Note : 5 sur 5.

En trois films et un crash automobile, James Dean est devenu une icône intemporelle, toujours aussi insaisissable. Vivre vite, roman choral tout en nuances, porte un regard intime et inédit sur l’existence tumultueuse du jeune prodige, mort à l’âge de 24 ans. Aucun comédien de sa génération n’a réussi à incarner avec autant de naturel cette jeunesse rebelle prête à faire sauter les tabous de l’Amérique puritaine. Mais qui était vraiment James Dean, cet enfant terrible et surdoué du cinéma américain ? Que cachait-il en réalité derrière cette moue sensuelle et cette chevelure en bataille gravées dans toutes les mémoires ?

Vivre vite, mourir jeune et faire un beau cadavre.

Après avoir été époustouflée par l’écriture franche et douce de Philippe Besson à laquelle il est difficile de ne pas s’émouvoir et de s’émerveiller dans son roman En l’absence des hommes, je me suis plus d’une fois plongée dans sa bibliographie cette année, en ressortant le plus souvent conquise et apaisée. Cependant, je possédais quelques réserves avec Vivre vite qui est pourtant l’un des romans les plus reconnus de l’auteur. Dans cette oeuvre, il n’est pas question uniquement de fiction mais d’une histoire romancée autour de personnes réelles qui témoigne de la vie d’une star. Et pour tout vous dire, je ne connaissais James Dean que de nom. Je savais qu’il était mort très jeune et qu’il en était alors devenu une icône, mais je ne connaissais même pas son métier, hésitant entre acteur et chanteur. Avant même ma lecture, je me suis alors quelque peu documentée pour ne pas me sentir perdue à la lecture de cette biographie fictive.

Car Philippe Besson s’attache dans ce livre à raconter la vie de cet acteur, de son enfance/adolescence jusqu’à son accident de voiture qui lui coûtera la vie, en créant des témoignages fictifs des proches de James Dean, que ce soit les membres de sa famille comme sa mère morte lorsqu’il était enfant, sa tante, son oncle, où les personnes associées à son succès ou gravitant autour de lui. C’est une excellente manière de découvrir en profondeur le caractère de cet homme cachant une bonne part de mystère qu’il cultivera jusqu’à sa fin trop précipitée. Vu comme un jeune homme capricieux, lunatique, impulsif dans ses colères et dans ses paroles, on reconnaît l’archétype des personnages qu’affectionne  l’écrivain dans ses différents romans. Que ce soit Vincent dans En l’absence des hommes, Thomas dans La Trahison de Thomas Spencer ou le jeune narrateur dans La Maison Atlantique, on ne peut qu’être frappé par leur candeur, leur insouciance et souvent leur orgueil et leur caractère capricieux particulièrement propre à la jeunesse, qui font qu’on leur pardonne tout, à l’instar de James Dean.

Cette trop grande sensibilité, cet orgueil parfois mal placé, ce n’était rien d’autre que de la fragilité. On n’a rien compris à James Dean si on n’a pas compris sa fragilité. C’était du verre.

Il a été alors intéressant de découvrir ce que les différents personnages proches de l’acteur pensent de lui, de son talent, de sa tendance à tester dangereusement ses limites, et de sa qualité de vie. Car même entouré de toutes ces personnes, le sentiment qu’il laisse malgré lui naître dans le regard de ses proches est la solitude. Malgré la richesse, la célébrité, la beauté, James Dean reste quelqu’un de mystérieux, de silencieux. Physiquement, il s’offre librement mais personne n’aura réellement le privilège de s’introduire dans sa tête et de connaître ses pensées profondes. Ambigu, taciturne un jour et exalté le lendemain, il est une énigme à lui tout seul et il en est que plus intéressant à découvrir à travers la plume toujours aussi percutante et poétique de Philippe Besson. Ce mauvais garçon d’Hollywood ne plaisait pas à tout le monde dans le métier par ses emportements et ses caprices mais tous étaient conscients de son talent et de l’idole qu’il était sur le point de devenir. J’ai achevé ma lecture avec beaucoup d’émotions et une envie particulière de découvrir le peu de films dans lesquels James Dean a pu jouer.

Ça éclate, on ne voit que ça, sa puissance, sa violence, sa fragilité. Et, comme une affreuse prémonition, sa beauté crépusculaire.

Une plume toujours aussi juste et empreinte de multiples émotions pour nous présenter un grand nom du cinéma hollywoodien parti trop tôt. Des témoignages fictifs de ses proches permettent au lecteur de se sentir au plus près de James Dean, découvrant sa personnalité derrière les caméras et ce qui l’a amené vers les projecteurs.

Du même auteur

  • En l’absence des hommes (2001)
  • Son frère (2001)
  • L’Arrière-saison (2002)
  • Un garçon d’Italie (2003)
  • Les Jours fragiles (2004)
  • Un instant d’abandon (2005)
  • L’Enfant d’octobre (2006)
  • Se résoudre aux adieux (2007)
  • Un homme accidentel (2008)
  • La Trahison de Thomas Spencer (2009)
  • Retour parmi les hommes (2011)
  • Une bonne raison de se tuer (2012)
  • De là, on voit la mer (2013)
  • La Maison Atlantique (2014)
  • Un tango en bord de mer (2014)
  • Les Passants de Lisbonne (2016)
  • Arrête avec tes mensonges (2017)
  • Un personnage de roman (2017)
  • Un certain Paul Darrigrand (2019)
  • Dîner à Montréal (2019)

5 commentaires sur « Vivre vite, Philippe Besson »

  1. Je n’ai encore jamais lu un des livres de cet auteur. Peut-être à cause du genre qui n’est pas trop le mien. Mais celui-là, à la fois biographie et fiction devrait me plaire. Je vais peut-être me laisser tenter.

    Aimé par 1 personne

    1. Il écrit principalement des œuvres contemporaines touchant particulièrement des adolescents (dans les quatre autres livres que j’ai lu de lui en tout cas) qui découvrent la vie adulte, l’amour et/ou leur sexualité. Vivre vite s’écarte un peu des autres même si, comme je le dis dans la chronique, on peut comprendre par le caractère et la vie de James Dean la raison pour laquelle Philippe Besson a choisi cette personnalité pour une biographie.

      Aimé par 1 personne

  2. J’aiun peu honte, mais je n’ai jamais lu l’auteur. Du coup le découvrri avec ce livre me tente bien, parce que James Dean a une telle aura encore de nos jours que je suis hyper curieuse de découvrir ce qu’il a pu en faire !

    Aimé par 1 personne

    1. C’est cette curiosité qui a fait que je me suis lancée dans cette lecture même si je ne connaissais presque rien de cet acteur. Et ce livre peut être une bonne expérience pour découvrir Philippe Besson même si je recommande toujours En l’absence des hommes qui est un vrai bijou !

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