Note : 4 sur 5.

URSS, 1986. Hommes, terres, bêtes… l’atome a tout ravagé. Mais de Tchernobyl vient de s’échapper un mal plus terrible encore… Paris, 26 ans plus tard. La scène de crime n’est pas banale : un journaliste mort de froid, enfermé dans son congélateur. À quoi travaillait-il ? Franck Sharko et Lucie Hennebelle, de la Crim’, remontent la piste… Elle les mènera au cœur de l’enfer, là où, au nom de la science, l’avenir s’écrit en lettres de sang.

Il faisait bon vivre dans cette ville d’Europe de l’Est où le printemps était doux. Tard dans la nuit, Piotr et Maroussia Ermakov s’étaient approchés de leurs fenêtres pour assister à un spectacle unique. À environ trois kilomètres, ds couleurs bleues, oranges et rouges très vives avaient mordu le ciel. Les voisins étaient unanimes et communiquaient par balcons interposés : le spectacle était magnifique.

Je commence à ne plus pouvoir me passer de Lucie Hennebelle et surtout de Franck Sharko ! Après Le Syndrome [E] et [GATACA], me revoilà, après la proposition de lecture commune de Hidès que je remercie, avec Atom[ka] où les deux enquêteurs vont se retrouver à nouveau à descendre plus profondément dans la noirceur humaine. Ils retrouvent au début de l’enquête un journaliste, Christophe Gamblin, mort dans son congélateur. Et depuis quelques temps, le journaliste était obsédé par quelques faits divers qui semblent se relier.

Lucie, Sharko et les nombreux autres agents vont tout faire pour déceler le mystère de cette affaire et vont comprendre rapidement que comme à chaque grosse enquête, la vérité se cache toujours plus loin et touche toujours de nombreuses et influentes personnes. Alors attention, à contrario des deux précédents, on ne rentre pas tout de suite dans l’action pur. C’est vrai qu’on pourrait qualifiait ce début quelque peu de mou, où le lecteur rejoint ses deux héros qui se sont alors retrouvés depuis la fin de [GATACA].

Après la mort de Clara et de Juliette, Lucie souhaite redécouvrir la maternité et fonder une famille avec Franck, et c’est dès ce moment que son homme va peu à peu lui cacher des éléments de sa vie quotidienne. Ce n’est d’abord qu’un petit mensonge qui va en engendrer de nombreux autres au sommet d’une deuxième affaire bien particulière pour Sharko. Quelqu’un semble lui en vouloir et fait tout pour lui faire revivre son passé. La mort de sa première femme, de sa fille, les enquêtes qui sont marqués à l’encre noire dans sa chair et dans sa mémoire et auquel le lecteur a été le spectateur dans Train d’enfer pour Ange rouge et Deuils de miel. Cette deuxième enquête solo est bienvenue et apporte davantage d’entrain à l’histoire.

Mais alors que l’enquête principale ne semblait pas être des plus rocambolesque, les enquêteurs découvrent rapidement que des femmes ont été victimes d’hypothermie assistée. Les moments de vulgarisation scientifique sont toujours un régal sous la plume de Franck Thilliez même s’il y en a beaucoup moins que dans le précédent livre. Le sujet m’a beaucoup moins intéressé même s’il reste très attrayant.

Un tueur en série se dessine derrière tous les faits divers que regroupait le journaliste mort, et Lucie et Sharko vont tout faire pour retrouver sa trace. Et comme toujours, l’enquête prend une ampleur gigantesque et une tournure inattendue. Les voilà encore à traverser les quatre coins du monde, notamment le Nouveau Mexique aux États Unis et Tchernobyl, et à devoir jouer de leur bagou et de leur talent pour l’improvisation et le danger afin de récolter les informations nécessaires afin d’avancer.

Parce qu’il n’y a rien de pire que la mort. Et pas seulement quand elle vous frappait, mais aussi quand vous y surviviez.

J’ai ressenti quelques moments de flottements et malheureusement, je ne sais pas si c’est dû uniquement au récit ou si c’est dû également à ma lecture qui aura duré deux semaines, parsemée de quelques petites pauses. J’ai tenté de toutes mes forces de rester attentive à tout ce qu’il se passait, ce que j’arrivais à atteindre à certains moments tels que ceux sur le lien entre des moines et un mystérieux manuscrit en lien avec l’hypothermie et beaucoup d’autres choses que je ne vous divulguerais pas, et ceux sur le thème de la radioactivité. Car oui, l’auteur ne se cache jamais de donner subtilement ses réflexions personnelles sur ce qui est de la nature et du pas que prend l’homme sur elle avec notamment les nouvelles technologies.

Cependant, à d’autres moments, j’ai été beaucoup moins attentive, parce que ça se répétait pas mal, ou alors c’était beaucoup trop lent, ce que j’ai surtout ressenti dans les cent dernières pages. J’ai compris ce qu’il allait advenir des personnages et de l’intrigue, et l’auteur semble nous informer à l’avance de ses projets, mais il plonge quand même ses personnages en pleine prévisibilité pour ce qui concerne l’enquête principale.

Pour ce qui est de celle concernant Sharko, je l’ai trouvé trop rapidement bouclée sur la fin, peut-être pas bâclée mais j’aurais apprécié que l’identité du coupable ne se découvre finalement pas aussi facilement et que l’auteur nous offre quelques dizaines de pages pour cette fin d’ouvrage. Je me rends compte que j’ai été assez critique sur ce roman, m’attendant souvent à mieux de l’auteur. Je commence à être réellement (trop ?) exigeante avec Franck Thilliez car je sais qu’il peut produire des merveilles qui me laisse à la fin sans voix et parfois même sans souffle. Je ne le déconseille évidemment pas, je pense l’avoir apprécié à sa juste valeur et j’ai malgré tout passé un très bon moment, peut-être un peu trop long entre le début et la fin de ma lecture.

La radioactivité ne traversait ni l’eau ni le plomb, mais presque tout le reste. Andreï avait respiré des poussières d’iode 131, de strontium 90, de césium 137, de polonium 210…
L’atome était en lui.
Andreï n’était plus un homme, mais un réacteur nucléaire destiné, lui aussi, à exploser.

Ce n’est pas le thriller le plus efficace de l’auteur mais il est bien construit, pas toujours homogène par rapport au rythme, mais cette nouvelle enquête, couplée à celle secondaire concernant Sharko, est très intéressante à suivre et les personnages sont toujours aussi plaisants.

De la même saga

La Chambre des morts (2005)
Deuils de miel (2006)
La Mémoire fantôme (2007)
Le Syndrome [E] (2010)
[GATACA] (2011)
[Angor] (2014)
Pandemia (2015)
Sharko (2017)

Du même auteur

La Forêt des ombres (2006)
Rêver (2016)

12 commentaires sur « Atom[ka], Franck Thilliez »

  1. Je n'ai pas encore lu Puzzle mais il m'intéresse. J'ai trouvé le sujet moins fort que dans les deux thrillers précédents, il m'a moins touché. Mais ça reste du très bon, Franck Thilliez a un gros talent pour l'écriture.

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  2. J'avais bien apprécié Vertige même si je m'amuse plus à lire les thrillers de sa « saga » où l'on retrouve toujours les mêmes personnages principaux. Il faut savoir que Train d'enfer pour Ange rouge est le plus violent que j'ai lu pour le moment de cet auteur. Il y a beaucoup de sang, de gore, il vaut mieux prévenir 🙂

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  3. Ayant beaucoup aimé Le syndrome E, j'ai hâte de lire la suite. Après, ton avis me refroidit un peu, j'ai peur de ne pas être aussi emballée qu'avec le tome 1.

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