Note : 4.5 sur 5.

Geralt de Riv, le mutant aux cheveux d’albâtre, n’en a pas fini avec sa vie errante de tueur de monstres légendaires.
Fidèle aux règles de la corporation maudite des sorceleurs et à l’enseignement qui lui a été prodigué, Geralt assume sa mission sans faillir dans un monde hostile et corrompu qui ne laisse aucune place à l’espoir.
Mais la rencontre avec la petite Ciri, l’Enfant élue, va donner un sens nouveau à l’existence de ce héros solitaire. Geralt cessera-t-il enfin de fuir devant la mort pour affronter la providence et percer à jour son véritable destin ?

Seules les légendes permettent de perpétuer ce que la nature condamne. Seuls les mythes ne reconnaissent pas de limite au possible.

Depuis le temps que je voulais le lire, il aura fallu attendre le confinement pour que je saute finalement le pas. Moi qui veut attendre d’avoir lu les tomes 2 et 3 que j’ai dans ma bibliothèque pour regarder l’adaptation de Netflix, je pensais que je ne verrai pas la série de sitôt… Heureusement, je risque de rapidement poursuivre sur ma lancée tellement j’ai adoré ce deuxième tome. Le premier posait les bases de l’univers avec ses mythes et légendes sorties du folklore des pays de l’est et du nord, et de ses personnages avec au centre notre sorceleur Geralt de Riv.

Dans L’Épée de la providence, moins de combats, moins de créatures nocives pour l’humanité mais davantage de développement au niveau des personnages et ça fait vraiment du bien. Découpé en plusieurs nouvelles à l’instar du premier, ce tome commence en nous familiarisant avec les lieux en compagnie de Geralt qui retrouve fortuitement ses proches les plus intimes comme le barde Jaskier, toujours prêt à partir à l’aventure afin d’être celui qui écrira et chantera les réussites des héros dont il est témoin, et Yennefer, la mystique magicienne qui a totalement ensorcelé Geralt. Celui-ci fait face également à de nouvelles rencontres le plus souvent amicales qui vont lui faire vivre, le plus souvent accompagné de Jaskier, des événements assez singuliers.

Tu sais, Yennefer, je préférerais ne pas vivre jusqu’au moment où se réalisera ton idée de domination de l’homme et jusqu’au moment où tes semblables occuperont la place qui leur incombe dans la nature. Par bonheur, cela n’arrivera jamais. Vous vous dévorerez entre vous, vous vous empoisonnerez, vous succomberez à la fièvre et au typhus, car ce seront plutôt la saleté et les poux, pas les dragons, qui menaceront vos villes si magnifiques où les femmes enfantent tous les ans, mais où un nouveau-né sur dix réussira à vivre plus de dix jours.

Avec la majorité de ces nouvelles, ce deuxième tome peut se révéler plus léger dans le ton avec de l’humour et des situations amusantes ou simplement plus légères que dans le tome précédant. Geralt interagit avec des créatures dont il ne donne pas forcément la chasse, en accord avec son code d’honneur, et les aide davantage avec sa tête et ses mots qu’avec ses deux épées croisées dans le dos. Bien plus intimiste, on entre véritablement dans la tête de Geralt qui est moins le guerrier froid et sans émotions auquel il veut s’apparenter. Pour un mutant tueur de monstres, Geralt a bien des règles et des principes liés à son travail ce qui étonne plus d’un de ses clients potentiels. Il ne tue pas de dragons, de sirènes, de hobbits, etc… Et puis, son absence apparente de sentiments est vite balayée dès l’apparition de Yennefer et des sensations qu’il ressent à sa vue, à son toucher.

Autre que le plaisir, l’indulgence, le sorceleur, étonnamment, peut également connaître la peur, particulièrement lorsqu’on le met face à la providence. Certains sorts sont scellés, est-il alors nécessaire de lutter contre les prémonitions et le destin ? Mélange d’humanité et de mutation, le sorceleur parait d’autant plus complexe dans ce tome à mesure où on le voit interagir avec les autres. Comme avec Ciri, cette jeune fille avec du répondant qui aura une importance cruciale dans la suite de la saga. La relation entre les deux personnages naît d’une manière très intrigante et j’ai hâte de suivre leur cheminement commun dans les romans à partir du tome 3. Tout en étant moins sombre, L’Épée de la providence est bien plus mystique, symbolique. Les apparences sont généralement trompeuses, et la beauté et la magie se cachent dans chaque recoin de cet univers vaste, particulièrement là où on ne les attend pas.

– Essi, l’interrompit-il de nouveau, je ne veux pas que tu t’imagines des choses sur mon compte. Je ne suis pas un chevalier errant.
– Tu n’es pas non plus un meurtrier froid et implacable.
– Non, répondit-il tranquillement. Je ne le suis pas, contrairement à ce que certains pensent. Ce ne sont pas ma sensibilité et les qualités de mon caractère qui me poussent à aller plus loin, mais la fierté, l’orgueil et l’arrogance d’un professionnel persuadé de sa valeur et à qui l’on a inculqué que le code et la froide routine sont supérieurs aux émotions et empêchent de commettre des erreurs, de se perdre dans les méandres manichéens du Bien et du Mal, de l’Ordre et du Chaos.

Un deuxième tome plus léger par davantage de situations étonnantes et sympathiques mais également plus psychologique et symbolique grâce au personnage complexe qu’est Geralt de Riv. Ses interactions avec les autres personnages sont empreintes de significations pour la suite de la saga et nous donne un avant-goût au niveau des questionnements mystiques et des nombreuses créatures qui peuplent cet univers.

De la même saga

  • Le Dernier Voeu tome 1 (1993) 15/20
  • Le Sang des elfes tome 3 (1994)
  • Le Temps du mépris tome 4 (1995)
  • Le Baptême du feu tome 5 (1996)
  • La Tour de l’hirondelle tome 6 (1997)
  • La Dame du lac tome 7 (1999)
  • La Saison des orages tome 0,5 (2013)

L’adaptation série The Witcher

Du même auteur

Narrenturm

  • Narrenturm tome 1 (2002)
  • Les Guerriers de Dieu (2004)
  • Lux perpetua tome 3 (2006)

6 commentaires sur « Le Sorceleur – L’Épée de la providence tome 2, Andrzej Sapkowski »

    1. J’ai été étonnée de l’apprécier bien plus que le premier tome, tout le côté mystique avec Geralt et Ciri m’a beaucoup plu et on découvre d’autres créatures plus pacifiques, c’est plaisant.

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