Note : 2.5 sur 5.

Obsédé par son désir de vengeance, Hernani n’en est pas moins épris de Dona Sol. Mais, il n’est pas le seul. Son ennemi, le roi d’Espagne Don Carlos, est également séduit par la beauté de son amante et Don Ruy Gomez de Silva, un duc puissant et oncle de Dona Sol, lui est promis.

DONA JOSEFA, seule – Serait-ce déjà lui ?
Un nouveau coup.
C’est bien à l’escalierDérobé.
Un quatrième coup.
Vite, ouvrons !
Elle ouvre la petite porte masquée. Entre don Carlos, le manteau sur le nez et le chapeau sur les yeux.
Bonjour, beau cavalier.
Elle l’introduit. Il écarte son manteau et laisse voir un riche costume de velours et de soie, à la mode castillane de 1519. Elle le regarde sous le nez et recule étonnée.
Quoi, seigneur Hernani, ce n’est pas vous !- Main forte ! Au feu !

De toutes les pièces que j’ai dernièrement lu de Victor Hugo, Hernani est bien celle qui m’a fait le moins d’effet. Pourtant, la pièce de théâtre a fait particulièrement parler d’elle à son époque, déclenchant la bataille d’Hernani, une série de conflits sur l’esthétisme théâtral entre les partisans du théâtre classique et ceux, comme Hugo, désireux de faire éclore de nouvelles formes comme le romantisme. La première représentation de ce drame romantique a été une véritable bombe dans le champ théâtral tant il s’écarte des codes traditionnels.

La pièce compte autant de défenseurs que de détracteurs pour cette prise de risque esthétique liée à l’idée, peut-être, d’imiter la manière de William Shakespeare de représenter notre monde au sein de ses drames et de ses tragédies. Malheureusement, selon moi, on est loin d’un Roméo et Juliette ou d’un Othello. Oui, la pièce est très vivante avec une variété de décors et un style étonnant et innovant par rapport au théâtre classique. Le défi de Victor Hugo de moderniser l’esthétique théâtral est plutôt réussi, proposant des choses nouvelles et déroutantes.

Néanmoins, on peut vite déchanter face à la disproportion de toutes ces nouveautés. Les péripéties sont nombreuses avec l’idée de suivre du début à la fin une histoire riche et vivante sans temps mort. Seulement, elles deviennent justement bien trop nombreuses jusqu’à produire l’effet inverse ; elles alourdissent considérablement l’intrigue. Celle d’Hernani, bandit depuis son bannissement et enfiévré par sa relation secrète avec Dona Sol et par son désir de vengeance.

Dis-moi : Je t’aime ! Hélas ! rassure un cœur qui doute,
Dis-le-moi ! car souvent avec ce peu de mots
La bouche d’une femme a guéri bien des maux !

Véritable héros romantique attaché à sa malédiction familiale, l’ancien noble est profondément marqué par la mort de son père qu’il compte bien venger. Avec l’objectif de tuer Don Carlos, roi d’Espagne, Hernani compte également ravir Dona Sol au duc Don Ruy Gomez de Silva auquel elle est promise. Les trois hommes, amoureux de la même femme, se lancent alors dans quelques stratagèmes et belles paroles pour obtenir l’objet de leur désir et pour mettre à terre leurs adversaires.

Si ce drame romantique propose une trame tout à fait délicieuse de prime abord, les scènes s’enchaînent et deviennent vite abracadabrantes. Les protagonistes réagissent de manière invraisemblable jusqu’à ce que la pièce ait l’air de ne plus avoir ni queue ni tête. Il est facile de décrocher à la lecture de la pièce tellement certaines actions peuvent paraître fantasques jusqu’à devenir improbables. Lue il y a deux semaines, je ne retiens pas grand chose de cette pièce, n’ayant même pas pu me reposer sur la poésie des vers de l’auteur, étant ici moins mise en avant. Je reconnais tout de même le tour de force de la pièce dans le contexte théâtral et littéraire français, les débats autour d’elle étant finalement plus intéressants que la pièce en elle-même.

Écoutez l’histoire que voici :
Trois galants, un bandit que l’échafaud réclame,
Puis un duc, puis un roi, d’un même cœur de femme
Font le siège à la fois. L’assaut donné, qui l’a ?
C’est le bandit.

Contrairement à d’autres pièces de l’auteur, j’ai trouvé cette pièce de théâtre inintéressante. Le style est original et très vivant avec des décors variés. Mais, avec cette histoire d’amour contrarié, on est loin de Roméo et Juliette. Les réactions et agissements des personnages sont invraisemblables et il y a bien trop de péripéties qui alourdissent finalement le sujet de la pièce. J’ai vraiment trouvé que l’histoire n’avait ni queue ni tête.

Sortie : 1830
120 pages

Du même auteur

Le Roi s’amuse (1832)
Lucrèce Borgia (1833)
Ruy Blas (1838)
Les Burgraves (1843)
Les Contemplations (1856)

Les Misérables
tome 1 (1862)
– tome 2 (1862)

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