Note : 4.5 sur 5.

La personne que l’on a aimé est-elle toujours la même vingt ans plus tard ? Olivia, avocate, est prête à parier sur l’innocence de son ex fiancé qu’elle n’a pas revu depuis leur lointaine rupture. Accusé d’avoir commis une fusillade, l’écrivain ne peut placer sa confiance qu’en Olivia qui ne pourra pas le soupçonner. N’est-ce pas ?

On dit que l’ignorance, c’est le bonheur. Je pense, moi, que le bonheur, est pour les ignorants.

Avocate pénaliste à New York, Olivia Randall a l’habitude de prendre pour clients des personnalités de la ville. Délits mineurs, alcool au volant, négociations de libération, elle connaît ça sur le bout des doigts. Sa nouvelle affaire pourrait cependant se révéler plus ardue que les précédentes. Pour commencer, son potentiel client n’est autre que le seul homme qu’elle a aimé, le fiancé qu’elle a fait fuir à la sortie de l’université.

Tout commence par l’appel de Buckley, la fille adolescente de son ex fiancé, Jack. Celle-ci apprend à Olivia l’arrestation de son père, accusé du meurtre de trois personnes sur un terrain de football de la ville. Arrivée commissariat, elle prend connaissance de l’alibi plus que fantasque de Jack et comprend que la police ne peut y croire. Mais elle, elle n’a aucun doute, et c’est le plus important pour Jack qui souhaite qu’Olivia soit son avocate et lui rende sa liberté. Peu à peu, Olivia va devoir collecter des indices et fourrer son nez dans la vie de chaque personne en lien avec cette affaire afin de trouver le moyen de disculper Jack.

D’abord, rendre son alibi vraisemblable, ensuite trouver un moyen de démonter les arguments du procureur chargé de trouver des indices contre Jack. Et malheureusement, ces derniers vont être de plus en plus nombreux. Olivia peut-elle encore croire en l’innocence de l’homme qu’elle a aimé ? Celui qui est incapable selon elle de faire du mal à qui que ce soit ? Celui qu’elle a blessé de la pire des manières ? L’affaire judiciaire fait renaître un florilège d’émotions qu’il est difficile de faire taire pour Olivia. Reconnue pour sa force de caractère et son talent pour défendre ses clients, elle se retrouve ici à devoir mettre de côté ses sentiments personnels afin de venir en aide à cet homme du passé.

À mesure que l’enquête d’Olivia avance, l’auteur nous dévoile le passé des deux jeunes amoureux qui était loin d’être idyllique. Avec la vérité qui fait peu à peu jour sur leur passé, la tension devient de plus en plus grande pour ce qui est du présent. Jack peut-il vraiment être innocent ? Pourtant, tout l’incrimine. Et plus elle discute avec les personnes en lien avec l’affaire, plus Olivia comprend qu’il y a une part de Jack, enfouie sous la surface, qu’elle n’a jamais vu. Comme avec Un couple irréprochable, Alafair Burke nous met face au tiraillement profond entre la raison et les sentiments. Il est tellement plus agréable de croire en la sincérité de quelqu’un à qui l’on tient et qui n’a jamais montré aucun signe contraire. Pourquoi imaginer que chacun peut porter un masque ?

Alors que l’on se pose de plus en plus de questions sur la personnalité de Jack, on s’émeut des réactions d’Olivia entre besoin d’y croire, déni, culpabilité du passé, colère et résolution. L’auteure réussit une nouvelle fois à construire un récit intrigant avec des personnages auxquels on peut s’attacher au milieu de cette intrigue allant crescendo vers la révélation de l’âme humaine.

Si la fin m’a un peu moins convaincue par rapport à Un couple irréprochable, j’en ressors avec la même envie, celle de retrouver les personnages dans un autre roman. La preuve que ce thriller psychologique a totalement fonctionné sur moi et qu’il pourra plaire tout autant aux lecteurs du genre et même à ceux qui voudraient s’y essayer. Merci à NetGalley et aux éditions Presses de la cité pour cette lecture. Je vais davantage me tourner vers cette auteure qui me surprend très agréablement.

Contrairement à tant d’autres tueurs de masse, Todd n’avait pas laissé de note écrite, ni de journal détaillant ses plans, ni de manifeste filmé. Aucune explication n’était vraiment nécessaire. Les troubles mentaux, l’isolement social, les armes : les ingrédients d’une recette bien connue et mortelle.

Un thriller psychologique bien construit, fluide et rapide à lire. On s’attache à cette avocate plus douée dans son métier qu’en amour et on ne cesse de s’interroger sur l’homme de son passé que tout incrimine. Des personnages intrigants et sympathiques se multiplient autour de ce client plus mystérieux qu’il n’y parait.

Sortie française : octobre 2020
Sortie originale : janvier 2016

De la même auteure

Suspicion

  • L’Affaire Cendrillon (2014)
  • La Mariée était en blanc (2015)
  • Le Piège de la Belle au bois dormant (2016)
  • La Reine du bal (2017)
  • De si belles fiançailles (2018)

10 commentaires sur « La Fille du quai, Alafair Burke »

  1. J’aime beaucoup le jeu qui est opéré sur la personnalité ambiguë du suspect, cela semble apporter pas mal de suspense et de tension. Quant à l’avocate, difficile de ne pas comprendre son tiraillement, raison et sentiments ne faisant pas toujours bon ménage !

    Aimé par 1 personne

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