Note : 4.5 sur 5.

Après le décès accidentel de sa femme et de sa fille, le commissaire Sharko est un homme brisé. Insomnies, remords, chagrin… Difficile dans ces conditions de reprendre du service. Mais une macabre découverte va brutalement le ramener à la réalité : une femme est retrouvée morte, agenouillée, nue, entièrement rasée dans une église. Sans blessures apparentes, ses organes ont comme implosé. Amateur d’énigmes, le tueur est aussi un orfèvre de la souffrance. Et certainement pas prêt à s’arrêter là. Pour Sharko, déjà détruit par sa vie personnelle, cette enquête ne ressemblera à aucune autre, car elle va l’entraîner au plus profond de l’âme humaine : celle du tueur… et la sienne.

Un ans… un an depuis l’accident.
Un moment d’inattention. Une seconde. Même pas. Une pulsation. Bordure de nationale. Une crevaison.

Après ma mini, mini (ça me fait vraiment mal de le dire) déception avec La Forêt des ombres, il fallait vite que je me remette sur les rails avec cet auteur. J’avais le choix entre Deuils de miel et son tout nouveau thriller Rêver. Ma préférence s’est révélée être pour le premier, ayant hâte de retrouver le commissaire Franck Sharko, qui est cette fois-ci beaucoup plus tourmenté.

Une femme est retrouvée dans une église nue, rasée de la tête aux pieds, avec des papillons vivants sur le crâne. Le corps ne révèle aucun indice sur la cause de la mort, jusqu’à ce que le légiste explore plus en profondeur, et là, l’horreur continue : le corps de cette femme a implosé de l’intérieur. Pour ce genre d’enquêtes macabres, qui de mieux que le commissaire Sharko, que l’on retrouve six ans après les événements terribles de Train d’enfer pour Ange rouge, qui lui a pris sa famille. Surtout qu’il va devoir, avec ses collègues, redoubler de patience et de logique pour résoudre les énigmes que le tueur va leur laisser dans son sillage.

Quel bonheur de retrouver ce flic qui ne fait toujours pas dans la langue de bois, plutôt solitaire, et qui n’a pas froid aux yeux. J’avais adoré suivre sa première enquête et ici mon plaisir a été renouvelé. Toutefois, après la mort de sa femme et de sa fille, Sharko est maintenant terriblement abîmé et cette enquête, qui sort bien évidemment de l’ordinaire, va l’obliger à révéler son âme dans toute son intelligence et sa folie. J’ai apprécié le choix de l’auteur pour la narration à la première personne (comme le premier « tome », ce que je ne me souvenais plus), contrairement à ses livres avec Lucie Hennebelle ou ses « one-shots ». On accompagne davantage Franck Sharko dans son périple professionnel et personnel en étant de plus en plus captivé par ces deux histoires.

Même si l’enquête est réellement moins glauque que Train d’enfer pour Ange rouge, Deuils de miel a réussi à me faire frissonner par l’horreur avec laquelle le tueur s’amuse avec ses victimes et par son utilisation intense d’insectes qui m’a quelques fois rendue moi-même paranoïaque. De ce côté, comme tous les autres, on ressent toujours le travail complexe de l’auteur avant l’écriture, la réelle documentation qu’il s’emploie à faire pour amener au mieux son intrigue.

Malgré un petit décrochage après les 200 premières pages, dû principalement à l’histoire avec la petite fille, dont j’aimais le lien avec Sharko jusqu’à le trouver trop étrange, j’ai réussi à me remettre entièrement dans le récit grâce à la fin sous tension entre risques mortels et révélations.

À trop côtoyer les macchabées, on finit par prendre leur couleur.

Une nouvelle fois conquise par Franck Thilliez et par son personnage Franck Sharko dans une nouvelle enquête captivante et inquiétante. Le commissaire de plus en plus dépressif ne manque malgré tout pas de panache et attendrit d’autant plus.

De la même saga

La Chambre des morts (2005)
La Mémoire fantôme (2007)
Le Syndrome [E] (2010)
[GATACA] (2011)
Atom[ka] (2012)
[Angor] (2014)
Pandemia (2015)
Sharko (2017)

Du même auteur

La Forêt des ombres (2006)
Rêver (2016)

12 commentaires sur « Deuils de miel, Franck Thilliez »

  1. Tu me donnes très envie de découvrir cet auteur ! Je ne suis pas grande amatrice de thrillers mais je suis tout de même très curieuse. Je m'y mettrai peut-être pendant les vacances ou à la rentrée. 🙂

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  2. J'ai lu peu de Thilliez. Mais à chaque fois ça a été une vraie claque. Deuils de Miel fait partie de ceux-là 🙂 C'est, comme tu dis, ses recherches pointues qui font la différence dans ses romans pour moi. Rien n'est oublié !

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  3. Oui moi aussi, même maintenant que j'adore sa plume, je reste toujours aussi étonné par tout le boulot en amont et la manière avec laquelle il crée son intrigue et cette ambiance mystérieuse et stressante qui en fait son succès dans chacun de ses livres.

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  4. J'ai un peu de mal avec le nom du commissaire, pour moi ça reste surtout le nom d'un (bon) groupe de musique. Dont l'ambiance ne colle pas trop avec le thriller, d'ailleurs, je crois que c'est pour ça que je n'arrive pas à m'immerger.

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