Note : 5 sur 5.

Après l’Homme en noir dans Pandemia, nous retrouvons en 2017 Lucie Hennebelle et Franck Sharko dans une nouvelle situation bien épineuse. Personnellement impliqués dans une affaire de meurtre, les deux policiers du 36 vont tout faire pour brouiller les pistes alors que cette nouvelle enquête dévoile de sombres pratiques qui franchissent les limites du supportable. Avec Sharko, vous n’avez pas fini d’être étonnés par Franck Thilliez et son art du suspense.

Elle fixa Sharko en train de racler le sol des deux mains, qui se battait pour elle, qui risquait sa peau. Il prendrait cher, lui aussi. Complicité de meurtre, dissimulation de preuves. À combien ça montait ? Cinq ? Dix ans ? Devaient-ils finir ainsi, eux qui s’étaient battus sur tous les fronts ? Combien d’ordures jetées derrière les barreaux ? Combien de vies sauvées ? Mais pouvait-on mesurer la vie d’un homme au kilo d’assassins qu’il était en mesure de coller en prison ?

Cette fois-ci, Sharko et Lucie se retrouvent vraiment en très mauvaise posture. Après la mort de son oncle, Lucie récupère l’une de ses affaires : disparue depuis plusieurs mois, Laëticia n’a pas encore été retrouvée. Pourtant, l’oncle avait trouvé un suspect mais rien ne corrobore vraiment sa théorie. C’est alors Lucie va reprendre officieusement l’affaire et se laisser dépasser par les événements. S’introduisant chez l’homme sur lequel elle enquête, elle se retrouve à se battre avec lui et à le tuer pour se défendre. Passée la stupeur, que doit faire Hennebelle ? Appeler ses collègues au quai des Orfèvres ? Non, son instinct la pousse à joindre son conjoint, Franck Sharko, afin qu’il l’aide à se sortir de ce pétrin.

Pour Sharko, il est clair qu’il faut brouiller les pistes, cacher la venue de Lucie et surtout être sûrs de récupérer cette affaire de meurtre pour pouvoir faire disparaitre tous les indices compromettants. Déguisant la scène de crime et avec son expérience de plusieurs décennies dans la police, Sharko est sûr d’avoir pensé à tout pour sauver la mère de ses enfants. Mais ses collègues ne possèdent-ils pas eux aussi un instinct à toute épreuve ? Le plus dangereux pour le couple sera Nicolas Bellanger, leur ami et collègue, toujours endeuillé par la perte de sa compagne dans des circonstances abominables.

Avançant chaque jour grâce à son boulot et à sa nouvelle addiction, Nicolas se plonge entièrement dans cette nouvelle enquête et fait face de plus en plus d’incohérences. Alors que la scène de crime révèle bientôt une toute autre histoire, le flic du 36 se rend peu à peu compte du comportement déconcertant de ses deux collègues. Pourquoi Lucie s’absente-t-elle aussi souvent ? Et pourquoi Sharko a l’air aussi désemparé face à cette nouvelle affaire ?

Devoir effacer les traces aura plongé les deux flics dans la torpeur la plus totale. Seulement, en ayant tué cet homme, Lucie va permettre à la police de découvrir les actions criminelles d’un groupe bien dangereux. Si je devais déconseillais ce roman, ce serait pour les hématophobes ; il est presque sûr que vous ne pourrez pas apprécié cette lecture. Obnubilés par le sang et par les manières de le transfuser, les membres de cette secte sont effrayants par leur pratique et leur absence d’empathie face aux autres êtres humains dont ils se servent dans aucun remord. Bientôt, des corps sont retrouvés avec le même mode opératoire, la police se retrouve donc bien face à une série de meurtres. Dans quoi Lucie et Sharko se sont-ils embarqués ?

Sharko n’échappe pas à la règle, Franck Thilliez est le maître pour produire un roman policier efficace, maîtrisé de bout en bout en bout, sous-tension et cachant les pires facettes de l’être humain. Avec les deux personnages principaux qui se battent à chaque page pour leur liberté, le roman est d’autant plus insoutenable. Comme à son habitude, Franck Thilliez nous plonge toujours plus loin dans lhorreur humaine et dans ce que l’homme est prêt à faire pour assouvir ses pires pulsions.

Impossible de reprendre son souffle avant d’être arrivé à la dernière page. Entre l’enquête aux multiples mystères et bizarreries et le face-à-face de plus en plus corsé entre Sharko et Nicolas, devenant amis-ennemis, on n’a pas le temps de s’ennuyer. Le duel entre les deux collègues nous pousse à prendre vite parti et malheureusement pour Nicolas, Sharko ne peut évidemment pas être égalé.

On le suit depuis maintenant huit tomes, on a eu le temps de bien cerner le personnage entre son intuition sans faille, son franc parler, sa force incroyable, ses démons intérieurs,… Il est donc difficile de lui arriver à la cheville. Néanmoins, Nicolas se défend bien malgré son lourd traumatisme et c’est peut-être l’une des choses que l’on pourrait reprocher à l’auteur. À force de créer des situations traumatisantes dans la vie de ses personnages, Franck Thilliez rend peut-être ces derniers trop cabossés et pour autant trop indestructibles. Ils sont passés par les pires moments dans une vie, jusqu’à être plongés dans une spirale psychologique infernale, mais continuent d’être les meilleurs dans leur boulot.

J’avais déjà été assez déçue par le choix de l’auteur au sujet de Nicolas dans le tome précédent, ici les conséquences sont d’autant plus fortes et pas forcément nécessaires pour rendre le personnage intéressant. Malgré tout, le sujet de ce petit aparté n’enlève rien à la qualité de cet opus de Franck Sharko & Lucie Hennebelle. Le livre suivant, LUCA, est déjà en rayon. Il aura du mal à surpasser Sharko, mais sait-on jamais, Franck Thilliez peut toujours nous surprendre.

À la vue de ses actes, Lucie avait la sensation que le Sharko blanc – l’homme qu’elle aimait – avait de plus en plus de mal à se dissocier du Sharko noir, cette espèce de Minotaure sanguinaire qui cherchait la sortie du labyrinthe et qui, le temp d’heures sombres à la cave, l’avait trouvée.

Un énième roman de l’auteur réussi de bout en bout, qui apporte encore beaucoup d’émotions fortes et de tension. Les personnages principaux sont cette fois-ci les premiers visés par cette nouvelle enquête qui explore très bien les facettes les plus sombres de l’être humain et le goût de certains pour le sang.

De la même saga

  • Train d’enfer pour Ange rouge (2004)

Coup de cœur pour cette rencontre angoissante et très noire avec Franck Sharko. C’est peut-être parce que c’était le premier et donc la découverte, mais j’ai adoré le fait que l’histoire soit centrée sur le personnage principal et que ça explique pour les livres suivants son comportement et ses failles.

Du même auteur

  • Conscience animale (2002)
  • La Forêt des ombres (2006)
  • L’Anneau de Moebius (2008)
  • Fractures (2009)
  • Vertige (2011)

Mon premier livre de l’auteur qui fait bien penser aux films Saw avec l’enfermement de trois personnages qui doivent tenter de survivre tout en soupçonnant les uns les autres. Pas mal de tensions mais je me rappelle avoir été peu convaincue par la fin.

  • Puzzle (2013)
  • Rêver (2016)
  • Le Manuscrit inachevé (2018)
  • Il était deux fois…

2 commentaires sur « Sharko, Franck Thilliez »

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