retrouver vont reprendre de plus belle lorsque des événements curieux vont se manifester lors de ces nuits au supermarché. Entre un patron et des collègues mystérieux auxquels il est dur de faire confiance, des avis de recherche qui disparaissent et des témoignages à propos d’un garçon seul aperçu dans la ville, tout semble être fait pour que Ben mène d’autant plus férocement l’enquête.

Ne vous précipitez pas sur ce roman si vous êtes à la recherche de sensations fortes où d’un récit haletant. Bad man préfère prendre son temps et choisit d’adopter un rythme assez lent afin que l’on s’attarde davantage sur le développement psychologique de Ben que sur une traque débordante de rebondissements et d’action. Il n’est pas difficile de s’attacher à Ben, également à Marty, mais rapidement on se rend bien compte que chacun des personnages semble cacher son jeu. Et si personne n’est digne de confiance ? Dathan Auerbach réussit à nous mener en bateau en nous offrant de nombreuses pistes pour qu’on puisse se méfier du plus grand nombre.

Ce roman ne manque pas de descriptions détaillées qui nous permettent de s’insinuer encore davantage à l’intérieur du récit lors de ses longues nuits de travail dans ce supermarché silencieux où le patron détestable possède plus d’angles de vue que le pense Ben. Seule la fin n’aura pas réussi à totalement me convaincre tant elle se détache du reste. Celle-ci est bizarrement précipitée et nous laisse face à certaines zones d’ombres qu’il aurait été intéressant de développer dans cette dernière partie. Malgré cela, je recommande vivement ce nouveau thriller inquiétant et finement orchestré. Merci à NetGalley et à Belfond pour cette lecture. Sorti fin février, vous pouvez à votre tour vous laisser tenter.

L’espoir agit telle une drogue sournoise, sécrétée par les mots et les pensées, affinée par le temps. Il ne résout rien. Il nous endort et nous rassure jusqu’à absorber notre désespoir dans sa brillante incandescence. Et plus il nous berce d’illusions, plus nous avons tendance à oublier qu’il se trouve lui aussi enfermé dans la fameuse boîte de Pandore. C’est la seule horreur du monde à ne pas s’être échappée quand le couvercle à été ouvert. La seule qui vit en nous.

Ce thriller psychologique prend son temps afin de nous laisser entrer dans son récit inquiétant à la recherche d’un enfant au sein de cet environnement où tous semblent avoir quelque chose à cacher au personnage central.

2 commentaires sur « Bad man, Dathan Auerbach »

    1. Oui, c’est assez lent mais pas ennuyant. On a vraiment envie de savoir où est passé Eric et si les gens de ce supermarché sont vraiment coupables de quelque chose ou si Ben « s’empoisonne » l’esprit à force d’être obsédé par la disparition de son frère.

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